‹ Les sarcophages chrétiens de la GauleChapitre 82 sur 96 · AIX · texte numérisé non relu

AIX

Millin, Voyage dans les départements du midi de la France, 1, p. 268, et pl. XXXVIT, n° 2.— Bulletin monumental, t. XT, p. 119. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p. 55, et pl. CCCXXXI, n° 3.— (Ma planche LI, fig. 2.)

Dans un récit vivement empreint du caractère des âges mérovingiens , Grégoire raconte comment un personnage impie s'empara d’un bien que l’église d'Aix tenait du saint confesseur Métrias. L'évêque adjura le bienheureux de ne pas laisser cette violence impunie. « Très glorieux saint, dit-il, en se prosternant en larmes devant son sépulere, il n°y aura plus ici de luminaire et l'on n’y chantera plus les psaumes avant que tu aies vengé tes serviteurs et fait rendre à l’église les biens qui lui ont été arrachés.» Puis il jeta des ronces sur le tombeau et devant les portes, qu'il ferma. Saisi par la fièvre, le coupable mourut, après avoir restitué les biens usurpés et fait déposer sur le sarcophage le double de l'amende dont il avait frappé l'évêque. Si nous en croyons la tradition, un tombeau de Saint-Sauveur d'Aix serait celui-là même dont parle Grégoire de Tours. Autrefois conservé dans l’ancienne cathédrale, il est à cette heure encastré au-dessus de l'autel dans la chapelle absidale de saint Métrias, que les Provençaux nomment saint Mitre.

Au milieu, devant un long portique qui occupe tout le fond du bas-relief, le Christ est debout sur la montagne aux quatre fleuves. De la main gauche, il donne la loi nouvelle à saint Pierre, qui la reçoit respectueusement dans un pli de son manteau, el que caractérise, ici comme ailleurs, la croix, instrument de son supplice?. Les autres apôtres portent le volumen et lèvent la main droite vers le Seigneur, Aux pieds de ce dernier sont inclinés un homme et une femme, sans doute deux époux, représentés de petite taille, suivant l'usage antique. Il ne faut pas induire de leur présence que le tombeau ait été de capacité double. Les bisoma, comme on les appelait alors, avaient au moins 70 à 72 centimètres de hauteur, et celui-ci n’en a que Go. J'ajoute que deux personnages suppliants, placés de même, figurent sur une tombe chrétienne de Dellys qui ne contenait qu'un seul squelette.

Le couvercle placé sur le sarcophage d’Aix et que terminent deux têtes de Méduse

(Bullettino dell Instituto di corrispondenza archeologica 1833, p. 92, et Der Stil in der technischen und tektonischen Kunsten, t. IT, p. 467). J'indiquerai de plus à Rome deux marbres inédits : 1° via del Babuino, chez le marchand Scalambrini, un fragment de couvercle de sarcophage doré en plein. On y retrouve le buste d’un génie ailé soutenant un cartouche, puis une scène de banquet. Ce débris, de très mauvais tra-

vail, peut être chrétien; 9° un sarcophage de basse époque déposé dans une osteria de la voie Tiburtine, et décoré de personnages, de moutons et de fruits. Les figures sont rehaussées de couleurs, les chevelures et les toisons sont dorées.

! De gloria confess., e. vxxt : «De Metria Aquensium confessore. »

® Études sur les sarcophages d'Arles, p. 48.

ne lui appartient pas; il est plus court, de meilleur art et de fabrication païenne. Aux extrémités du bas-relief, deux figures nues et couchées représentent la Terre et l'Océan. La dernière, qui est barbue, tient une rame; une pishrix la regarde. L'autre est une femme; elle a près d'elle un bœuf et porte une corne d’abondance!. Entre ces personnages sont trois groupes de victoires et de génies volant qui portent des couronnes.

Le sarcophage de saint Métrias présente des traces de dorure?.

