LES OUVRIERS DU BATIMENT
PRIX DS JOURKÉBS MOYENS DES ODYRIBBS Klf BATIMIirr A PA1I8 :
1805 1810 18Sa 1881 Aug. OfO
Charpentier fr. 3,00 3,25 5.00 7^85 161
Menuisier fr. 8,50 3,25 4,00 7,00 100
Forgeron fr. 5,00 5,00 5,00 7,00 40
Ajusteur fip. 3,75 4,00 4,25 » »
î Vitrier fr. 3,00 » » 3,75 5,50 83
Plombier fr. 4,25 » » 4,00 6,00 41
CouTTeur fr. 5,00 • » 5,00 7,35 47
Peintre fr. 4,25 » » 4,00 7,00 64
Serrurier fr. » » » » 4,00 6,50
Maçon fr. 3,25 3,25 4,25 7,50 130
Limousin fr. 2,R0 2,50 3,00 » »
Manœuvre fr. 1,70 1,90 2,50 » »
Les prix donnés par l'Annuaire statistique de 1884 sont à peu prés semblables à ceux de la série de la Ville de 1881 ; ceux-ci sont toutefois quelque peu supérieurs. — Ainsi que nous le verrons plus loin, la ville de Paris fit faire, en octobre 1883, une série nouvelle par ses architectes, et cette commission, d'où l'élément privé était exclu, majora les prix de journées des ouvriers de plus de 10 p. 0/0 ; mais cette série resta lettre morte.
Quoi qu'il en soit, et en nous en tenant aux chiffres de 1881, on voit que l'accroissement des salaires des ouvriers du bâtiment a dépassé 325 p. 0/0 depuis le milieu du dix-septième siècle, 221 à 250 p. 0/0 depuis 1789; l'augmentation atteint 100 p. 0/0 en moyenne depuis 1804 ; mais remarquons que la hausse s'est fait particulièrement sentir depuis 1853, et qu'elle a surtout profité aux ouvriers dont le salaire initial était le moins élevé. Il est telle profession où le salaire s'est élevé de deux francs en moins de deux ans ; nous empruntons d'ailleurs cette aflârmation à la déposition que fit, devant la Commission d'Enquête, M. Haret, président du syndicat des entrepreneurs de menuiserie (1). La marche progressive des
(1) Enquête parlementaire de 1884, p. 65 et 66.
salaires des ouvriers menuisiers, selon M. Haret, a été la suivante :
JOUMAb DB il HBURB8 DB TRAVAIL .*
De 1841 à 1845, la joaroée éUit payée 3 fr. 50
De 1846 à 1853, id 3 75
De 1854 à 1857, id 3 85
JOUIUfiÉ DB 10 HBURB8 DB TRAVAIL :
De 1858 à 1861, la journée était payée 4 fr. »
De 1862 à 1869, id 4 50
De 1870 à 1878, id 5 »
Dul«»avrill879, id 6 »
Du l" oct. 1880, id 7 »
Ainsi, du l*** avril 1879 au 1*'' octobre 1880, c'est-à-dire en dix-huit mois, la journée des ouvriers menuisiers a été augmentée de 2 francs.
L'heure était payée, en 1841, environ fr. 318 ; aujourd'hui, elle est payée f r. 70, soit 120 0/0. C'est qu'en effet il est bon de ne pas se contenter de comparer le salaire de la journée à deux époques, car la durée de la journée a été abrégée. Aujourd'hui^ l'ouvrier menuisier touche 7 francs pour une journée de dix heures de travail ; il touchait, en 1841, 3 fr. 50 pour une journée de onze heures. L'augmentation apparente n'est que de 100 0/0 ; l'augmentation réelle, de 120 0/0.
Nous avons sur les salaires des ouvriers des départements des données assez complètes, et les études si savantes de M. de Fo ville n'ont pas peu contribué à éclairer cette partie de l'histoire des salaires (1).
En réunissant les indications recueillies sur le prix de journée moyen payé par les établissements hospitaUers, de 1824 à 1855, et les chiffres fournis par la statistique annuelle, nous trouvons la progression suivante pour le
(1) Economiste françaù, n» du 5 février 1876.