‹ Les samedis littérairesChapitre 6 sur 24 · PRÉFACE - XVI · texte numérisé non relu

PRÉFACE - XVI

M. Paul Ballagujr consentît à ne pas trop la mépriser, M. Paul Ballagujy possède ce don qui fait excuser — et regretter — tous les défauts : r animation de la çie. H raconte avec audace les aventures, trop peu s^raisemblableSy d'un Jeune élèçe des Jésuites qui devient apôtre socialiste, tue une fille publique pour la çoler et nourrir sa mère açec « V argent du crime 3>, va se cacher chez son ancien professeur jésuite, lui fait l'aveu de son meurtre, obtient de lui immédiatement r asile et Valibi nécessaires, plus une place de secrétaire chez un gentilhomme hobereau et viticulteur, devient Vantant de la comtesse, bientôt l'associé du père de la comtesse, et finalement, du moins nous l'espérons, épousera après divorce celle qu'il aime et dont il a déjà un enfant adultérin mais pater is

M. Ballaguy raconte ces histoires avec une dangereuse abondance; son style est vicié par toutes sortes d'expressions vulgaires comme celles-ci : « Cette pensée allumait une joie malicieuse dans ses jy eux. — Les calomnies dont ils nous abreuvent. — Quand Vintérêt, V existence même de la religion ^ont en jeu. — Je les ai entraînés dans V engrenage redoutable du raisonnement. — Mù d'un généreux élan pour la cause des classes déshéritées. — Tel cafetier où ils allaient lire les journaux... » Mais à peine remarquons-nous toutes ces taches. Pourquoi? D'abord parce que M. Ballaguy sait écrire tous les styles, j^ entends tous les mauvais styles, les plus convenables à ceux qui les emploient : le style jésuite, le style socialiste, et que cette variété même distrait notre attention ; ensuite parce que le style même de Paul Ballaguy,

Page 1