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Du Mège, Description du musée de Toulouse, n° 435.—Nodier et Taylor, Voyages pittoresques dans l'ancienne France. Languedoc, t. 1, 1" part., pl. XXXI — Roschach, Musée de Toulouse, n° 705. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. N, p. 131, ettav. CCCLXXXVIT, n° 9. — (Ma planche XXXVIIL, fig. 1.)
Sarcophage de forme évasée, tiré du cimetière de Saint-Saturnin. Au centre, on voit un homme attaquant un sanglier dans un bois; le groupe est encadré par deux personnages d’une stature beaucoup plus haute, armés d'épieux, tenant chaeun un cheval et qui rappellent par leur attitude les Dioscures sculptés sur de nombreux bas-reliefs, parmi lesquels je compte un sarcophage chrétien d'Arles!. La place qu'occupent ici ces cavaliers, leur taille surhumaine, qui, dans l'art antique, caractérise la divinité, permettent de penser qu'il s'agit ici de Castor et Pollux, héros amis de la chasse au sanglier et qui y suivirent Méléagre, ainsi qu'en témoignent Apollodore, Ovide, Hygin et les peintures de deux vases célèbres”; j'ajoute qu'un fragment de candélabre du musée Chiaramonti nous montre, comme ici, les Dioscures à côté d'un chasseur de sanglier‘. Le sarcophage de Toulouse apporte donc une nouvelle preuve de Femploi fait à une basse époque d'anciens modèles conservés dans les ateliers de sculpture". En ce qui touche les deux héros protecteurs de Rome, notre marbre et le candélabre du musée Chiaramonti tendraient à prouver qu'à côté des autres caractères que leur attribuent les anciens”, ils étaient aussi considérés comme des divinités protectrices des chasseurs.
Des pampres ornent le sarcophage et son couvercle, dont la photographie me manque. Je reproduis ce dernier morceau d’après un dessin du P. Martin. Au
our : centre est le monopgramme du Christ inscrit dans une couronne que soutiennent
dans les airs deux génies nus et ailés, du type païen.
! Études sur les sarcophages d'Arles, p. 38. Voir à ce sujet le sentiment de M. de Witte, Bulletin de la Soc. des antiquaires de France, 1878, p. D2.
* Apollod., Biblioteca, 1. L, c. vnr, $ 23; Ovid., Metam., À. NUL, v. 372 et suiv.; Hygin., Fab., 17È le vase François et une coupe de Chiusi (Monumenti inediti dell Instit. archeol., t. IV, tav. LIV et LIX.)
* Museo Chiaramonti, éd. in-fol., €. L, tav. IX. Castor et Pollux sont habituellement représentés nus. On les
voit Loutefois vêtus sur une lampe publiée par M. Mau-
rice Albert (Le culte de Castor et Pollux en Ttalie, pl. IL, fig. 2), sur un miroir élrusque compris dans le recueil de Gerhard (Etruskische Spiegel. pl. CCLV A, fig. 1), qui croit lesreconnaître encore, habillés de même, sur toute une série d'objets semblables (pl. XLV-XLVIIT et p. 257). Voir en outre Collignon, Revue archéologique, juin 18841, pl. X.
* Introduction, $ 11.
5 Maurice Albert, Le culte de Castor et Pollux en Jialie, p. 31 et suiv.
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Du Mège, Description du musée de Toulouse, n° 439. — (Ma planche XXXVUT, fig. 3.)
Fragment de la face antérieure d’un tombeau de forme évasée, que des pilastres divisent en trois compartiments. Geux des extrémités étaient ornés de vignes et de raisins. Âu milieu, le sculpteur avait superposé deux sujets, dont un seul subsiste; il représente un pasteur debout, le coude appuyé sur un bâton, puis un enfant montant sur les reins d’un homme pour cueillir des olives. C'est une de ces scènes champêtres dont les tombeaux chrétiens et païens nous fournissent d'autres types. Cette sculpture, de style barbare, ne me parait pas antérieure à la fin du vr° siècle. Elle vient du cimetière de Saint-Saturnin.
