ACTE n
Mon pauvre cœur!
{S'approchant de Simonne.)
Vous devez être lasse ;
Asseyez-vous.
(Il place un escabeau près d’elle.)
SIMONIVK.
Merci, Jacques, l’orage passe.
{Elle fait quelques pas pour s’éloigner. Le wnt ferme Irruyamment
la porte.)
JACqiiES.
Il redouble, au contraire...
{Se rapprochant de Simonne.) Allons, asseyez-vous.
{Avec dépil.)
Craignez-vous que de moi Pierre ne soit jaloux?
SIMONNE
Pierre !
Il sort d’ici.
SIMONNE
Dieu !
JACQUES
Qu’avez-vous donc, Simonne ?
SIMONNE
Je croyais entendre son pas.
JACQUES, allant entr’ouvrir la porte du fond et la refermant avec
colère.
Vous vous trompez !
SIMONNE, à part.
Hélas I JACQUES.
Ce n’est personne ! •
{H pousse les eerroux.)
SIMONNE
Ah! j’ai peur I
JACQUES
Qu’elle est belle !
ENSEMBLE
SIMONNE
Sa voix me ré vide
Le trouble de son cœur.
Hélas! j’ai peur!
JACQUES
D’une ardeur nouvelle Je sens brûler mon cœur,
Mon pauvre cœur !
{A part.)
Alloue, il faut parler !
{Se rapprochant de Simonne.) Écoutez-moi, Simonne!
Vous voilà malheureuse, et tout vous abandonne!
Vos yeux sont fermés pour toujours.
Et c’en est fait de vos amours.
Eh bien ! moi, savez-vous, mam’zelle ? je vous aime.
Mon cœur est encore le même ;
Et si vous consentez à me donner la main,
Vous serez ma femme demain.
Vos paroles me touchent l’âme,
Mais je dois refuser...
JACQUES
Pourquoi 7
Voyons, parlez...
SIMONNE
Pardonnez-moi,
De Pierre seul je puis être la femme!
JACQUES
Pierre!...
SIMONNE
Oui, malgré mon malheur.
Il m’aime toujours!
JACQUES
O rage !
Mais vous n’avez donc pas au cœur Un peu d’orgueil devant l’outrage?
Son père vous repousse.
SIMONNE
En êtes-vous certain ?
JACQUES
Puisqu’il vous maudissait... là... tantût... ce matin I