‹ Les saisons ferventesChapitre 56 sur 88 · L'AMI · texte numérisé non relu

L'AMI

La nuit... Le feu dans mon foyer susurre. On entend au dehors (Le feu susurre...

Ses lueurs en mourant font frissonner les murs)

On entend au dehors Courir le vent comme un souflle qui douche, Le souffle ardemment froid d'une géante bouche

Qui serait morte et cependant qui mord. Et le bon feu somnole, et dans les ténèbres susurre. Et paraît radoter dans un demi son^-e à demi, Comme un ami qui, doux, s'abandonne... Un ami !

Et je m'enfonce en l'étonnement tendre,

En la chaleur de trouver un ami, Quelque chose qui soit le simulacre d'un ami,

nivrR 141

Quelque chose qui m'appartient, m'éclaire et vit,

Et qui sait me parler, et qui même a l'air de m'enlendre.

Je me coucherai lard, très tard, quand dans la nuit Il ne restera plus que mes mortes : l'ombre et la cendre.

Province, vers 1900.

Page 1