LA \01X CAPTIVE
Gros rustre qui jetas cet oiseau dans la cage
Pour enchaîner à ton oreille son ramage,
Savais-tu que son chant ne serait que l'image
Tombée et morte, sans couleur et sans élan.
De ce chant qu'il grisait de ciel libre et de vent,
Et de l'âme de tout un infini volant?
La geôle est comme un nid, fleurie et jeune, et belle.
A quoi bon ? Les oiseaux ont leur voix dans leurs ailes.
Mais quand je vois, fleuris ou non.
Ces barreaux et cette armature, Grâce à qui la prison Tue à jamais l'essor sacré de la nature,
Je me souviens de ma jeunesse, des élans
Qui furent comprimés aussi sous l'esclavage,
Et de ces jours interminables où mes chants,
Sous leurs ailes rompues, sont restés au fond de la cage.