‹ Les saltimbanquesChapitre 12 sur 16 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

mortes du choléra dans des souffrances horribles; Mosco n’avait été que faiblement atteint, mais sa santé ne s’était jamais remise et ne lui avait plus permis de travailler. Alors Antonio, qui seul avait été épargné, s était dévoué pour procurer un peu d’argent à son père, dans l’espoir de lui permettre ainsi de reprendre des forces par une nourriture substantielle; le brave garçon, qui était devenu un excellent gymnaste, avait contracté un engagement dans une troupe qui se rendait en Amérique, et avait remis à son père la somme qu’il s’était fait payer d’avance; mais son sacrifice avait été inutile, car Mosco ne s’était pas trouvé mieux après avoir dépensé cet argent. Malade et sans ressources, il s’était vu réduit à tendre la main pour arriver jusqu’à Hermine, qu’il voulait revoir avant sa mort, dont l’approche ne l’effrayait pas d’ailleurs : elle se montrait à lui, au contraire, comme la délivrance de ses misères.

Hermine n’avait pu entendre ce triste récit, ni voir mourir le pauvre Mosco, sans ressentir une grande tristesse, qui avait assombri pendant quelque temps son existence et celle de sa famille. Mais les préparatifs de son prochain mariage vinrent heureusement la distraire, et ne tardèrent pas à ramener la joie dans son cœur, en lui faisant entrevoir le bonheur qui l’atten-

dait jusqu’à la fin de scs jours. Sylvain, lui aussi, ne pouvait manquer d’etre heureux, car dans cette excellente famille on n’ambitionnait que les satisfactions amenées naturellement par le travail et la bonne conduite.

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