‹ Les saisons ferventesChapitre 29 sur 88 · AVANT L'AURORE · texte numérisé non relu

AVANT L'AURORE

Au matin de la vie, il est un crépuscule Qui bientôt se dissipe et s'éteint dans l'or du levant, Mais où glissaient des sons, des sourires si ravissants Qu'ils nous suivent encor dans les ilammes où le jour brûle.

Le crépuscule pur de mes matins enfants S'est effacé sans bruit, ainsi qu'une vierge irréelle. Et mes frais Germinals se sont enfuis, nus et tout frêles. Devant l'armure en feu des Thermidors pesants.

On dirait que, dans l'air, leur baiser me frôle parfois. Mais le jour est trop mâle, et son trop rude poids Effraye et chasse au loin ce vol de Grâces si légères.

Quand sur mon front, un soir, ma dernière heure descendra,

Un invisible oiseau me les rapportei'a,

Sur ses ailes de nuit et sa musique de lumière.

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