Du Mèpe, Description du musée de Toulouse, n° à32.—Roschach, Musée de Toulouse, n° 507. —Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. N, p. 109, et tav. COGLXXIIT, n°1, 2, 3 1. — (Ma planche XIX, fig. 1, 9192)
Même provenance. Tombe de marbre à sept compartiments et de forme évasée. Au centre, le Christ debout, imberbe, tenant de la gauche le bas du volumen, sur lequel il appuie deux doigls de la main droite; de chaque côté du Seigneur, cinq apôtres. Sur l’une des faces latérales, un chasseur attaque un lion, auquel un homme placé plus loin lance une flèche. L'autre côté du tombeau porte un berger avec bâton et syrinx au milieu de son troupeau; un chien est dans le haut du cadre; au bas, deux béliers se battent à coups de tête.
Un sarcophage chrétien du vi siècle où se voit l'image des Dioscures vient de montrer une fois de plus l'usage fait des anciens types dans les ateliers du moyen âge; la figure du chasseur représenté sur notre marbre, ainsi que sur une tombe de Clermont?, nous en apporte une autre preuve; le pan de chlamyde qui flotte derrière lui et s’enlève, pour ainsi dire, en forme d’aile, accompagne de même les figures de Méléagre, dans les bas-reliefs païens représentant la chasse de Calydon *.
M. Du Mège constate qu'un couvercle à imbrications, autrefois posé sur ce sarcophage, appartient à un autre monument.
1 C'est avec quelque hésitation que j'indique le grand pas au musée de Toulouse. — * PI. XIX, n° 2. Voir recueil du R. P. Garrucci comme contenant ce monu- également, pl. XXI, n° 3, la figure du berger. ment. Telle qu’elle est donnée dans son dessin, où une * Millin, Galerie mythologique, pl. CI, n° 411 et femme occupe le centre du bas-relief, la tombe n'existe FER
Roschach, Musée de Toulouse, n° 706. — (Ma planche XL, fig. 2.)
Grand fragment de la partie antérieure d’une tombe provenant du cimetière de Saint-Sernin; passé dans la collection particulière de M. Du Mège, il a depuis été acquis pour le musée par le savant M. Roschach. J'y relève les sujets suivants :
1° Un personnage que la mutilation du marbre ne permet pas de reconnaitre; il tient un volumen;
2° Une femme en prière entre deux bienheureux ; 3° Le Christ multipliant les pains, placés dans des vases que tiennent deux apôtres ; 4° Guérison d’un aveugle ; 5° Moïse frappant le rocher.
De l'antiquité de l'église Nostre-Dame dite la Daurade à Tolose et autres antiquitez de la ville, illustrées de di-
verses observations et singularitez remarquables, par Jean de Chabanel, Tolosain. À Tolose, 1621, in-19,
p- 1. — Du Mège, Description, n° 430, et Biographie toulousaine, 1. Il, p.224, article Ranahilde. — Roschach, Musée de Toulouse, n° 700. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. NV, p. 199, ct
tav. COCLXXXV, 6. — (Ma planche XL, fig. 1.)
Couvercle de sarcophage venant de la Daurade. Il est évasé par le bas et coupé en sept compartiments :
1° Le miracle de Cana, que le Christ opère avec une baguette;
2° et 3° Personnages à palltum, tenant le volumen, insuffisamment caractérisés;
4° Le Christ, à cheveux courts, comme sur un autre marbre de Toulouse, ressuscite le fils de la veuve; celui-ci est ainsi qu'ailleurs, et contrairement à ce qu'on voit pour Lazare, couché dans un sarcophage !. Sa petite tombe, dont le couvercle est relevé, repose sur des colonnettes;
5° Deux apôtres dont le premier lève le bras en regardant le Christ;
6° La multiplication des pains, marqués, comme nous le voyons souvent, d'une incision en Croix”;
7° Deux personnages vêtus du pallium, dont l’un tient le volumen et parle.
