‹ Les sarcodinés des Grands LacsChapitre 10 sur 13 · CD · texte numérisé non relu

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Lacs étrangers a la Suisse.

Les indications deviennent ici extrêmement rares; les naturalistes semblent, un peu partout, s'être donné le mot pour négliger les organismes des profondeurs, ou en tout cas les protozoaires. Tout au plus puis-je consacrer quelques lignes, d'abord au lac Ladoga, puis au Loch Ness en Ecosse.

M. Skorikoff, de l'Académie des Sciences de St-Pétersbourg, a bien voulu me remettre quelques tubes dont le contenu provenait des profondeurs du Ladoga; mais tout ce que j'ai pu y découvrir, en fait de rhizopodes, a été :

Trinema enchelys, très petite forme, 1 coquille vide. Difflugia pyriformis, très petite forme, 2 coquilles vides.

» lucida, 1 coquille.

» constricta, très petite, 1 coquille. ? » hydrostatica, 1 coquille.

C'est là bien peu de chose ; mais d'après moi, les récoltes de M. Skorikoff n'étaient pas de nature à nous donner une idée exacte delà faune profonde du Ladoga; elles ne renfermaient pas de limon véritable ni de pierres ; tout n'était que particules infiniment petites d'origine végétale'. Peut-être l'appareil n'avait-il fait que passer au-dessus du fond sans le toucher, et n'avait-il recueilli que les particules les plus fines, soulevées au passage du poids qui sans doute traînait dans la vase en avant du filet.

Quant au Loch Ness, il a fourni des résultats déjà bien plus

* On y rencontrait cependant en grand nombre les carapaces vides d'un tintinnoïde, Codonella ou Tintinnopsis.

significatifs. ^I. Scolrfield a eu Tobligeance de m'adresser plusieurs flacons renfermant du détritus rapporté de différentes profondeurs, variant de 272 à 680 pieds anglais. Ce détritus, surtout entre 300 et 400 pieds, s'est montré riche en Sarcodinés; mais, d'une manière générale, c'était là la faune des plaines, et avant tout celle des tourbières. Le Loch Ness, il faut le dire, n'est sans doute pas le mieux choisi des lacs d'Ecosse pour les éludes comparatives c{ui nous occupent ici : il est à la vérité très profond, mais en même temps c'est, plutôt qu'un lac, un canal, une fissure géologique que remplit la rivière Ness. Celte dernière, comme également sans doule nombre de petits ruisseaux, déverse continuellement dans le lac des débris provenant de la plaine, et en fait le résidu des flacons était composé en partie de fragments minéraux, en partie de débris végétaux, où l'on reconnaissait souvent les feuilles des mousses et des sphagnum. Cependant, parmi ces espèces de plaine, on en voyait d'autres qui semblaient bien appartenir au lac lui-même, et c'étaient alors les suivantes :

Difflugia acuminata var. inflata.

» pyriformis var. lacustris.

» curvivaulis.

Ponligidasia bigibbosa.

Nebcla vilrxa.

Cyphoderia ampulla.

» » var. major P

Campascus niinuttis.

Paulinella chromatophora.

P se H do difflugia horrida.

Raphidiophrys pa llida.

Sphœrastrtim Fockei.

De ces 12 Sarcodinés, il en est 6 au moins (je néglige Difflugia curvicaulis comme peu significative) qui font partie de notre tableau des formes caractéristiques des lacs suisses. On remarquera également la présence de la Cyphoderia ampulla, toujours si commune dans les lacs; dans le Loch Ness, cette

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espèce, abondamment représentée, revêtait des formas diverses; on y reconnaissait, très rarement, une forme que Ton pouvait rapprocher de la var. major, mais beaucoup plus petite que dans le Léman. La Nebela vitrsea était de faible taille également, et se montrait en compagnie de la Nebela crenulata descendue des tourbières avoisinantes, dont on avait alors parfois quelque peine à la distinguer. Les autres formes caractéristiques, Difflugia acuminata var. iuflata, Diff. pyriformis var. laciistris, Pontigulasia bigibbosa, restaient également toutes inférieures en volume à leurs congénères du Léman.

Les résultats fournis parle Loch Ness sont encore insuffisants pour éclairer la question de la genèse des formes lacustres; la plupart des espèces caractéristiques, et surtout les plus typiques, ont absolument fait défaut. Ces résultats donnent cependant, il me semble, quelque probabilité à Thypothèse qui voudrait que cette faune caractéristique fût commune à tous les grands lacs profonds en général. Quoi qu'il en soit, la lumière est loin d'être faite; mais TEcosse a bien d'autres lac^s; l'étude en est actuellement entreprise, poursuivie d'une manière systématique, et nous pouvons être assurés que les travaux du Lake Siirvey, dirigés par Sir John Murray et conduits par tout un état-major de naturalistes distingués, nous apporteront des renseignements précieux. Peu à peu suivront d'autres lacs, ceux de Suède et de Norwège, de Finlande, de Russie, des Etats- Unis, et peut-être alors ce petit volume vient-il à son heure pour fournir aujourd'hui déjà quelques indications de nature à encourager les recherches.

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