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CHAPITRE III

L«s Oavriers du bâtiment.

L'industrie du Mtiment à Paris ; son importance. — Les salaires depuis le milieu du xvn» siècle. — La fin du siècle dernier. — Les salaires actuels ; leur éléyation depuis 1850.— L'industrie du bfttiment en province ; chiffres fournis parles établissements hospitaliers.— La hausse la plus forte s'est faite au profit des salaires les plus fubleB.

La première place doit être réservée, dans notre étude sur les ouvriers du bâtiment, à la ville de Paris. Depuis un siècle, notre capitale n'a cessé de s'accroître et de drainer à son profit la population des campagnes; elle a dû, dans ces trente à quarante dernières années, et pour loger cet afflux incessant d'habitants, déployer, dans rindustrie des constructions^ une activité à nulle autre pareille.

Cette industrie, on peut le dire, et ce sera peut-être la circonstance qui la tuera, est devenue l'industrie par excellence de Paris; les autres sont presque toutes entées sur elle, et vivent d'elle; aussi comprend-on que l'on puisse dire qu'à Paris, quand le bâtiment ra, tout vUy alors que, à notre sens, l'essor de la construction devrait logiquement suivre et non précéder la prospérité générale.

Cette fièvre de la construction a éclaté surtout depuis 1850 ; elle a entraîné à sa suite l'accroissement des salaires des ouvriers du bâtiment; mais il est bon d'ajouter que la ville de Paris, par le soutien que ses mandataires ont accordé aux revendications ouvrières,

et par certaines institutions, comme sa série y a ellemême contribué puissamment à cette hausse.

En 1632, sous Louis XIII, selon l'affirmation de Savot, le tailleur de pierre qui est, comme chacun sait, Taristocrate de la maçonnerie, gagnait, par journée de douze heures, 15 sols, soit 1 fr. 87 de notre monnaie actuelle. En 1772, d'après Goupy, le même ouvrier obtenait 2 livres ; en 1781, 2 livres et 2 sols, selon Camus de Mézières ; en 1788, 2 livres et 5 sols, si nous en croyons Séguin. — Pour les menuisiers et les charpentiers, Potain, en 1750, nous parle de 40 sols (1). La journée était montée en 1789 à 45 sols pour les charpentiers et les maçons, à 2 livres 10 sols pour les paveurs (2). — A partir de la Révolution française, la journée cesse d'être de douze heures, et, sans descendre à dix heures, niveau qu'elle n'a atteint qu'au milieu de ce siècle, elle fut en principe de onze heures.

Nous avons, sur les années qui suivirent la Révolution française, des renseignements assez précieux. Grâce aux chiffres, qui nous sont fournis par Morisot, en 1804, et par Rondelet, en 1810, il nous est possible de constater la gradation des salaires depuis le commencement du siècle :

PRIX DE JOURNiSS MOYENS DES OUVRIERS EN BATIMENT A PARIS :

1805 (t) 1810 (4) 1853 (5) 1881 (6) Aug. 0/0

Terrassier fr. 2,25 2,23 3,00 5,00 122 0/0

Tailleur de pierre fr. 3,35 3,50 5^00 8,00 138

Poseur fr. 3,25 4,00 5,25 » »

(1) Ces chiflres sont cités par Rondelet, Traité de Vart de bâtir ^ t. 5.

(2) Traité d^ architecture pratique^ par J.-F. AJonroy, ancien appareilleur, inspecteur et toiseur des bâtiments du roi, 1789. (Bibliothèque de THÔtel Carnavalet).

(3) Morisot^ Tableaux détaillés des prix, éd. de 1804-1806.

(4) Rondelet, ibid,

(5) Statistique annuelle,

(6) Annuaire statistique de 1884.

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