Gomme plusieurs des monuments qui ont attiré l'attention de nos aïeux, celui-ci a été l’objet d’une explication singulière, dont Jean Ghabanel se fait l'écho. Dans son chapitre intitulé : De la Reine Rapnachilde, surnommée Pédauque, femme de Théo-
* Un bas-relief de Rome, qui porte à la fois les mode de représentation. Cf. Études sur les sarcophagres deux miracles (Garrucci, Storia dell arte cristiana, d'Arles, p. 1.
lav. CCCLX VIT, n° 1), accuse cette différence dans leur ? Ibid., p. 2
doric IE, le vieil auteur parle ainsi : Ce qui fait plus à considérer est un sépulchre de pierre que nous voyons en l'église de la Daurade, sur la petite porte de fer par laquelle on passe au cimetière des Gomtes, qui est vers Garonne, dans lequel sepulchre on tient que le corps de la Royne Pedauque repose, qui estoit sans doute la femme du jeune Theodoric, appelée de son droit nom Ragnachilde dans Sidonius et, par un soubriquet du vulgaire, la Royne Pedauque, comme qui diroit la Royne au pied d'oye, pour ce qu'elle avoit ordinairement les pieds dans l’eau comme les oysons, et prenoit plaisir à se baigner !.»
Cette attribution, acceptée par le populaire et dont plusieurs auteurs anciens nous parlent, se fondait sur la forme des rideaux qui encadrent le sujet central et dont la tête, rattachée par quatre points différents à des anuli velares ?, rappelle vaguement la patte palmée d’une oie.
Du Mège, Description, n° 498. — Roschach, Musée de Toulouse, n° 797 À. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 66 ,et tav. CCOXL, n° 3. — (Ma planche XLIT, fig. 1 et 2.)
Marbre autrefois placé dans l'encadrement de la porte à l'antique église de Saint- Michel-du-Touch. Le relief à peine détaché nous montre le Christ debout sous une arcade entre six apôtres. Le Seigneur et trois de ces derniers portent le volumen. Aux pieds du second personnage est le scrinium où les anciens serraient les manuserits *, Sur un des petits côtés, fort mutilé et qui subsiste seul, est une représenlation grossière du sacrifice d'Abraham.
Montégut, Mémoires de l'Académie de Toulouse, 1°° série, L. I, p. 89. — Du Mège, Desemiption, n° 429. — Roschach, Musée de Toulouse, n° 797 B. — (Ma planche XLI, fig. 1, 2, 3.)
Tombe de forme évasée, encastrée autrefois au-dessus de la porte de l’é Saint-Michel-du-Touch.
Sept compartiments que séparent des colonnes torses nous montrent autant de
glise de
personnages vêtus du pallium et dans lesquels on croyait reconnaître, au dernier siècle, les décurions de Toulouse. Au centre du bas-reliefse trouve le Christ, à cheveux courts, contrairement au vieux type de liconographie romaine; le Seigneur est debout et enseigne; il tient ce volumen de la loi où les païens voulaient voir un livre
? Voir entre autres, au sujet de la reine Pédauque et leurs ringles à la porte de plusieurs éolises de Rome.
de ses prétendues statues, l'Histoire de l’Académie des * Ce détail se trouve souvent dans les bas-reliefs des änscriptions, 1. XXITT, p. 227-235 , et Paulin Paris, Li païens, qui représentaient ainsi les hommes d'étude. CE. romans de Berte aus grans piés, introduction, p. n-1v. Plin., Epist., NV, v: «Visus est sibi per nocturnam quie-
* Plin., XI, 1, 18. Dans son livre De servis, p. 474, tem jacere in lectulo suo, in habitu studentis, habere
Pignorius parle de ces anneaux, encore en place sur ante se scrinium; ita solebat.»
magique |. Six apôtres l'entourent; près de lui et du premier d’entre eux est une cassette À manuscrits. Entre les frontons angulaires qui reposent sur les colonnes sont figurés des vases d’où s’échappent des rinceaux. Les deux côtés, de chacun desquels il n'existe plus qu'un fragment, portaient aussi des figures d’apôtres tenant, comme les autres, un livre saint.
Du Mège, Description du musée de Toulouse, n° L37. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 141, et tav. CCCXCVIT, n° 1.
