VJ
Ncuve-des-Capucincs la succursale de celui des Affaires étrangères, et renfermait les archives diplomatiques de l'État. L'honorable conservaleur de ces archives, M. Mignet, était en ce moment absent de son appartement où je me vis obligé de laisser des gardes nationaux chargés de lui expliquer à son retour la cause de celte invasion soudaine. Je retournai aux Affaires étrangères. On se ferait difficilement une juste idée du désordre qui régnait à l'intérieur de l'hôtel : le rez-de-chaussée où se tenaient habituellement les huissiers, était entièrement envahi par les auxiliaires en blouse que j'ai déjà mentionnés. C'est là qu'une espèce d'ambulance avait été établie dans la soirée du 24 février. Des tables couvertes de verres et de bouteilles vides, de pains de munition, d assietles mutilées, de matelas jetés çà et là sur le plancher, des fusils en faisceaux dans les embrasures des fenêtres, une odeur de tabac et de vin indiquaient suffisamment la destination attribuée depuis à cette pièce devenue un corps de garde ainsi que la salle correspondante du premier étage, où s'était pareillement
installé un poste d'ouvriers auxquels je persuadai difficilement le lendemain que les abords du cabinet du ministre devaient demeurer libres cl respectés.
On savait que dans le nouveau gouvernement provisoire, M. de Lamartine avait été chargé du portefeuille des Affaires étrangères, et j'attendais à chaque instant sa venue. Dans la soirée du 25 février, nous vîmes arriver deux personnages portant à la boutonnière des touffes de laine rouge (le rouge était en ce moment la couleur oflicielle, et on sait que les couleurs officielles changèrent trois fois). L'un, grand, boutonné jusqu'au menton, à la façon d'un officier retraité, épaisses moustaches grises, tête oblongue, figure loyale, avec de la défiance et de l'embarras dans l'expression; c'était M. Bastide. L'autre, serré dans un habil noir, cheveux longs et tombant sur le collet, chapeau à forme conique un peu dans le genre Caussidière; c'était M. Helzelj ancien éditeur et rédacteur sous le pseudonyme de Staal, de plusieurs articles spirituels appartenant à des publications illustrées.
Le premier de ces deux messieurs allait occuper le posle de sous-secrétaire d'État ou secrélaire général; le second devait remplir l'emploi de chef du cabinet.
A partir de ce moment, l'hôtel des Affaires étrangères fut envahi par une foule de conspirateurs de la veille et de vainqueursdu lendemain; par une nuée de solliciteurs et d'ambitieux de toutes les tailles, depuis le ministre plénipotentiaire jusqu'au courrier de cabinet. L'empressement était si grand, que pour éviter un encombrement véritable de la pièce qui précède le cabinet du ministre, les huissiers, qui tous avaient supprimé l'habit noir officiel pour endosser l'uniforme de la garde nationale, n'y pouvaient suffire et que je fus quelquefois obligé d'interposer au milieu de quelque conflit mon autorité de rencontre. Rien d'aussi curieux que l'aspect du salon d'attente en ces jours révolutionnaires, si ce n'est, peut-être, celui du cabinet lui-même. M. d'Alton-Shée élait venu, dès les premières heures, s'installer dans le sanctuaire où MM. Bastide, Helzel, Bixio, Sain de Bois-le-
Comte, Levasseur et quelques intimes taillaient des plumes en atlendant l'arrivée de M. de Lamartine et signaient des passe-ports qu'on venait à chaque instant demander pour des étrangers ou soi-disant tels, qui voulaient quitter Paris au plus tôt, sans se douter que les révolutions voyageant plus vite qu'eux les attendaient sur presque tous les rivages.
M. de Lamartine ne vint que dans la soirée du 26 prendre possession du ministère. 11 était pâle, fatigué ; sa figure me parut amaigrie et sa longue taille se dessinait plus anguleuse qu'à l'ordinaire dans un paletot d'un aspect Irès-démocratique. Il était accompagné d'un jeune homme qui remplissait auprès de lui les fonctions de secrétaire.