Fauris de Saint-Vincens, ms. n° 1036, fol. 9 (bibl. d'Aix). — Alex. de Laborde, Les monuments de la France, t. I, pl. CNIL — L'Univers pittoresque, France, pl. CXL. — Statistique des Bouches-du-Rhône, t. IL, p. 416. — Caumont, Bulletin monumental, 1867, p. 372. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, t. V, p.116, et pl. GCCLXXIX, n° 2. — H. Gibert, Le Musée d'Aix, n° 298. — (Ma planche LIT, fig. 1.)

Avant la Révolution, eette tombe servait d’autel à la chapelle de saint Grégoire, dans l'église de Saint-Sauveur; transportée depuis aux eaux thermales, elle y a été employée comme bassin de fontaine, ainsi que le montrent les trous nombreux dont elle est percée. Elle appartient maintenant au musée d'Aix. Le bas-relief se divise en cinq arcades, dans les retombées desquelles sont sculptés, entre des dauphins, deux monogrammes du Christ et deux couronnes ; aux extrémités sont des corbeilles renversées d’où s'échappent des fruits, et que l'on a considérées comme le symbole de la vie brisée.

Première arcade : Abraham, vêtu du pallium ?, se prépare à sacrifier son fils; derrière lui est debout , immobile, un jeune homme tenant le volumen; c'est sans doute l'ange que nous voyons ailleurs arrétant le bras du patriarche“.

Deuxième arcade : Jésus-Christ, tenant la baguette, ressuscite Lazare.

Troisième arcade : une orante debout et voilée entre deux saints.

Quatrième arcade : guérison de l’aveugle par le Christ, dont l'hémorroïisse agenouillée touche les vêtements.

Cinquième arcade : Moïse reçoit les tables de la loi sous la forme d’un volumen roulé et lié; derrière lui, bien que le chef des Hébreux doive être seul dans cette scène”, se voit un personnage qui lève la main en regardant le ciel.

Les petits côtés du sarcophage portent des imbrications.

! C£ Museum Capüolinum , 1v, 25; Mus. Pio-Clement. gravé par Boldetti ( Osservazioni sopra à cimiteri, p. 298) v, D. et que l'on croyait perdu, représente sur sa partie plate * Voir, pour ce détail, p. 142. et dans un style identique à celui des sarcophages du ? Le patriarehe est de même vêtu du pallum sur un v° siècle, la bre scène biblique. J'espère le publier certain nombre de monuments, parmi lesquels figure prochainement, grâce à l'obligeance de M. Maxwell une demi-noix taillée en marbye jaune que je viens de Sommerville. retrouver dans la collection d'un amateur intelligent, ÿ Études sur les sarcophages d'Arles, p. 5.

M, Maxwell Sommerville; ce petit objet, autrefois vu et 5 Ibid., p.ix, x

(Ma planche LI, fig. 2.)

Marbre inédit, encastré au-dessus des fonts baptismaux dans la chapelle de l'hôpital. C'est un débris de la face d’un sarcophage divisé en compartiments par des colonnes. Celui du centre nous montre le Christ enseignant au milieu de ses apôtres, qu'il dépasse de la tête: il était sans doute debout sur la montagne aux quatre fleuves. À sa droite se voit un agneau dont le front est surmonté d'une croix; nous retrouvons à Saint-Maximin, en Provence, ce motif, également familier aux sculpteurs romains.

H. Gibert, Le Musée d'Aix, p. 205, n° 300.

Au musée.

Fragment d'un sujet assez rare. Sur la gauche, on voit l'édicule à coupole qui représente le saint Sépulcre; nous l'avons déjà remarquée sur un sarcophage d'Arles appartenant à M. Révoil?. Devant ce petit monument, est assis l'ange qu'y trouvèrent les saintes femmes.

À droite sont trois figures qu'il est difficile de déterminer.

! Ci-dessous, p. 156. Bottari, tav. XXIT, XXXI et L. — ? Études sur les sarcophages d'Arles, pl. XXIX. Cf, Bottari, tav. XXX; Bugati, Memorie di S. Celso, lav. I.

H. Gibert, Le Musée d'Aix, p. 204, n° 301.

Débris conservé au musée; il représente probablement la guérison d'un aveugle, figuré de petite taille auprès du Christ.

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