‹ Les salaires au XIXe siècleChapitre 15 sur 66 · FILATURE AU L06ILBACH, DE 1833 A · texte numérisé non relu

FILATURE AU L06ILBACH, DE 1833 A

Nature du traTaU. 1833 1880

Contremaîtres 2 à 3 f^. » 4 à 6 fir. »

Batteur, hommes » » 2 50

Id. femmes 78 1 70

Cardes, aiguiseurs » » 2 65

Id. débourreurs 1 20 2 20

Id. femmes 60 1 62

Peigneuses, femmes, » » 1 70

Etirage, femmes » » 1 50

Banc à broche, femmes » » 1 50

Fileur^ hommes 2 28 3 75

Rattacheur 70 1 75

Bobineur (enfants) 40 1 15

TISSAGE A DOaiTACH, PRÉS MULHOUSE, DE 1881 A 1880 I

Nature da traTail. 1831 1880

Contremaîtres 2fr. 58 5fr. »

Tissage, hommes et femmes 1 » 2 30

Parage, hommes , 3 » 4 72

Ourdissage, femmes 1 15 2 75

Bobinage, femmes et enfants » 90 1 65

TISSAGE DANS LE VAL d'ORBET, >E 1850 A 1880:

Nature du traTail. 1850 1S80

Contremaîtres 2fr. 50 itr, »

Tissage, hommes 1 06 1 80

Id. femmes. •.«•••• •....••.. » 85 1 40

Attgm. 0(0.

rÎ5 0/0

Augm. 0\0.

Augm. Q\Q.

Augm. OfO.

TISSAGE DANS LI VAL D*ORBBT, DE 1850 A 1880 : Nature da traTail. 1850 1880 Angnu. OfO.

Parage, hommes 2&'. 50 3fr. » 20

Ourdissage, femmes 1 40 2 » 43

Bobinage, enfants 80 1 n 25

Manœuvres 1 50 1 80 20

Mécaniciens , 3 » 3 75 25

Ouvriers 2 » 2 55 26

L'augmentation la plus considérable a porté surtout sur les salaires les plus faibles. En effet, et ainsi que le fait remarquer M. Grad, à la filature de Logelbach, et dans les environs de Colmar, le gain des ouvriers fileurs s'éleva seulement de 65 pour 100 dans l'intervalle des aimées 1832 à 1863, pour rester à peu près stationnaire à partir de cette date, correspondant à la substitution des métiers à renvideurs automates aux anciennes machines à bras, tandis que, dans le même établissement, les salaires ont augmenté jusqu'à 170 pour 100 en faveur des femmes, jusqu'à 187 pour 100 en faveur des enfants. — En somme, le prix du travail dans les filatures de coton a plus que doublé depuis 1832, la moyenne de l'augmentation pour les filatures de Mulhouse et du Logelbach ressortant respectivement à 121 et 124 0/0. — Pour le tissage, la progression a été sensiblement la même, 101 0/0 à Domach. — En trente ans, de 1850 à 1880, au val d'Orbey , la hausse moyenne a été de 38 0/0 ; mais les salaires féminins s'étaient accrus dans la proportion de 67 et 43 0/0.

Dans une fabrique de rubans de soie située à Guebwiller, l'augmentation a été de 15 à 77 pour cent dans l'intervalle des années 1848 à 1880.

La progression générale du prix du travail depuis trente ans, pour les ouvriers des manufactures, s'élève en Alsace à 50 0/0 au moins ; telle est la conclusion de M. Charles Grad. Cette augmentation est identique à celle que nous avons constatée plus haut, à propos de la statistique des salaires des professions diverses.

Une autre branche fort importante de la grande industrie est représentée par les mines. Nous avons sur les salaires des ouvriers mineurs et sur leur progression des données assez certaines.

La statistique minérale publiée en 1884 par le ministère des travaux publics (l),nous apprend que le nombre des journées de travail dans Tannée 1883 a été, en moyenne, de 293 pour les ouvriers de Tintérieur ainsi que pour ceux de l'extérieur ; le salaire correspondant, de 4 fr. 21 pour les premiers et de 2 f r. 93 pour les seconds ; enfin, la moyenne des salaires annuels a été de 1 ,230 f r. 93 par ouvrier du fond, et de 858 fr. 79 par ouvrier du jour, ou encore de 1,125 fr. 38 par tète, sans distinction.