Ses premières paroles en entrant dans le cabinet où je l'accompagnai furent celles-ci, qu'il adressa à M. Bastide : « Allons ! grâce à nos efforts, je considère dès à présent la république comme fondée en France. — Alors, permettez que je vous embrasse, répliqua M. Bastide avec un enthousiasme contenu, et il lui donna l'accolade. — Qui
m'eût dit avant hier, ajouta M. de Lamartine, que je viendrais m'asseoir aujourd'hui sur le fauteuil de M. Guizot? Deslinée humaine ! » Puis parcourant quelques papiers épars sur le bureau, et descendant des hauteurs de sa pensée méditative : « Il me faut donc, dit-il, reprendre mon ancien métier ; car on s'imagine, messieurs, que toute ma vie je ne me suis occupé qu'à écrire des vers ; mais, mon Dieu ! la poésie n'a jamais été pour moi qu'une distraction tout à fait passagère. J'ai eu le malheur d'écrire quelques strophes; mais je n'ai jamais attaché à cela aucune importance véritable, et mon esprit est demeuré toujours acquis aux grandes, aux sérieuses choses de la politique. »
Et en entendant parler ainsi l'illustre poète, je ne pouvais m'cmpécher de songer à ce fait étrange qui m'avait été raconté un jour au sujet du peintre Girodet, lequel s était imaginé, au milieu de sa remarquable carrière, que son talent pour la peinture n'était rien en comparaison d'une certaine prétention à bien jouer delà flûte, rêve et illusion des dernières années de sa vie.
LES SALONS DE PAÎUS
Quelques instants plus tard, M. de Lamartine faisait ouvrir les tiroirs du bureau et retirer les objets précieux qu'ils renfermaient, pour les renvoyer à M. Guizot. 11 y avait de l'argent, de magnifiques médailles en or, une surtout que je remarquai et qui me parut avoir été frappée à l'occasion du mariage de M. le duc d'Orléans ; des cachets, des insignes d'ordres, etc. Rien déplus triste que cet inventaire des objets appartenant à Phomme d'État qu'une si brusque catastrophe venait de mettre en fuite, si ce n'est, peut-être, la vue des vêtements qu'il avait portés avant de se rendre pour la dernière fois aux Tuileries, et qui étaient encore étendus sur des meubles de l'appartement.
Il est très-probable que dans d'autres ministères, celui de l'intérieur, par exemple, le trouble de ces premières journées qui suivirent le 24 février se fit sentir beaucoup plus qu'aux Affaires étrangères ; toutefois l'aspect de ce ministère offrit, pendant toute une semaine, les contrastes les plus bizarres, les plus singuliers tableaux. Quelquefois, pendant que MM. Rastidc,
Hetzcl, Bois-le-Comte, faisaient de la politique officielle d'après les indications laissées par M. de Lamartine, lout absorbé dans les travaux du gouvernement provisoire à l'Hôtel-de-Ville, d'autres personnages qui, en grand nombre, altendaient une audience dans la pièce précédant le cabinet du ministre, produisaient librement et à haute voix une politique officieuse qui avait bien aussi son mérite. Peut-être même était-ce la plus réelle des deux. Je me rappelle parfaitement avoir entendu un conspirateur de la veille dire lout haut et sans se gêner dans le salon d'altcnte où quelques-uns de ses amis l'entouraient :
— Je pars demain pour Turin ; je vais signifier à Charles-Albert qu'il ait à déclarer immédiatement la guerre à l'Autriche, s'il tient à conserver sa couronne. Vous ne tarderez pas à en recevoir la nouvelle; et ce n'est pas de là, ajoutait-il en montrant la porte du cabinet du ministre, et ce n'est pas de là que le coup partira.
Huit jours après les journaux annonçaient en effet que Charles-Albert avait déclaré la guerre
ni.
à l'Autriche, et que l'armée piémonlaise s'ébranlait dans la direction de la Lombardie.
Vint le manifeste de M. de Lamartine, pièce improvisée avec cette merveilleuse facilité et cette grandeur de style qui sont le propre de l'auteur des Girondins. Elle produisit dans le inonde diplomatique et dans les diverses cours de l'Europe un effet d'autant plus heureux qu'elle renfermait un exposé des principes internationaux parfaitement rassurant dans la situation si critique où la proclamation de la république en France venait de placer tous les cabinets européens; seulement, ce manifeste manquait de netteté; il était difficile de voir, en le lisant, où la révolution commençait et jusqu'où elle allait. On a dit de cette pièce qu'elle reproduisait, sous une forme différente, toutes les idées de M. Guizot, et que celui-ci eût pu l'écrire tout aussi bien que le premier ministre des Affaires étrangères delà République française. 11 y a du vrai dans ce reproche, et cela tient surlout à une cause bien simple : c'est qu'en fait de politique extérieure, lorsqu'on vent produire quelque chose de sérieux
et de régulier, on se trouve inévitablement engagé, relativement à certaines questions, dans les mêmes voies que ses prédécesseurs.
