‹ Les saints successeurs des dieuxChapitre 1 sur 33 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Avez- vous ]u le livre récent de Dom Cabrol, abbé de Saint-Michel, sur « Les Origines liturgiques »? — C'est un livre agréable et dont vous vous rappelez sans doute ce début de chapitre :

(( Dès l'abord, écrit-il, nous nous trouvonsen faced'une objection : le culte catholique ne vient pas de Jésus ; Jésus n'avait pas de liturgie, il était ennemi des formules vides, des pratiques extérieures ; il voulait un culte intime, celui du cœur, c'était le culte libre du Père, qui consiste dans la soumission filiale à Dieu, dans l'amour, la confiance ; il rejette les rites extérieurs ; il veut une rehgion sans prêtres et sans autels, et il n'admet d'autre temple que l'àme.

(( La liturgie catholique, continue le Révérend Père, ne vient donc pas de Jésus ; il en faut chercher les origines dans le gnosticisme, et même en dernière analyse dans le paganisme, auquel le gnosticisme servit de pont, et qui ne fut un moment vaincu par le christianisme que pour prendre une éclatante revanche au iv*^ siècle. Si le paganisme fut baptisé dans la personne des empereurs, ne nous hâtons pas d'applaudir. En recevant les eaux du baptême, il les contamina, il y laissa son virus, et le culte des idoles fleurit de plus belle sous couleur de culte des saints, de culte des martyrs. Toute cette splendeur dont le culte fut entouré au IV' siècle est un paganisme liturgique.

« Telle est l'objection renouvelée du protestantisme du xvi' siècle, qui partit en guerre contre la Babylone du Papisme, ses superstitions, son idolâtrie ; objection qui a pris en quelque sorte

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