CHAPITRE IV
La Oraiide industrie.
L'accroissement du salaire des ouvriers tisseurs et fileurs, d'après M. Poulaio, de Reims.— La laine à Fourmies (Nord).— La progression des salaires dans l'industrie cotonnièref d'après M. Grad. — Elévation plus rapide des salaires inférieurs.— Industrie minière : augmentation de 104 pour cent de 1843 à 1883. — Mines d'Anzin. — Industrie métallurgique : forges du Glosmortier et de Fourchambault. — VAnntiaire statistique de 1884.
Le salaire dans l'usine ou dans la raine, tel doit être Tobjet du chapitre actuel.
M. César Poulain, membre du comice agricole et de la Chambre de Commerce de la Marne, et ancien maire de Reims, a publié, sous forme de tableaux synoptiques et de diagrammes, une étude très intéressante sur Findustrie et le commerce de la laine.
Le travail de M. Poulain nous donne^ à partir de 1815, et pour chaque année jusqu'en 1879, les prix de façon de filature pour 1 kilogramme de laine, le prix du mètre de mérinos de quaUté déterminée, le salaire des ouvriers fileurs et tisseurs, le prix de la laine de Champagne lavée à fond, et la valeur tant des importations des laines étrangères que des exportations de tissus fabriqués.
De ce travail, nous extrayons la partie relative au salaire, dont la progression a été la suivante :
De 1789 à 1813 lfr.50
De 4814 à 1830 hausse légère.
1830 2fr. >•
1868 (à partir de) 5 m
Le salaire a plus que triplé ; il s'est accru de 233 0/0, pendant que la façon de filature a baissé dans la proportion de 25 à 1, et que le mérinos vaut 11 fois moins. En effet, le prix de façon de la filature peignée, qui était en 1800 de cinq sols 6 deniers Téchée de 500 aunes, soit 32 fr. le kilog., est tombé en 1879 à 1 fr. 25, et le prix du mérinos, qui était de 16 sols le métre^ les 10 croisures, en 1808, est tombé à 1 fr. 25.
Des salaires de Reiras, rapprochons un tableau publié par M. Ernest Brelay sur les salaires à Fourmies (Nord), dans rindustrie de la laine (1) :
Années. Fileurs. Rattacheurs. OuTrières. Mécaniciens. Journaliers.
1844 4fr.00 Ifr.oO Ofr.70 3fr.00 !fr.50
Ce qui fait une augmentation pour cent de :
Ici encore ce sont les ouvriers dont le salaire initial était le plus faible, qui ont participé à la hausse dans la mesure la plus forte.
Avec M. Charles Grad, nous entrons dans les manufactures de coton (2). Les chiffres cités par le sympathique pubhciste se rapportent plus particulièrement à l'Alsace, et sont empruntés aux livres de paie que les principales maisons du pays ont bien voulu mettre à sa disposition. Voici les salaires dont il a recueilli la constatation dans quatre établissements manufacturiers situés à Mulhouse, au Logelbach, à Dornach et dans le val d'Orbey :
(1) Economiste français du 13 septembre 1884, p. 319.
(2) Economiste français j n^» du iS sepiecnhre et du 16 octobre 1880: Les salaires dans l'industrie manufacturière.
FILATURB A MULHOUSE, DS 1835 A 1880 :
N&tore du trtTail. 1835 1880
Contremattres 2fr.91 6 fr. 25
Régleur 1 88 3 50
Graisseur 1 50 3 10
SeUier 1 50 4 »
Batteur, femmes » 96 1 70
Cardes, réparateur 1 33 2 70
Id. débourreur » » 2 35
Id. soigneuses » 87 1 60
Banc à broche, femmes 1 50 2 40
Fileur à bras 1 75 » »
Id. automate...., » » 4 25
Rattacheur 65 2 30
Bobineur^ enfants » » 1 60