J'ai dit quel avait élé le dernier bal donné sous le règne de Louis-Philippe. Le premier salon ouvert sous la seconde république fut celui de M. Emile de Girardin. Le directeur de la Presse avait publié un article intitulé : Confiance! confiance ! il voulut que ses actes fussent en rapport avec ses paroles, et huit jours ne s'étaient pas écoulés depuis la crise violente par laquelle Paris venait de passer, qu'il ouvrait les portes du joli hôtel dont tout le monde connaissait la façade ornée de colonnes grecques, et qu'il possédait au coin de la rue de Chaillot, dans l'avenue des Champs-Elysées. Cet hôtel, vendu depuis lors, a été remplacé par des constructions nouvelles et n'est plus lui-même qu'un souvenir , mais un souvenir difficile à effacer dans l'esprit de ceux qui ont été à même d'apprécier avec quelle bonne grâce madame Delphine de Girardin savait en faire les honneurs. Un détail assez curieux de cette réception qui fut nombreuse,
IES SALOSS DE PARIS
c'est que, en l'absence forcée des gardes municipaux et des sergents de ville qui, d'ordinaire, faisaient la police et, pour éviter tout désordre, réglaient la marche des voitures à la file, ce service était fait et très-bien fait par les ouvriers du journal la Presse, en blouse, et le fusil de munition sur l'épaule.
Je disais en commençant ce livre, à propos des journées de Juillet \ 850, qu'à la suite des crises révolutionnaires, la société parisienne se reforme plus ou moins vite sur quelques points de la grande ville, et s'efforce de revenir à ses habitudes passées, d'abord avec une hésitation cl un trouble évidents, puis bientôt avec une certaine confiance que les événements seuls peuvent consolider, comme ils peuvent aussi la compromettre et la détruire. Cerles, la terrible et soudaine commotion de 1848 était bien faite pour ébranler jusque dans ses fondements celte frêle maisvivace société parisienne, qui avait semblé devoir se disperser au premier souffle delà tourmente, et cependant elle recommençait à manifester son existence; elle était là, chez M. de
Girardin, mais tout émue et toute pale encore des dangers qu'elle avait courus.
Rachel devait dire des vers. Elle les dit admirablement, comme à son ordinaire, et fut fort applaudie. Je me rappelle, comme détails de cette soirée, que M. Dupin y paraissait assez embarrassé de sa contenance et ressemblait à un homme qui, tombé dans la rivière, cherche instinctivement à droite et à gauche la branche qu'il pourra saisir pour remonter en terre ferme; que la marquise du Hallay s'y montra avec une coiffure aux couleurs nationales telles qu'elles avaient élé disposées jadis par le peintre David et, comme on s'étonnait autour d'elle de ces nuances de rubans au moins trés-voyantes, qu'elle répondit : « Je ne puis pas oublier en ce moment que je suis la fille de madame Tallien. » Enfin que la duchesse de Maillé, mère du duc actuel, voulait malicieusement et absolument qu'on l'annonçât: « La citoyenne Maillé ! »
Cependant, l'époque des élections approchait, malgré les efforts du parti qui demandait leur ajournement et préparait la manifestation du
16 avril. J'allai voter dans mon département et je revins presque immédiatement à Paris. L'hôtel des Affaires étrangères était alors complètement réorganisé à l'intérieur, et il était devenu assez diflicile de pénétrer jusqu'à M. de Lamartine. De sept à huit heures du soir, ses anciens amis elles personnes auxquelles il assignait des rendez-vous se présentaient à l'huissier qui, avant de les introduire, allait transmettre leurs noms au ministre et prendre ses ordres : formalité qui, par parenthèse, avait mécontenté à un haut degré quelques-uns des intimes du grand poète. Je donnai mon nom et je fus introduit. M. de Lamartine recevait dans les appartements du rez-de-chaussée qui longeaient le jardin du côté gauche et formaient une partie de la façade regardant le boulevard. Il était tout habillé pour se rendre à l'Opéra, où j'appris, le lendemain, qu'il avait été accueilli avec un grand enthousiasme. Cependant il demeura encore près d'une heure et causa assez longuement avec moi.
