‹ Les saisons ferventesChapitre 3 sur 88 · LE PRINTEMPS BLESSÉ · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS BLESSÉ

Oh ! bien que jeune encor, j'ai vécu trop de jours Pour qu'au fond de ce soir où g'émit un amour Naissant dans le premier lilas qui vient de naître, Son appel si touchant ne ravive en mon être, Comme un essaim connu, tant d'anciennes saisons 1 Tandis que dans les eaux, dans l'air et le g^azon. Les instincts fécondants tressaillent, s'émerveillent, Je sens, tels que des dards tombés d'un vol d'abeilles. Des printemps morts blesser ce printemps qui s'éveille. Et c'est si doux et douloureux, ce dard profond Entrant en nous, chargé de sucs, de miel vermeil, De miel qu'au vif de la piqûre nous sentons. Comme si nous mordaient, avec des bouches de soleil, Nos fleurs des anciennes saisons !

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