‹ Les saisons ferventesChapitre 23 sur 88 · LA FAULX · texte numérisé non relu

LA FAULX

Dans les champs règ-ne la fête de la clarté.

Un paysan, vers Thorizon, Aiguise sa faulx, pure et brillante comme rété.

L'aig'uise-t-il sur les rayons ?

On le dirait, car dans les airs le joyeux son Kst comme une lumière, où mon rêve fuse et se fond.

C'est un son de lumière, et c'est un chant de mort ; Mais cette mort est belle, éclatante et féconde, Et sa faulx vole et luit, comme laile d'un oiseau dor. Sur les moissons, qui ressemblent aux vierges blondes.

Ah ! comme ces jeunes épis, Puissé-je mettre dans ma vie assez de vie,

Et de soleil, de nourrissant génie, Pour que la mort, un jour, en me fauchant, Soit radieuse comme un chant Que l'on chante en faisant la cueillette des fruits !

Fauchés, brisés, soyons les fruits Qui donneront encor le pain de l'âme et de la vie !

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