Ovide, Metamorph., 1, 160 et suiv
Est via sublimis cœlo manifesta sereno , Lactea nomen habet, candore notabilis ipsa.
llac iler est superis ad magni régna tonanlis Begalemque domum.
l’hiver.
D’après la tradition, dont .Vnnilius s’est rendu l’interprète, la Voie lactée est la demeure des héros qui ont mérité le ciel; c’est là que leurs Ames, dégagées des liens du corps, mènent une vie céleste, et jouissent de la contemplation de l’univers.
Pour les sauvages de l’Amérique septentrionale c’est le chemin des Ames de tous les mortels. Cette croyance de sauvage est, comme on voit, plus large que celle de l’antiquité, et elle est beaucoup moins étroite que la tradition chrétienne qui fait de la Voie lactée le chemin de saint Jacques de Gompostelle.
Après la religion, c’est le tour de la philosophie. Rejetant, non sans quelque courage, les croyances religieuses ou populaires, les philosophes émettaient chacun son opinion.
« La Voie lactée est, disait Anaxagore, l’effet de la Réflexion de la lumière des astres qui ne sont pas illuminés par le soleil*. » Rappelons qts’Anaxagore faillit perdre la vie pour avoir, plus de quinze siècles avant l’Inquisition, enseigné des nouveautés contraires au culte dominant, le cuite des dieux de l’Olympe !
Suivant quelques Pythagoriciens, la Voie lactée est un effet de l’empyrée, dont la lueur lointaine s’aperçoit à travers une brèche circulaire du ciel.
1. Origène, Philosnphwnma, I, 7 {p. 22 (le l’édit. Cruice; Péris, 1860).