VISAGES DE CANICULE
Pendant que tu dors là, sous cet arbre à l'ombrage bleu,
Autour de toi, sans bruit, les rosiers ont pris feu ;
Car ils sont au soleil, le soleil est dans leurs corolles.
Et soudain, une flamme après une autre vole,
Et maintenant, partout, voici des bouquets d'incendie.
Et ce qui flambe, c'est de l'amour, de la vie.
C'est l'âme des désirs, des délires caniculaires.
Rouvre tes yeux, et fuis vers l'onde aux fraîcheurs claires;
Car si du doux brasier, où l'Astre s'exaspère,
Une rose, éclatant, tombait sur ton somme confus.
Ton être s'emplirait de ses ardeurs trémières.
Tu brûlerais sans cesse et ne dormirais jamais plus.