TOULOUSE
Dom Vaissele, Histoire de Languedoc, t. Il, p. 173; même Histoire, édition de Du Mège,t. IT, p. 145 et Additions, p. 29. — Du Mège, Archéologie pyrénéenne, atlas des prolégomènes, pl. XLIX. — HMonographie de l'insigne basilique de Saint-Saturnin, p. 91 (1854, in-18). — Garrucci, Storia dell arte cristiana, 1. V, p. 64, tav. COCXXXIX, n° 1-h. — (Ma planche XXXVIT, 1, 2, 3.)
«Messieurs les chanoynes de Saint-Sernin, voyant que un des illustres monuments de l'antiquité, la chapelle où plusieurs de nos Comtes sont ensevelis, qui se tient à la muraille de l'église devant lhospital Saint-Jacques, s'en alloit perdre... priérent Messieurs les Capitouls de l'empêcher, en réparant la chapelle et en la fermant avec des grilles de fer, lesquels entreprindrent gayement cet ouvrage religieux, qu'ils avoient proposé au Conseil, el après ils y mirent les armes du Roy, de la ville et les leurs.»
Tel est le fait que constatent les Annales municipales de Toulouse '. Accomplie en 1648, l'opération préservatrice n'avait pas suffi, paraît-il, à dégager entièrement les célèbres tombeaux des Comtes, car une lettre conservée dans les papiers des Bénédictins constate l'état d'abandon où ils étaient encore en 1730. Cette lettre, adressée à dom Vaissete, est signée par M. Mariotte, greflier et secrétaire des États généraux de Provence?. «Mon Révérend Père, écrit-il, Jay fait dessiguer l'élévation de quatre tombeaux qui se voyent dans une chapelle abandonnée ou plustost un réduit sous une voûte contre la muraille hors l’église de Saint- Sernin; l'indication que vous aviez donnée de la page de l'Histoire de Gatel où il est parlé de Guillaume et Pons Taillefer, comtes de Toulouse, a servi à faire trouver sans peine ces monuments, dont il est aussi fait mention dans les Annales de la ville de Toulouze: il a fallu obtenir la permission de creuser et d'ôter les décombres qui cachoient une partie des colonnes et des bazes qui soutiennent ces sépuleres, et couvroient même les inscriptions qui servent à les reconnoître Ÿ, »
La chapelle dont parle ainsi Mariotte, et dont on trouvera l'image dans l'Histoire générale de Languedoc, est demeurée telle que dom Vaissete l'avait vue. À travers la grille qui la protège, on aperçoit deux sarcophages antiques qui occupent les deux côtés: l’un est orné de cannelures. Au fond en est un autre de petite dimension, que surmonte une grande euve de marbre portée sur des piliers; c’est dans cette dernière que reposaient les restes du comte Guillaume Taillefer, mort peu de temps après l’année 1037.
Sur le sarcophage même, dont la face principale rappelle celle d'une autre tombe
‘T. VIE, p. 103 (manuscrits de l'hôtel de ville). — * Histoire générale de Languedoc, t. 11, p. 173. — * Bibl. nat., dép. des manuscrits, collection de Languedoc, L. XXI, fol. 110.
de Toulouse !, sont figurés dans neuf compartiments le Christ et huit de ses apôtres. Les petits côtés de ce marbre, toujours demeurés, paraît-il, hors de la portée des visiteurs, sont, comme nous le voyons souvent pour ces sortes de bas-reliefs latéraux, d’une bonne conservation”; ils portent des sculptures que le savant M. Roschach a bien voulu dessiner pour mon recueil. À gauche est le buste du défunt dans un médaillon que soutiennent deux personnages vêtus du pallium, et au-dessus desquels sont les rideaux drapés qu'ont si souvent reproduits les sculpteurs de l'école aquitaine; nous trouvons à droite une édicule fermée, à porte battante, posée sur une base entre deux hommes dont l’un tient le volumen. Ge sujet, qui se montre une autre fois dans un sarcophage de Béziers, parait être la représentation du saint Sépulere entre les princes des apôtres.
On a placé sur cette tombe un couvercle d’un autre style et provenant d'un plus grand sarcophage. Des pilastres cannelés le divisent en trois compartiments; au milieu est le Seigneur, imberbe, à cheveux longs, debout entre quatre de ses disciples; à gauche, le miracle de Cana; en regard, la multiplication des pains; à chaque extrémité, un génie ailé, nu, tenant une torche renversée. Fréquemment reproduites par les artistes païens, ces sortes de figures funéraires n’appartiennent pas au canon ordinaire de la sculpture chrétienne; nous en avons pourtant, dans le sud-ouest de la Gaule, quelques exemples. Il s’agit ici, selon toute apparence, d’un vieux modèle d'atelier introduit, avec tant d'autres, comme un simple ornamentum, suivant l'expression de Tertullien*, dans la décoration des tombes des fidèles.
Comme la plupart des couvercles de style antique, celui dont je parle se compose d’une façade sculptée se dressant à angle droit sur le bord de la dalle qui ferme le tombeau. Ses deux côtés représentent, à la suite d’un pilastre plat, la palme, le monogramme du Christ et un dauphin.
Du Mège, Archéologie pyrénéenne, pl. LXV, n°% A et 5. — Monographie de l'insigne basilique de Saint-Saturnin, p. 98. — (Ma planche XXXVIIL, fig. 2.)
Deux morceaux de sarcophages de forme évasée. Ils sont encastrés dans le mur extérieur de la chapelle des Comtes; sur le premier est un chasseur attaquant un sanglier; au registre du bas, deux béliers se battant; à droite, un pilastre cannelé, derrière lequel on voit un berger appuyé sur son bâton.
Second fragment: trois chèvres et un chien, débris d’une des scènes pastorales
pr ca TE 1 CUT fréquemment représentées par es premiers chrétiens.
1 PI XLL —* PI LIV, LV, et ci-dessus, n° 8. — * Adversus Marcionem, lb. IL, c. xun.
= nf