‹ Les sarcophages chrétiens de la GauleChapitre 75 sur 96 · LE MAS-SAINT-ANTONIN · texte numérisé non relu

LE MAS-SAINT-ANTONIN

Cénac-Moncaut, Histoire des peuples et des États pyrénéens, 2° édition, 1860, additions et notes du tome Ill; Archéologie pyrénéenne, t. I, p. 5oo. — Villefosse, Bulletin de la Société des antiquaires de France, 1861, p. 182.— (Ma planche XLVIIT, fig. 1, 2, 3.)

M. Cénac-Moncaut a vu et mentionné, il y a plus de vingt ans, un sarcophage

1 : Dre = e = Congrès archéologiques de la France, 1869, p. 250.

de marbre déposé à la bibliothèque de Foix; M. l'archiviste Pasquier, auquel j'avais demandé une photographie de ce monument, constata tout d'abord qu'il avait disparu. Des recherches menées avec un zèle dont on doit lui être fort reconnaissant lui firent, après quelques mois, retrouver la trace du marbre. Arrivé en morceaux à la bibliothèque de Foix et rajusté sommairement, le vieux sépulcre avait été reléoué depuis sous une remise de la préfecture; un maçon en avait alors pris une partie pour réparer les marches d'une cave, et les autres débris étaient demeurés épars. M. Pasquier a su les rechercher, les réunir, et, sur sa demande, le conseil général de lAriège a donné au musée du Louvre ce qui reste du tombeau.

C'est sous la Restauration qu'il a été trouvé, au Mas-Saint-Antonin, près de Pamiers. Sa face principale est divisée en cinq compartiments par des colonnes torses. La scène centrale, que reproduit un marbre de Toulouse’, représente une résurrection; le mort, que le Seigneur touche de la main, est étendu dans un petit sarcophage à strigiles, dont le couvercle se relève et que décorent les cannelures angulaires fréquemment figurées sur nos monuments du Sud-Ouest; 1 s’agit du fils de la veuve ebnon point de Lazare, ainsi qu'on le voit par un sarcophage de Rome où ious deux sont représentés, le premier couché, tandis que l'ami du Seigneur est, suivant l'usage constant, debout dans son édicule?. Des quatre autres compartiments, trois seulement restent, plus ou moins mutilés. [ls portent des images d'apôtres groupés deux par deux. La face latérale de gauche se compose de deux registres superposés représentant des bergers avec des moutons et des chèvres. Sur l'autre côté, on voit Daniel nu, en prière, entre deux lions; des draperies relevées sont derrière lui.

M. Cénac-Moncaut, en décrivant notre marbre, dit qu'un des compartiments de la face principale représente Madeleine offrant le vase des parfums. Je ne saurais dire si cette scène, étrangère au cycle de l'iconographie chrétienne antique, a réellement été figurée sur le sarcophage; en tous cas, elle n’existe plus.

Notre monument est du style particulier au sud-ouest de notre sol; il ne peut êlre antérieur au vi‘ siècle.

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