La conversation roula d'abord sur les élections et leurs résultats probables.
SOUS LOUIS-PHILIPPE I". 57i
— Tous mes efforts, me dit M. de Lamartine, ont eu pour but de réunir le plus promptement possible une assemblée nationale à Paris. Du reste, ajouta-t-il, la France, qui jusqu'ici n'avait montré que du courage militaire, vient de déployer un grand courage civil.
Puis il aborda des questions de politique étrangère, particulièrement celle des différends survenus entre l'Allemagne et le Danemark, relativement aux duchés de Schlesvig et de Holstein, et parut se préoccuper beaucoup des divers in- . térets Scandinaves. M. de Lamartine avait bien voulu songer à moi pour un poste diplomatique dans le nord, et me demandait quelques détails sur des hommes et des choses que j'avais, en effet, longuement étudiés. Plus tard, j'eus la satisfaction de voir que mes appréciations n'étaient pas tout à fait dépourvues de justesse.
Le salon du ministère des Affaires étrangères ou, pour mieux dire, le salon de M. de Lamartine, car sa personnalité absorbait complètement alors tout ce qui l'entourait, présentait un caractère très-particulier et digne d'être signalé
dans ce rapide tableau des mœurs de celte singulière époque.
Appelé par dix départements à l'honneur de les représenter, M. de Lamartine paraissait alor s devoir dominer toute la situation et pouvoir légitimement prétendre à la présidence de la République. Les étrangers, aussi bien que les nationaux eux-mêmes, en avaient alors la conviction et le salon des Affaires élrangères se ressentait de cette persuasion générale. Des bustes et des portraits litographiés du grand poêle se voyaient sur tous les meubles, et le modèle en terre d'une statue de la jeune République française tenant un drapeau à la main ornait la cheminée : c'était un hommage de l'artiste au personnage qui, dans la pensée de tous, devait prochainement personnifier la France républicaine. Tout, dans ce salon, annonçait la présence d'un pouvoir que Ton supposait fort et définitif. Comment ne pas le croire alors? triste et nouvelle preuve des vicissitudes de la popularité !
J'y vis le généra) •Changarnier que M. de Lamartine voulait d'abord envoyer à Berlin comme
ministre plénipotentiaire, mais dont le séjour à Paris avait ensuite paru plus utile. On sait que, dans la matinée du 16 avril, le général récemment rappelé d'Afrique, élait allé au ministère des Affaires étrangères pour prendre les dernières instructions de M. de Lamartine, el qu'il avait appris en y arrivant le départ du ministre pour l'Hôtel-de-Ville menacé, disait-on, par une manifestation nombreuse organisée au Champde- Mars. M. Changarnier voulait se rendre aussitôt à riïùlel-de-Ville et offrir son concours à M. de Lamartine; mais il était difficile, peut-être môme impossible de parvenir jusqu'à lui sans être muni d'une de ces cartes du gouvernement provisoire qui permel taient de pénétrer partout et de franchir tous les obstacles. L'embarras était grand : il se trouva toutefois que madame de Lamartine possédait une de ces cartes comme présidente d'une association de charité. On alla la lui demander, et elle s'empressa de la remettre ellemême au général Changarnier qui courut à l'IIùtcl-de-Ville, donna officieusement de précieux avis stratégiques pour l'emploi des forces de lu
garde nationale, et sut apporter ainsi un utile concours aux hommes qui défendaient la prérogative électorale et voulaient en appeler au pays.
En dehors de toute appréciation politique, on doit dire que M. de Lamartine était, au point de vue de la représentation et de la dignité personnelle, un remarquable ministre des Affaires étrangères. Comme il avait soin de le dire lui" même, la diplomatie avait été son premier métier, et j'ai souvent entendu les ministres étrangers vanter l'agrément de ses relations d affaires. Son successeur, M. Bastide, était bien loin dé posséder ces indispensables traditions de salon et de chancellerie qui ont, quoi qu'on puisse dire, une incontestable importance. Bonne, mais timide et défiante nature, M. Bastide portait dans ses réceptions un air d'embarras qui produisait une sensation désagréable et pénible. Quelquefois il se laissait entraîner, dans ses conversations avec les diplomates étrangers, à une franchise de langage et à un laisser aller parfaitement républicain, sans doute, mais dont ceux-ci ne
manquaient pas de profiter. Il est difficile, il est impossible même d'entretenir de bonnes et sérieuses relations étrangères, sous quelque régime que ce soit, si Ton n'a pas acquis à l'avance une certaine habitude des mœurs diplomatiques. La nature et l'instinct pourraient quelquefois y suppléer, mais ce genre d'intuition est assez rare.
