‹ Les saisons ferventesChapitre 12 sur 88 · LA \01X CAPTIVE · texte numérisé non relu

LA \01X CAPTIVE

Gros rustre qui jetas cet oiseau dans la cage

Pour enchaîner à ton oreille son ramage,

Savais-tu que son chant ne serait que l'image

Tombée et morte, sans couleur et sans élan.

De ce chant qu'il grisait de ciel libre et de vent,

Et de l'âme de tout un infini volant?

La geôle est comme un nid, fleurie et jeune, et belle.

A quoi bon ? Les oiseaux ont leur voix dans leurs ailes.

Mais quand je vois, fleuris ou non.

Ces barreaux et cette armature, Grâce à qui la prison Tue à jamais l'essor sacré de la nature,

Je me souviens de ma jeunesse, des élans

Qui furent comprimés aussi sous l'esclavage,

Et de ces jours interminables où mes chants,

Sous leurs ailes rompues, sont restés au fond de la cage.

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