CAHORS
De Fontenilles, Bulletin monumental, 1879, p. 563. — (Ma planche XXI, fig. 1, 2, 3.)
Les papiers de M. de Besombes de Saint-Geniès, mort en 1783, ont fourni la mention de deux sarcophages déposés, de son temps, dans une chapelle du cloître de la cathédrale de Cahors. Du premier de ces marbres, qui a disparu depuis, M. de Besombes nous a gardé un dessin très informe qu'accompagne une notice. Ce dessin, reproduisant le sarcophage et son couvercle, en donne, sur un même plan, la face principale et les petits côtés. Au milieu du couvercle se détache, suivant l'ordinaire, un cartouche sans inscription, qu'accostent deux génies ailés; ses faces latérales, semblables par leur coupe à celle du couvercle d’une tombe de Toulouse *, offrent chacune l'image d’un dauphin dévorant une proie; le même motif, purement ornemental, se rencontre fréquemment de
Le bas-relief, très ruiné, portait de ces scènes rustiques et de vendanges qu’affec-
* Un squelette la face contre terre a été également (Archéologie, 1853, t. IV, p. 41), avec un bois repro-
trouvé près de Bayeux. (Mémoires de la Société des anti- duisant le bas-relief cité. quaires de POuest, t. Il, p. 195.) 5 Planche XXXVIT. © Bulletin du Comité historique des arts et monuments * Cf. ci-dessus n° 52.
1" AQUITAINE,. 71 tionnaient les premiers fidèles et dont les semblables figuraient sans doute sur le couvercle. Le petit côté de gauche représente Adam et Eve avec l'arbre et le serpent; le côté droit, un berger gardant son troupeau. La fracture profonde de la face est l'œuvre des calvinistes. Ce sarcophage était encastré dans le pilier qui sépare l’abside de la nef, du côté de l'évangile. «On n'en voyait, écrit Besombes, que le devant, c'est-à-dire la longue face chargée de reliefs, à l'époque de la prise de Caors par les huguenots, en 1580. Le corps du tombeau et les deux bouts, qui sont aussi ornés de bas-reliefs, étaient cachés dans le mur du pilier, de sorte que, dans le pillage de l'église, au lieu de l'ouvrir en fouillant le mur et en levant le couvercle, on prit le parti d'employer le fer pour le sonder, soit qu'on imaginât y trouver des trésors ou des reliques.»
Bulletin monumental, 1868, p.140. —De Laurière, tbid.,1876, p. 59. — De Fontenilles,tbid., p. 56.
— Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 118 et pl. CGCLXXX, n° 2. — (Ma planche XX. fig. 1.)
Le second des sarcophages décrits par M. de Besombes a, selon la tradition, reçu les restes de saint Desiderius, évêque de Cahors au vn° siècle, dont l'histoire est venue jusqu'à nous’. Il se trouvait autrefois à la cathédrale dans la chapelle de Saint-Sauveur, et était élevé sur quatre pilastres de pierre. Les calvinistes, en l’ouvrant, brisèrent le côté gauche de son couvercle sculpté, brülèrent les ossements qu'il contenait et en jetèrent les cendres. On releva ensuite la tombe, qui, plus tard, reléguée dans une arrière-sacristie, fut ensuite ramenée dans une chapelle du cloitre, où elle resta jusqu'à la Révolution. C’est dans la commune de Lalbenque. arrondissement de Cahors, qu'on a retrouvé ce sarcophage, aujourd'hui transporté à Saint-Pétersbourg avec la riche collection formée par M. Basilewsky ?.
Le couvercle, qui n'existe plus et que M. de Besombes entreprend de décrire sans rien comprendre à ses bas-reliefs, portait, au milieu, le buste d’un personnage tenant le volumen et se détachant sur une draperie que soutenaient deux génies ailés. A gauche, se voyait un tribunal et tout auprès une femme debout tenant également le volumen. Était-ce une représentation du jugement des accusateurs de Suzanne? À droite devait se trouver, d'après les indications de la même notice, la comparution du Seigneur devant Pilate.
Les figures sculptées sur la cuve se rapportent parfaitement, en ce qui touche leur nombre, à la description de M. de Besombes. La première scène nous montre
* Labbe, Nova bibliotheca manuscriptorum librorum, 1. L, pe 699. — * Bulletin de la Société des études littéraires et scientifiques du Lot, t. I, p. 34, 35.
Lazare debout dans une édicule dont le fronton se termine, comme tant de couvercles de sarcophages, par deux masques de théâtre. Une image chère aux chrétiens, celle du berger appuyé sur son bâton’, se détache sur la base du petit monument. Le Christ, figuré sans baguette, contrairement au type adopté par les représentations de l'espèce, lève la main droile en se tournant vers une femme inclinée qu'un apôtre lui présente. Viennent ensuile la guérison d'un aveugle, une orante debout entre deux bienheureux, puis, comme on le trouve si souvent ailleurs, l'arrestation par des.Juifs du personnage que l'on revoit plus loin frappant le rocher.
Ce marbre, de beaucoup antérieur à la mort de saint Desiderius, est du v° siècle et n'a rien de commun avec le type particulier à la région Sud-Ouest de notre sol.