‹ Les sanctions de l'arbitrage internationalChapitre 2 sur 96 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

C« livre est une bonne action ; œuvre de foi, d enidilion et de prévoyante raison, il ne nous ouvre pas seulement les horizons dii progrès, il nous en rapproflic, Animé d'un esprit fenme el mesuré, érril dans un style facile, les lecteurs lui rendront ju^^lire : ils le distingueront des fanfaronnades senlimen'lales qui font lanl de tort à la noble cause de la paix ; car il y a des Tadarins de la Paix, tout aussi éloignés du simple bon sens que les Tarl-arins de la Guerre, ou que la cai'icature de la vérité.

M. Jacques Dumas ne nous a[^|>orle i>as de slériles doléances: û entend contribuer utilement à fonder la science nouvelle qu'étudieront les générations de demain cl qui n'était hier qu'un rêve : l'organisation de la paix. Il ne [)erd pas son temps à vouloir apiloyer les piei'res ou les îJceptiques : il se détend même d elre un philanthrope. La partie historique de son livre résume avec nellelé lefforl, instinctif ou raisonné, mais continuel de l'humanifé pour atteindre un progrès tl'aulant plus combattu qu'il doit être général ; elle nous montre le petit nombre d'hommes isolés qui on] osé, de siècle en .siècle, prédire la victoire finale de ce progrès général contre la résistance et les attaques de quelques inlérêts particuliers. Rien n'est plus significatif que de voir aujourd'hui ces quelques intérêts réduits won pas au silence ou à l'impuissance, mais à de

juisements, soi-disanl palrioUques. Rien ;ourageanl que Je voir des aspirations ex-

généreuses el ^ages.(Ie\enir des idées coiiidées se changer elles-mêmes en faits, en ilériels intonlestables ; entrer scientifiquerimenlalement dans nos mœurs, 'ni mainicnani les obslacles el les lailleiies

surmonler? Qu'imporle d'entendre i-épéler

la paix est le lève des bonnes Ames, quand 7uelle est bien <lavanlage encore ie rêve des

«■ommerçanl-;, de lous les liomme!> labo- >ns les autres bavarder.

tion de la paix internationale ne pouvait

rester rliimériquc, du moment que la rivtli-

eloppe : l'élude d'un problême si imjwrtanl

état ne pouvail être plus longtemps négligée

: quelle élail trop vasit'. aujourd'hui que les

paraissent.

tion de la paix s'impose normalement

onséquen^e du rap|H'orhemenl matériel en-

es, comme une application des découverlas

ps.

qu'on en dise, elle a trouvé sa forme em-

ans les convenlions de La Haye.

le nos ronceplions étroites ! I,es conventions

ne sont qu'un premier es.«ai de réalisation

idiqne el politique, des rerberchcs des phi-

ite la rivilisation,sans distinction d'origine.

puis des siècles l'élaboration de ces conven-

I se moque, alors qu'eHes sont une première

PRÉFACB IX

déclaration du droit des peuples. Quand la délégation française a proposé d'inscrire dans ces conventions l'article 27, et dans cet article si vivement dis<nité, un mot nouveau, entièrement nouveau dans le langage inlernalional, le mot dévoua que s'est-il i)assé? Les délégués français, et avec eux les représenlanls du monde entier, ont réalisé le rêve de Kant. Des b'rancais ont donné à la pensée allemande sa consécration : et i)ourtant un tel signe de solidarité est passé presque inaperçu

Cas conventions, ces arli<*les, ces mots, soni, en effet, restés tout d'abord lettre morte : on ne iomprenait j)as que c'était beaucoup déjà d'avoir créé un organe de la justice internationale, une cour permanenle d'arbitrage, et en même temps une proœdui'e.

I^ bon sens a fini par triompher de l'ignorance et des railleries. L'effort de la pensée allemamie, de l'action française fortifiée [>ar les sympathies de l'Angleterre, de rilalie et de tant d'autres pays, a trouvé un nouvel appui. Où donc? Eu Europe? Non, aux Etats-Unis. Par indifférence ou calcul, le« principaux gouvernement.s européens laissaient mourir d'inanilion la Cour de La Haye ; lui refusant les moyens d'agir, ils la déclaraient inutile. Le Président des Etats-Unis trouva plu-s sage de lui donner les moyens de vivre et de faii-e ses preuves d'abord, n avant de la condamner. Ce sera l'honneur de son pays et de son nom, et c'est ce qui explicpie qu'il ait accepté la dédicace de cet ouvrage, car il est devenu l'un des collaborateurs les plus actifs de l'organisation de la i>aix.

Les sceptiques se plaisent à relever des contradictions dans la conduite ou le langage de ce chef d'Etat. Ses initiatives nombreuses sont pourtant bien coordonnées ; elles n'ont toutes qu'une seule et même souice, le dévoue-

l'attachemenl pa:?5ioniié à son devoir, non pas à levoir de président seulement, mais à son devoir une.

nous o|>pose son mépris pour les êtres mous, au lasque; nous les méprisons comme lui, et nous pen- [jue le lype flasque est celui qui accepte toutes les icrt, toute» les conventions, luulcs les injusliccs et imais ne trouve en lui le courage de protester et iver,

nous oppose son méprl»* pour les nation.-; qui .«'amnenl, et nous parlageon;; ce mépris, mais nous ns qu'une nation s'abandonne quami elle suit aveunl les courants de la violence, et que celte nation mtraire se relève, granilit au-dessus des autjes, I elle préconise le rcspe<'l du droif . ICsI-ce don<- s'af- • que de donner cet. exemple ; n'csi-ce pus. au con- , .se mieux préparer aujc verlus néccs<aireâ |>our ^re, le (^as écliéant, son propi'e di\>it ?

reproche aux Etats-l'nis el è leur Président de sui-

mouvement croissant des dépenses militaires nadont l'impulsion a été donnée pai' l'Furope : leur Jcnl ne se flatte pas i>lus que nou.s-mèmes de supr la guerre, et [par conséquent il s'y pré^iare, le nous-mêmes : cl <x>mmenl s'en élonnei- <|uaml on Angleterre, la France, I '.Allemagne, la Russie, et à xempic le Japon, sans compter les autres pays, dér des milliards pour construii^ des cuirassés à la (lonstrueux el épiiémères? S'est-on demandé dans : mesure l'Europe est responsable de ces arme-

des peuples d'oulre-mer, armcmenis qu'elle invdujourd'liui pour augmenter encore les siens et les er jusqu'à la ruine ?

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