V. LE SOMMEIL DE LA RIVALE
Elle rêve, en brûlant de son ardente haleine Sa chevelure éparse et son cauchemar lourd, Qu'après un combat traître et farouche sa haine Te tient là renversée, ainsi que pour l'amour.
Renversée et la nuque appuyée à la terre. Sous son genou nerveux elle écrase ton cœur, Et son rire, penchant sur tes traits sa colère, Fait de ses dents jaillir dans tes yeux la terreur.
Et puis elle ouvre, avec une hâte vorace.
Ton corsage, gonflé de jeunesse et de grâce,
Oii mûrissaient pour ton amant deux fruits divins.
Et puis sa main, plongée en sa poitrine altière. En arrache, sanglante et fauve, une vipère. Et la colle à ta chair et referme ton sein.