‹ Les saisons études de la nature Ferdinand HoeferChapitre 3 sur 6 · L’HIVER · texte numérisé non relu

L’HIVER

En ramassant des épingles, on montre cèt esprit d’ordre qui a fait des millionnaires. C’est par l’étude de la flore hibernale que vous deviendrez botaniste, cher lecteur ; comme vous deviendrez ornithologiste, 'entomologiste, naturaliste enfin.

Ce n’est pas tout. Si nous prenons, comme nous devons le faire, le mot nature dans sa plus large acception, si nous comprenons par là le ciel et la terre, aucune saison ne se prêtera mieux que l’hiver à la contemplation de la voûte céleste, à l’étude des astres.

De là deux divisions bien naturelles : l’une renferme ce qui se voit au ciel, et l’autre, ce qui se voit sur la terre. Mais le domaine de la première sera bien limité comparativement au domaine de la seconde. Gardons-nous bien de croire que cette limitation existe hors de nous; elle n’existe qu’en nous-même, elle reflète transitoirement les inéluctables conditions de notre vie. Dans la recherche des vérités scientifiques, nous ne pouvons marcher qu’à l’aide de nos sens : ce sont les béquilles de l’esprit. Pour ce qui se voit au ciel, tous les sens, sauf un, nous refusent leur service. C’est le plus puissant, il est vrai, qui nous sert; mais la puissance même du télescope a des limites. Pour ce qui regarde la terre, là nous sommes chez nous, — passants éphémères !

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