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NEIGE

A la voir, gracieuse encor, Qui s'efTiIoche dans l'air mort,

Volette et tombe, On dirait que neige en tremblant, En duvets arrachés, si blancs,

Une colombe.

Ainsi glisse en un faible glas Un songe d'amour vaine, las

Et sans ivresse, Qui nous offre en tombant des cieux Le froid rêve, encor duActeux,

D'une caresse.

Oh ! neige en qui j'évoque une illusion de caresse !

C'est l'hiver. C'est l'hiver de fer, d'acier cinglant.

Il fouette et fait crier des fièvres sombres dans mon sanf^.

La neige descend, lente et sans plus de bruit qu'une morte.

Sont-ce mes fleurs de mai, que janvier me rapporte,

Mes fleurs qui n'ont pas eu de tige, Et qui, fougueuses, s'envolaient vers les prodiges. Quand le printemps lançait tant d'ailes et d'espoirs?... Elles n'ont pas, dans les grands vents, trouvé de tige, Et le ciel me les rend, vierges et mortes dans le soir, Et voici que des airs, qui brumeux se ferment, se figent, Elles tombent sans fin, toujours plus froides, sur mon cœur, Qui, rouge et chaud, bondit sous leur sépulcrale blancheur.

140 LES SAISONS FERVENTICS

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