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IL EST LE MOUVEMENT

Il est le mouvement de l'immobile paysage, Ce train qu'on ne voit pas encore.

Mais dont le souffle accourt du fond vert des ombrages. Il est l'âme et l'élan des fleurs soudain sonores, Qui parsèment de vifs sourires les prairies. Il est l'âme et l'élan des arbres et des eaux.

Et des roseaux Dont il fouaille de feux la noyante mélancolie.

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Il est, prises en tourbillon, toutes ces âmes Qui rôdent sous le sol, autoui- du sol, et qui se pâment Dans la muette rêverie.

Et qui s'ennuient Dans la monotonie.

11 est leur sourd éveil, leur ardente vibration, Le désir s'envolant vers les auréoles des villes, Et le mouvement, et la palpitation, Tout le cœur bondissant de ce paysage immobile.

Mais il passe comme un assaut, défile en ti^ombe.

Et maintenant que son bourdonnement dans Tair s'éloigne,

On écoute dans la campagne

Un cœur qui s'éteint et retombe.

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