ACTE I
Pierre un matin vint au village,
Voici tantôt un an de ça !
Sans y songer quand il passa,
Je me trouvai sur son passage !
Ah ! monsieur Nicolas,
Ne vous emportez pas!
Rien qu’à voir son gentil visage.
Je me suis senti le coeur pris I Et lui, s’arrêtant tout surpris.
De son bouquet me fit hommage !
Ah! monsieur Nicolas,
Ne vous emportez pas I Depuis ce jour d’heureux présage,
Pierre m’aime, je l’aime aussi ;
C’est là ma joie et mon souci.
Et je n’en sais pas davantage !
Ail I monsieur Nicolas,
Ne vous emportez pas I Tout comme nous, je gage.
Quand vous aviez notre âge,
Ou savait vous charmer.
Vous vous laissiez aimer.
Vous n’étiez pas plus sage !
Ah ! ne vous fâchez pas.
Cher monsieur Nicolas !
NICOLAS
C’est bon! ce qui est fait est fait! — mais ça n’empèche pas que si ton oncle Simonnet avait dté plus riche ça n’en serait que mieux!... Sa maison! la belle avance! une bicoque!... et son verger donc! je me moque biep de son verger, moi ! mais allez donc jiarler raison avec un gas qui vous menace à tout propos de se jeter dans la rivière !... son verger!... La peste soit des amoureux !
(Il s’éloigne en grommelant.)
SIMONNE, i paru
Ah ! je vois bien quf’il ne m’airaei-a jamais.
(On entend le bruit d’une dispute dans la coulisse.)
NICOLAS, s'arrilant au fond.
Eh bien!... qii’esl-ce que c’est?... on se dispute par là...
SIMONNE, inquiile.
C'est Pierre !
NICOLAS
Et Jacques Balluë!... Qu’est-ce qu’il vient chercher par ici, le vigneron?... pourquoi ne reste-t-il pas dans ses vignes ?