Cette dernière moyenne ne dépassait pas 1,099 fr. en

1882 : d'où ressort une augmentation de 26 francs par personne.

Si Ton compare le montant des salaires des ouvriers employés à l'exploitation des charbonnages depuis l'année 1843, l'on voit que la moyenne, à cette époque, ne dépassait pas 552 fr. par an pour tous les ouvriers indistinctement; la moyenne analogue concernant l'année

1883 accuse une augmentation de 104 0/0.

Une des houillières les plus importantes est, à coup sûr, Anzin. M. Ledoux, ingénieur conseil de la Compagnie, donne les indications suivantes sur le salaire moyen des mineurs, qui constituent la plus grosse partie des ouvriers de la mine (2) :

1860 3ff.l8

soit une augmentation de 42 0/0 en vingt-trois ans.

M. Ledoux fait observer que la Compagnie ne fait aucune retenue aux ouvriers, ni pour les retraites qu^elle

(1) p. 23, et 8...

(2) Economiste français, du 5 afril 1884, p. 420. — Procès-Verbaux de la Commission d'Enquête, p. 288,

alloue, ni pour les secours qu'elle accorde aux vieux ouvriers, aux veuves, aux malades, ni pour les médicaments et frais de médecin, et qu'elle donne aux ouvriers le chauffage gratuit et des loyers à prix réduit. Ces frais divers augmentent assurément le salaire de Fouvrier de plus de 8 0/0. « Ils ont constitué, ajoute-t-il, Tannée « dernière^ une dépense totale de 1^224,130 fr., tandis « que les dividendes distribués aux porteurs de deniers « ne s'élevaient pas à plus de 1,200,000 fr. »

Suivons le produit des mines dans l'usine métallurgique , et demandons-nous quelle y a été la progression du prix du travail.

Un de nos amis nous communique une note des salaires mensuels payés de 1823 à 1880 dans la forge dont il est le directeur :

Natare du travail. 1823 1830 1840 1830 1860 1870 1880Attg.0i0

Chargeurs de fourneaux. . . fr. 33 35 35 40 55 78 115 248

Fondeurs et sous-fondeurs, fr. 45 50 50 55 66 85 125 177

Affineurs ou pudleurs .fr. 66 70 70 75 90 110 140 112

Chauffeursourechaufifeurs.fr. 70 70 75 75 100 120 150 114

Marteleurs ou lamineurs .. fr. 70 70 75 75 100 125 150 114

Tréflleurs fr. -- 65 65 70 85 100 120 ?

L'augmentation en 60 ans a été égale ou supérieure à 114 0/0 ; pour les salaires qui en 1823 étaient les plus faibles, elle a atteint 177 et même 248 0/0. — Elle s'est surtout produite depuis 1860.

L'honorable maître de forges auquel nous devons ce tableau si intéressant, nous fait observer que ses ouvriers reçoivent, à titre gratuit, et en sus de leur salaire^ le logement, le chauffage, un jardin ou une petite parcelle de terre ; et il ajoute que jusqu'en 1865, malgré le prix élevé du blé, malgré le taux assez faible de leurs salaires, les ouvriers faisaient de sérieuses épargnes, tout en ayant de beaux et nombreux enfants, dont ils faisaient des forgerons comme eux. Aujourd'hui, ajoute-t-il, la majorité

60 PREMIÈRE PARTIS. — CHAPITRE lY.

n'économise pas, et une bonne partie n'arrive qu'avec peine à équilibrer son budget. — Ne faut-il pas voir là une boutade un peu trop pessimiste (1) ?

A la forge de Fourchambault, l'augmentation des salaires, de 1855 à 1875, a été de 63 0/0 (2).

U Annuaire statistique de la France a, pour la première fois, publié en 1884 le salaire des ouvriers de la grande industrie (à l'exception des professions qui se rattachent aux mines et à la métallurgie) et il nous donne comme chiflEres moyens des salaires des ouvriers, âgés de plus de 21 ans : 5 fr. 27 pour le département de la Seine, et 3 fr. 54 pour les autres départements. Nous avions, dans la petite industrie, relevé les chiffres de 5 fr. 66 pour Paris, et de 3 fr. 33 pour les villes chefs-lieux de département.

(1) M. s. . ., maître de forges dans le département de la Haute-Marne.

(2) M. Mony, Etude sur le travail, 2« éd. !•' vol. p. 189.

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