‹ Les salaires au XIXe siècleChapitre 3 sur 66 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

question dans mon cours, je répète volontiers la sentence de Cobden : « Quand deux patrons courent iq>rès un ouvrier, les salaires haussent; quand deux ouvriers courent après un patron, les salaires baissent. »

L'ouvrier devant vivre de son salaire, le coût de la me est aussi une des causes qui déterminent les salaires. Le coût de la vie ne détermine, il est vrai, qu'un minimum, lequel varie beaucoup suivant le degré de civilisation et les habitudes des populations ; mais c'est néanmoins une considération très importante que la science économique n a pas le droit de passer sous silence.

Elle peut, à la rigueur, ranger les qualités personnelles du travailleur au nombre des manières d'être de la productivité du travail. Je préfère cependant, pour ma part, les détacher de façon à mettre en reUef l'importance qu'a la valeur propre du producteur dans l'œuvre de la production et les différences considérables de salaires que cette valeur peut légitimement motiver.

Enfin, les institutions politiques et la coutume que vous aviez signalées et sur lesquelles l'Académie vous a engagé à insister, sont nécessaires aussi pour expliquer beaucoup de phénomènes. Car l'équilibre des salaires et de la richesse ne s'établit pas aussi facilement que le niveau de l'eau dans deux vases communiquant librement. Cet équiUbre est quelquefois faussé, dans un sens ou dans l'autre, par les institutions, et d'ordinaire la coutume , quand une fois elle est établie , produit des résistances qui gênent l'effet des lois économiques.

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