‹ Les saints stylitesChapitre 77 sur 161 · LA VIE DU STYLITE ' CXLIX · texte numérisé non relu

LA VIE DU STYLITE ' CXLIX

réservée à ceux qui habitaient une colonne « faite de main d'homme ». C’est en effet le cas de la plupart des stylites dont nous connaissons l’histoire. |

Parfois la colonne est un reste de quelque ancienne construction. Celle que 5. Alypius se choisit se trouvait au sommet d’un monument funéraire, et portait un lion de pierre que le saint remplaça par une croix 1. D’autres stylites, sans doute, trouvêrent de ces ressources inattendues pour réaliser leur dessein. Rappelons les colonnes triomphales de Constantinople transformées en ermitages 3, et peut-être la colonnade d'Athènes ©. Mais ce furent là, à ce qu’il semble, des cas exceptionnels. Presque toujours la colonne est dressée tout exprès pour le solitaire 4, et quelques-uns des plus célèbres en firent construire successivement deux ou trois.

Le premier Syméon leur avait donné l'exemple. C’est évidemment la dernière de ses colonnes, celle qu'il avait sanctifiée par sa mort, qui devint un objet de vénération dans la basilique de Quala‘at Sema‘ân 5. Voici comment M. de Vogüé décrit le rocher taillé qui en formait la base. Un croquis représentant l’état actuel de ce rocher explique le texte 5. « La plate-forme supérieure a environ deux mètres ou six pieds en tous sens : la hauteur primitive est dissimulée par les débris accumulés : elle devait être de cinq pieds environ. Le croquis ci-joint, calqué sur une photographie, reproduit la forme actuelle du bloc, et montre en même temps le seul fragment qui subsiste de la célèbre colonne. C’est l'extrémité du tambour inférieur, laquelle s’est détachée lorsque la colonne s’est renversée et est restée appuyée d'une part contre le bord de la plate-forme du rocher, taillée et soutenue de l’autre par les débris qui jonchaient le sol. Ce fragment de tambour a été l’objet de mutilations pieuses qui ont absolument détruit sa

1 Vita S. Alypii, ο. 9.

2 Plus haut, p. CXXXIII.

3 Plus haut, p. ΟΧΧΧΙΝ. ον «Οπ jugera par là de l'exactitude de la définition du stylite

donnée par le Dictionnaire de l'Académie française : « Surnom donné à quelques solitaires qui avaient placé leurs cellules au-dessus de portiques ou de colonnades en ruine.» ος

δΡΕ Vocüé, Syrie centrale, architecture civile et religieuse, ΡΙΙ. 115,

86pE Vocüé, op. c.,t. 1, P. 1148-19.

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