L'IMAGE DE NOTRE VIE
Un bel arbre, montant vers l'azur qui l'accueille, Sourit avec ses fleurs et chante avec ses feuilles, Au-dessus d'un grand puits qui, pi'ès de son pied vert, Se creuse, bouche noire où, tout au fond, se perd Ce qui tombe, aile, éclair, rameau, que l'ombre aspire. Et l'Eté qui, dressé dans l'arbre, au ciel se mire, Mais à sa base sent ce trou nocturne ouvert, L'Eté gorgé de sève, et de soleil et d'air, L'Eté de floraisons, de vie et de lumière, Se penche sur la gueule immobile de pierre, Comme pour voir, dans celte eau morte et cette nuit, Où ce qui tombe expire avec un faible bruit, L'Hiver torpide qui l'attend au fond du puits.