‹ Les sarcophages chrétiens de la GauleChapitre 81 sur 96 · MANOSQUE · texte numérisé non relu

MANOSQUE

Peirese (Bibl. nat., fonds latin, ms. n° 8958, fol. 355). — Colombi, Virgo Romuigeria seu Manuascensis, p. 11 etsuiv. (Lugduni, 1638, in-4°). — Henry, Recherches sur la géographie et les antiquités du département des Basses-Alpes, édition de 1818, p.141, et pl. IT, n° 3. — Garrucci, Storia dell arte cristiana, À. V, p. 76, et tav. CCCLT, n°1, 2, 3. — (Ma planche L, fig. 1, 2, 3.)

Une ancienne tradition mentionnée par le P. Colombi s’attache à ce sépulcre. «Autrefois, dit-il, un païen labourait son champ, lorsque ses bœufs, arrivés à une place que les broussailles avaient couverte, refusèrent d'avancer, malgré le fouet et l'aiguillon. On y fouilla et, à peu de profondeur, on rencontra une belle tombe de marbre. Un prêtre que l'on avait appelé l'ouvrit et y trouva une Vierge sculptée en bois, tenant sur ses genoux l'enfant divin et richement vêtue.» On l'avait enfouie de la sorte, dit la légende, par crainte des Sarrasins. Une grande vénération s’est attachée à cette image, qui, d’après une gravure donnée par Henry, me semble remonter au x1° siècle; Ds mot Romi, en provençal buisson, la fit nommer Notre- Dame de Romigier.

Transporté à l’église de Manosque, le sarcophage y sert aujourd'hui d'autel. Au centre se détachait un sujet fréquent sur les monuments de l'espèce : le monogramme dans une couronne surmonlant une croix dont les bras portent deux colombes: puis deux soldats, gardiens du saint tombeau, représentés au pied de la croix ?. À droite et à gauche de cette image, symbole de la résurrection du Christ, sont groupés les douze apôtres. Des étoiles figurant le ciel° se montrent au-dessus de leurs têtes et, au même plan, le soleil et la lune accompagnent le monogramme central; c’est un détail dont je ne sais pas d'autre exemple sur les sarcophages an- Ar Les parties des faces latérales non engagées dans la maçonnerie représentent à gauche Adam et Ëve, à à droite les trois jeunes Hébreux dans la fournaise.

Le P. Colombi constate que la tombe de Manosque portait des traces de dorure"; ce fait, révoqué en doute par Henry, n’a rien qui doive surprendre. Des sarcophages à sculptures peintes et dorées ont déjà été retrouvés en France comme en Italie *.

© Giampini, Vetera monimenta, t. I, pl. XLVI. # Études sur les sarcophages d'Arles, p. 27.

2 Études sur les sarcophages d'Arles, p. xxxvnr, 24, £ OP: cil., p. 12. 27, 66, ete. Comme on le voit nettement sur la photo- Aux monuments que j'ai déjà cités (Études sur les gravure, la croix, le monogramme, les soldats et les Pin d'Arles, p. 373 cf. ci-dessous p. 144) il faut

mains droites des deux apôtres qui les avoisinent sont joindre les bas-reliefs de la colonne Trajane, où M. Sem-

de restitution moderne. per a relevé de nombreuses traces d'or et de couleurs

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