Fragment de marbre au musée de Toulouse. Il avait autrefois été employé dans la construction de la tour des Franciscains ou Cordeliers de Valcabrère. Le basrelief représente les trois jeunes Hébreux dans la fournaise, qu'attise un bourreau. La prolongation des grands travaux entrepris au musée n'a pas permis de retrouver ë Ke je don e l'a fait le R. P. Garrucci, d’après lessin d ce morceau, que je donne, comme l'a fait le R. P. Garrucer, d'après un dessim du
R. P. Martin.
(Ma planche XL, fig. 3.)
Je place ici, sous toutes réserves, un fragment de tombeau dont le type principal se retrouve sur plusieurs marbres chrétiens et parait être du 1v° siècle. Un personnage clarissime, décoré de la læna et tenant un volumen, y est représenté avec sa femme, dans un cadre en forme de coquille. À droite et à gauche de ce sujet,
? Introduction, $ m1.
la tombe était ornée de strigiles. Sous l’imago clypeala, on voyait deux génies ailés faisant combattre des coqs, comme sur un sarcophage de Rome où figure en même temps l'entretien du Christ avec la Samaritaine !. C’est là un de ces types courants depuis des siècles dans les ateliers païens?, et que les fidèles reproduisaient comme tant d’autres de même origine.
Ce morceau, qui est antérieur aux tombes chrétiennes de Toulouse et d'un tout autre style, rappelle par sa facture les bas-reliefs arlésiens. Peut-être s'agit-il d'un marbre d'importation *.
Outre les pièces que je viens de décrire, j'ai relevé au musée de Toulouse dix tombes ou fragments provenant des mêmes lieux et aussi des cimetières de Terre- Cavade et de Saint-Sauveur. Ces marbres des temps mérovingiens, que je me borne à indiquer, sont ornés de pampres, de rinceaux, de chevrons opposés, de pilastres, et marqués du monogramme du Ghrist. Plusieurs ont été reproduits dans de bonnes lithographies par M. Du Mège*.
Ayant de passer à l’examen d’une autre série de monuments, je dois avertir le lecteur que l’on voit à Toulouse, dans les jardins d’un particulier, une tombe de marbre blanc chargée de symboles chrétiens. Autour du couvercle, orné d’imbrications, se déroule une légende tirée de la première épitre aux Thessaloniciens (1v, 14). Au centre figure un médaillon de forme ronde portant le monogramme cruciforme, autour duquel monte un serpent; ce chiffre est accosté de l'AU et de deux colombes; au bas, on litle mot SAUVS. Sur la cuve du tombeau sont représentés un même monogramme et les quatre symboles des évangélistes, l'ange, le lion, le taureau et l'aigle.
Cette sculpture est l’œuvre d'un faussaire. On en trouverait une première preuve dans la fraicheur du travail et dans les inscriptions dont les caractères, chose fort étrange, sont en relief. Le médaillon du couvercle est copié presque sans variante sur le chaton d'un anneau souvent publié, et qui porte de même le monogramme, le serpent, les lettres AU, les deux colombes et le mot SALVS®. Quant aux symboles évangéliques, on les a simplement calqués, comme l'a fort bien vu le savant M. Roschach, sur ceux qui ornent le célèbre pupitre dit de Sainte- Radegonde, dessiné et mis sous nos yeux dès 1851 par M. Paul Durand®.
2 Botlari, t. III, tav. CXXXVIT, et Garrucci, Storia dell arte cristiana, tav. CDIT, n°4; pour d’autres monuments chrétiens présentant ce sujet, voir de Rossi, Bulleut., 1867, p. 83.
? Revue archéologique, 1882, pl. XX; Clarac, Musce du Louvre, bas-reliefs, pl. CXCI, n° 392.
* Introduction, $ 1v,
* Archéologie pyrénéenne, t. IT, pl. LXXV et XC.
5 Bosio, Roma sotterranea, p. 656; Aringhi, Roma subterranea, t. Il, p. 387; Bottari, Roma sotterranea, t& 1, p. 156; Gori, Symbole liütterariæ, &. TT, p. 158.
* Les PP. Martin et Cahier, Mélanges d'archéologie,
INPRIMERIE NATIONALE.