‹ Les saisons ferventesChapitre 19 sur 88 · LE POÈTE ET LA MOISSON · texte numérisé non relu

LE POÈTE ET LA MOISSON

Le ciel, à longs flux d'or, fait boire son g-énie A la terre, et Tété me rit dans le gazon. Pour quelques derniers jours la nature et ma vie Ont la même saison.

Oh ! je sais que demain, demain déjà, l'aurore Ne ressemblera plus à sa sœur d'aujourd'hui, Et qu'en bien regardant j'y pourrai voir éclore La sourde face de la nuit.

Voici que les semeurs d'hier là-bas moissonnent.

Le signe des moissons brille dans tous les champs.

Les hommes de mon âge ont des greniers contents.

Aux sons d'une berceuse endormi trop longtemps,

Seul j'aurai les deux mains vides des fruits d'automne.

Seul mon cœur plein encor des mourantes fleurs du printemf

ni

Page 1