Pour en revenir au salon de M. de Lamartine, c'était bien, vers la fin d'avrill848, le salon d'un président de la République française, et il ne fût alors venu à l'esprit de personne de supposer que cette étoile si brillante et si haut placée dût, dans un temps prochain, pâlir et décliner à l'horizon de la popularité. M. Molé racontait à cette époque que, longtemps avant la révolution de Février, M. de Lamartine avait le pressentiment de sa mission future, de la fortune extraordinaire à laquelle la Providence le destinait. Ainsi, par exemple, lors du mariage de M. le duc d'Orléans et des fêtes qui l'accompagnèrent, on prèssait M. de Lamartine de se rendre à Versailles, où l'appelait une invitation royale, et il refusait
r»76 LES SALONS DE PARIS
en disant : « Non, je ne puis me compromettre avec les hommes de cette génération politique : j'appartiens évidemment à d'autres temps, à une France nouvelle que vos yeux n'entrevoient pas encore, mais que les miens ont déjà vue. Je veux me réserver tout entier pour elle! » — « En l'entendant parler ainsi, ajoutait M. Molé, je croyais à une hallucination de cet esprit supérieur ; et pourtant il avait raison. »
Hélas ! la France de 1848 a donné un rude démenti à ces espérances du poète qui ont été si près de devenir des réalités. Quelle mystérieuse énigme est-ce donc que la popularité, appât, trompeur après lequel tant de grands esprits ont voulu courir comme les voyageurs poursuivent ces feux blafards qui voltigent au-dessus des marais et ne guident que vers l'abîme?
J'ai rempli la tâche que je m'étais imposée : celle de reconstruire par le souvenir et la pensée une époque déjà lointaine. Si ce livre a un mérite, c'est celui de l'exactitude réaliste des tableaux. Parvenu au sommet de cette montagne de la vie dont les sentiers sont si rarement tapis-
SOIS LOUIS-PHILIPPE I". 5n
ses de (leurs, je me suis relourné avant de redescendre et j'ai jeté un regard sur l'horizon du passé. 11 y a une certaine jouissance mélancolique dans l'étude des choses que nous avons vues et qui ne sont plus; mon unique but était de faire partager cette sorte dejouissai.ee nu lecteur.
fin
— .- -Qi
État de la société parisienne après la Révolution de 1850. — Conséquences premières de h dispersion de la cour de Charles X. — Hiver de 1851. — Le salon de la Fayette. — Types et portraits. — La famille du général. — Ses amis ci clients. — Visiteurs étrangers. — Le général Pépé et si s déceptions. — Dom Pedro et dona Maria. — Démission du général la Fayette et solitude de son salon. — Le Palais-Royal. — Fèie donnée au roi de Naples, au mois de juin 1850. — Ma visite à M. de Salvandy en 18-Ui. — Curieuse cou ver.» a lion avec lui à propos de ce lte l 'é t c 1
Les réunions bourgeoises de 1851. — Lettre d'un ami à son ami. — Une soirée rue de Provence. — Les conversations de l'épo |iie. — Figures originales. — Jeunes filles et femmes mariées — Célibataires et maris. — Exposition de 1851. — Les tableaux de circonstances. — Les portraits. — Grande mêlée des célébrités du temps. — Réunion de chefs - «l'œuvre. —
Paul Delaroiho. — l.enpold IloljiM
t. — Horace Vernct. — Arv
Sehelter. — Le dudm de ce tcinp
s-la. — C;i 1 1 1 1 1 1 • ■ Roqueplan.
■ — Les sculpteurs. — Foyatier. —
Banian. — Antonin Mnvue.
— Visites du roi Louis-Philippe
à l'Exposition ">
Le parti légitimiste et les châteaux.
— Mazarinades du temps. —
Pèlerinage des fidèles en Ecosse.
