VI PRÉFACE
ce qu'il produit. D'ailleurs, il convient d'ajouter que la productivité du travail dépend elle-même de causes diverses, telles que la nature de l'industrie, la puissance des machines et autres instruments de travail, l'habileté de l'ouvrier, la bonne direction de l'entreprise.
Mais la productivité, quelque extension qu'on donne à ce mot, n'explique pas tous les phénomènes. Les domestiques, par exemple, qui ne font pas le ménage avec des machines et qui ne rendent pas plus de services aujourd'hui qu'autrefois, sont beaucoup plus payés ; les ouvrières en journée, travaillant à l'aiguille, le sont plus dans les grandes villes que dans les campagnes éloignées. Il faut donc admettre que Vétat général de la richesse d'une contrée exerce aussi une certaine influence et que la doctrine du fonds des salaires, tout en étant insuffisante, n'est pas un non-sens.
La demande et l'offre du travail^ c'est-à-dire le rapport entre la population ouvrière, qui constitue Tofifre, et l'importance des entreprises, représentée à la fois par le nombre des entrepreneurs et par la somme totale de leurs capitaux, qui constitue la demande, n'est pas non plus une considération à dédaigner. On peut dire qu'elle a elle-même sa raison d'être dans la productivité du travail et dans l'abondance du capital et que l'offre et la demande comprend tout; c'est vrai, mais l'économie politique ne doit pas craindre de montrer successivement sous leurs diverses faces les problèmes qu'elle veut éclairer. Lorsque je traite cette
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