‹ Les sanctions de l'arbitrage internationalChapitre 3 sur 96 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

Le président Roosevelt, en tout cas, ne supprimera pas la guerre à lui tout seul ; et ce n'est pas la guerre qu'il faut chercher à supprimer, ce sont les causes de la guerre, comme on cherche à suppi'imer les causes de la fièvre pour avoir raison de la fièvre elle-même. N'esl-ce pas ce que le président Roosevelt a fait, peul-ètre mieux que personne? On devrait donc louer .son action, précisément parce qu'elle est limitée et mélhotlique, au lieu cfe la critiquer.

L'opinion ne «'y trompe i)as ; sa réélection et sa popularité solide en sont les preuves.

Les hommes d'initiative sont d'ordinaire moins bien récompensés et moins soutenus que lui. Sa proposition en faveur d'une nouvelle conférence de La Haye constitue une nouvelle élajKî. Elle a été enterrée, il est vrai, mais nous la verrons surgir à nouveau avec un programme qui se précisera de lui-même et comj>orlera 1 élude actuelle par excellence, l'élude urgente, inévitable de la limitation générale des dépenses navales.

C'est l'étape de demain. Ensuite, d'autres étapes apparaissent déjà plus ou moins prochaines, et tout naturellement celle des sanclions de Tarbitrage.

Autre signe de progrès : tout résultat obtenu est un point de départ, en même temps qu'un point d'arrivée. fl

Un autre Américain, Andrew Carnegie, a fait beaucoup, lui aussi, pour la réhabilitation de la Cour de La Haye, en la dotant, en lui faisant construire un palais. Pauvre, on en riait ; riche, on la saluera profondément.

Mais déjà ce n'est plus assez : quelles seront les sanctions de ces sentences arbitrales qui vont se multiplier d'année en année? Est-il possible de concevoir que leur

lion diépendra uniqiieiiienl du bon plaisir des

par-

i, el pendant Itmgtemp-s telle csl mon ojiinion perlle ; il est inexact poiirlani de dire que l'arbitrage lational, même à l'heure actuelle el à plus forte raiour l'avenir, est dépourvu de loiite sanclion. compic sans la fon-e de l'opinion.

c'est l'opinion qui a poussé les gouvernements à 1er l'ai'bitrage comme une ressource ; c'est l'opiijui les obligera à exécuter les sentences arbitrales anémenl provoquées par eux.

si de plus en plus difficile à un gouvernement, même rehique ef autocratique, de se metireen opposition l'opinion. Voyez la Russie : les conséqucm-^s inlé- ;b d'une guenre impopulaire seront pcut-èlre plus s que les conséquences cxtéi-ieures. Cela donne à I'. Oui don^' peut se ilatler de prévoir toutes les i-êssions d'une guerre? Qui dom: garantira que les âges de celle guerre compenseront ses risques 1 mpereur d'AJIemagne lui-même oserait-il se lancer un conflit armé qui poun'ait durer seulement six

ruinei' le commerce, déchaîner la ccJère du i>eui révolte, la révolution peut-êtire ?

est la sanclion de l'arbitrage. On fera difficilement ter une guerre à des popoilations qui auraient acde se soumettre à des arbitres, gouvernement y regardera à deux fois avant de se e moralement hors la loi inici'nationale. Rien ne êche, en droit, de braver cette loi. mais en fait, il ra pas ; il ouvrirait les hostilités dans des condimorales trop défa\-orables. I.e sultan de Constane lui-même est obligé de compler avec le fanatisme

ou les prolestations de ses siijels. Déjà il sei guerre émigré d"Earo|ie, en quelque sorte; e! acceptable qu'à la coiMiition ilêli-e 1res 1 d'échapper pour ainsi dire à noti'o vue: elle n' moins déplorable, mais elle perd du terraîr i|ue les EtaLs civilisés la rei>oussenl do leurs ce qui est un commencement de i>rogrès.

En résumé, la prin^ripale sanction de l'arl la ci'ainte de se coniiM-omefire en i-etiisanl ri sentence. Mais il est clair ipiil faut piévoir |) ries sanctions plus positives. Il est puéril tie mettre que des accords soient pos.-ibles ))Our ces sanction*, pui.sque nous avons vu se \nxn cinq ou six ans seulemeni bien d'aulres acct laissaient plus improbables les uns que les peut même soutenir que U-s picmiers accoi-d beaucoup plus ditliciles à i-onchirc (pic les su, une question d'enlrainemenl el d'éducalion < .\ujoiird'hui l'opinion favorise les solutions sait auparavant jMjur empêcher, mais qu'en r avait toujours représentées comme inadmi,ss

L'organisation de la paix se dévèlo|>pera ment el pour aia^i dire sans cpte l'on y prenrit accords spéciaux commemeront par devenir plus nombrenx ; les [►euples s'associeront auj lement qu'ils restaient jadis isolés.

Quand ces accoi-ds dcvienilronl 1res non oi-ganJsalion comjnime sera nécessaire avec nel el un budget communs pour assiirej- leur

Ainsi, prc^jressivemenl pn'^pai'ée, Ja fé<léi péenne sera réclamée j)ar tous les pays i finira par se faire : et une fois faite, («tte té<

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