— La cour d'Holy-Rood. —
Existence de la famille exilée. -
- Correspondances et offres
singulières. — Intrigues. — Opinions personnelles de Char-
les X et de la Dauphiue. — La
duchesse de Berry. — Son
courage aventureux. — Mission (
le M. de Blacas. — La du-
rhesse :'i R:i1h rt ;'i Londres.
L'Abbayc-aux-Bois. — £a fondation. — Ses vicissitudes — L'abbé Maury. — Un bon mot de madame de Brancas, duchesse de Céreste. — Madame Récamier. — Son salon. — MM. de Chateaubriand, de Lamariine, Balzac, Villemain, Ampère, Ballanche, Brifiault, Lebrun, de Kêratry. — Groupe d'écrivains, d'hommes politiques et de journalistes du temps. ... Kl
L'Opéra, terrain neutre pour tous les partis. — Sa prospérité de 1832 à 1830. — Opinion de Salnt-Évremond sur 1 Opéra. — Le passé de l'Opéra en France. — Son histoire. — L'Opéra sous Louis XIV, sous Louis XV, sous la République. l'Empire et la Restauration. — Grands artistes de toutes les époques. — L'Académie royale de musique sous Louis-Philippe — Mot du duc de Choiseuil. — Le Théâtre-Français. — Les petits théâ tres. — Leur vogue. — La jeunesse élégante. — Anecdotes sur le duc d'Orléans et le prince de Joinville Wï
La princesse Bcigiojoso. — Son étrange beauté. — Son salon.
— Singularités d'ameublement. — Son entourage littéraire et artistique. — Le prince Belgiojoso. — Les sœurs do la prin cesse. — Sa fille d'adoption. — M. Mignet. — Alfred de Musset. — Son portrait. — Sa liaison avec le prince. — Ses lia bitudes, ses goûts; son frère Paul. — Concerts et petits bals.
— La valse à deux temps et les valseuses. — Départ de la princesse. — Ses actes pendant les événements d'Italie de 1818 et 1819. — Son voyage en Orient. — Réceptions diplo matiques sous Louis-Philippe. — Le duc de Serra Capriola, ambassadeur de Naples. — Lord et lady Grandville. — Les raouts de l'ambassade d'Angleterre. — Anniversaire de la naissance de la reine Victoria. — Le comte et la comtesse Appony. — Fêtes à l'ambassade d'Autriche. — Les déjeuners dansants. — Leur élégance. — Individualités du grand monde 111
Le carnaval parisien sons Louis-Philippe. — Les boulevards pendant les jours gras. — Les promeneurs en voiture et les promeneurs à pied. — Les élégants travestis. — la plnu» de b on bon s . — L es fanfare s d u caf é d e Paris et de Tor toni. — Lord Seymour. — Sa popularité. — Le bal de l'Opéra. — Les tombolas. — Le bal des Variétés. — La loule. — Les costumes. — Les danses. — Aspect étrange de ce bal. — Les liais de l'Opéra-Comique, du Palais-Royal, du théâtre Ventadour. de l'Odéon, de la Porte-Saint-Martin, de l'Ambigu, du Cirque. — Les Champs-Élysées d'hiver. — Les bals de l'hôtel Latlitte. — M. Masson de Puitneuf. — Le carnaval à tous les étages de la société. — Quelques viveurs de ce temps. — M. Romieu. 151
Mi TABLE DES MATIÈIIES.
vin
La cour <ie Louis-Philippe a» Palais-Royal et aux Tuileries. — * Sa maison et celle de la Reine. — Ses habitudes quotidiennes.
— Sa famille. — Le Prince royal et le duc de Nemours. — Leur éducation et leurs premières armes. — Le prince de Joinville et le duc d'Aumale. — Entourage du Roi. — Le premier ministère après 1830. — Grandes individualités politiques du temps. — L'intimité des Tuileries. — Apparences extérieures. — Les équipages. — Le char-à-banes de famille. — Anecdote. — Don Carlos et Louis-Philippe. — Simplicité élégante de la cour des Tuileries. — Les grands bals. — Les petits bals de la Reine. — Les concerts. — Aspect général. — Les toilettes des femmes. — Les costumes des hommes. — Le corps diplomatique — Voyage du duc d'Orléans et du duc de Nemours à Berlin et à Vienne. — Mariage du Prince royal.
