RYTHME
Le fleuve coule entre deux rives de verdure.
Là-haut, sur le pont de métal, Une charrette, au pas boiteux de son cheval,
S'en va, d'une pesante allure.
Le fleuve coule dans le calme et la nature. Un homme marche auprès de l'attelage et fait Claquer son fouet.
Et de la berge en bas, je les regarde. Ils sont le travail lourd, monotone et banal. Pour qui ce beau soleil que midi darde N'est qu'un grand fabricant de sueur animale.
Et cependant, ils ont un charme qu'ils ij,^norent,
Ce charretier, sa pauvre bêle et sa voiture.
Et je sens d'eux, touchante, universelle, éclore
Et, jusqu'aux horizons, s'épandre une âme pure.
Et leur groupe sur tout ce vert printemps distille
De la vie, et les tleurs, qui s'cndonnaient, s'en transfif,^urent.
C'est qu'ils sont là le cœur qui rythme la nature.
Le cœur battant de ces bosquets et de ces îles.
Ils sont le Mouvement de ce paysage immobile.