— Maison de madame la duchesse d'Orléans. — Fêtes du mariage. — Inauguration du musée historique de Versailles
— Détails. — Victor Hugo et Eugène Sue m
Solennités légitimistes. — Pèlerinage en Bohême. — Déclaration de la majorité de M. le duc de Bordeaux. — Difficultés préliminaires. — Réception de la députa lion royal sic au château de Buschtierad.— Discours. — Banquet à Prague. — Bals ' organisés à Paris en faveur des pensionnaires de l'ancienne liste civile de Charles X. — Matinées de Tivoli. — Notabilités politiques et littéraires du parti légitimiste. — MM. Berryer, de Fitz-James, de Dreux-Brezé, de Conny, de Rességuier, de Calvimont, de Boauchène, Walsh. — Quelques mots sur la personne et les productions du vicomte d'Arlincourt.— Souvenirs du château de Saint-Paër. — Les fonctionnaires du gouvernement au bal de la liste civile. — Le comte de Ram-
hutean, son administration et sa popularité, — Les courses de chevaux sons le règne de Louis-Philippe. — Courses du champ de Mars. — Aspect. — Chevaux et coureurs. — Steeple choses de la croix de Berny — Courses de Chantilly. — Le Jockeys club. — La pelouse. — Les soirées de Chantilly. — Élégants et élégantes du Turf. — Les lurettes de ce temps-là. — Ce qui est de tous les temps. — Un dialogue de Clément Marot 2-29
Les salons ministériels et officiels. — Les salons politiques. — Le député à Paris. — Les deux Chambres. — Les grandes séances à la Chambre des députés. — Les orateurs. — Le publie
— Salon du président de la Chambre. — M. Sauzet. — Le ministère de l'Intérieur. — M. et madame Duchàtel. — Le mi nistère des affaires étrangères. — M. Gui/ot. — Inconvénient des ministères qui durent trop longtemps dans un gouverne ment parlement;. ire. — Le salon du comte Molé. — Affection du duc d'Orléans pour le comte Molé. — Le château de Champlâtrcux. — Visite de Louis-Philippe à Champlàtreux. — Le prince de Tallcyrand. — Sa vie à Valençay. — La princesse Poniatowska. — La duchesse de Dino. — Dernières années du prince de Tallcyrand. — Sa dernière apparition à l'Académie des sciences morales et politiques. — Texte curieux de sa rétractation religieuse. — Le roi Louis-Philippe le visite à son lit de mort. — Salon du Luxembourg. — Le duc Dccazes grand référendaire de la Chambre des pairs. — La duchesse.
— Portrait du duc Decazes. — Sa mission extraordinaire en Danemark en 1846. — Le duc de Gluksbicrg. — Le salon de M. Thicrs. — Son entourage. — Ses habitudes. — Les femmes iw)litiques. — La princesse de Liéven. — Madame de Huinford.
— Les entresols politiques 257
DOgU
Salons littéraires. — Soirées du comte Jules de Rességuier. — Sa famille. MM. Emile et Antoni Deschamps, Jules de Saint-Félix, de Beauchène. — Les vers de Jules de Rességuier. — Salon de Madame d'Arbouville. — Ses œuvres. — Sa mort prématurée. — Ses amis littéraires et politiques. — Salous particuliers du petit et du grand faubourg Saint-Germain. — La Chaussée-d'Antin. — Individualités. — La comtesse Samoylolf. — L'hôtel de M. de Rothschild. — Le théâtre du comte Jules de Castcllaue — Les pièces et les acteurs. — Premiers grondements de l'orage de 1 8 48. — Le dernier bal sous Louis- Philippe. — Le prince de Ligne, ambassadeur de Belgique 313
Les avrnt-coureurs du 24 février. — La soirée du 22 et la journée du 23. — La crise. — Le cabinet de M. Guizot après la révolution. — Arrivée de M. de Lamartine au ministrie des Affaires étrangères. — Son attitude et ses paroles. — M. Bastide. — Le premier salon ouvert après la révolution de Février. — Soirée de M. Emile deGirardin — Détails. — Li société parisienne après la Révolution de 1848. — Le salon de M. de Lamartine aux Affaires étrangères. — Réflexions philosophiques. — Conclusion 343
IAI;l>. - IM il MON IUÇO.1 fcf QOtï, Mit UtlUt'IltlI. j.
uiginze