SATIRE VIII
L'autheur avoit 27 ans quand il composa cette satire. Elle fut faite après relie « A son esprit ».
// ne Va adressée à personne, mais il a mis malignement à Mr M** à cause [(Quoiqu'elle soit seulement adressée à MM., la vérité est que par cette du
M. il a entendu parler du] Docteur Morel, qu'on appelloit en Sorhonne parce que son menton avoit en effect quelque rapport à une Mâchoire d'Asne.
mâchoire d'asne.
Cestoit un fameux antijanséniste, et il a escrit sur les matières du
très inconnus, J/rs de Port-lioyul avaient mis je jansénisme plusieurs livres [dont on ne connoist pas même les titres. Un ne sçaxj par quel hazard dans un de leurs livres en parlant de luy le Docte Morel, janséniste ayant fait imprimer une réponse à quelqu'un de ses livres, et mai* on mit à la fin du Livre un Errata où il y avoit Le Docte Morel, faute. Lire par mégarde l'imprimeur ayant mis en quelque endroit le docte Morel, le Docteur Morel. (1>
celuy qui avoit composé cette réponse mit à la fin de son livre un errata dans lequel il avertit qu'il falloit lire le Docteur Morel au lieu du Docte Morel.]
[Dans la satire c A son esprit » l'autheur entre dans un fort grand ? remarque détail contre luy-mêmo. Dans celle-cy il s'est plus renfermé en ce qui et'l la frit conv'ent ® l'homme particulier. Aussy cette satire est-elle plus serrée que l'autre.]
Il y a beaucoup de choses dans cette satire dites à [Elle est tout à lait dans] l'air de Perse. Voicy le jugement que l'autheur fait des trois Poètes satvriques latins [de l'ancienne Rome.]
(1) Celte note de Boileau ajout»' quelques détails à eelle de Brossette, par exemple. Terreur d'impression volontaire qui a consisté a mettre « docte Mord » |>our « docteur Morel ». Le p«n«te ne rectifie pas Le Verrier quand il lui donne i- ans lors de la composition de colle satire, soit iG6i. mais Brossette la place a l'année 16T17.
rit et qui
Hunier est un galant homme qui [badine] toujours. défjouste du vice en le tournant en ridicule.
ilêr Inmateur étincelant d'esprit qui combat le vice à Juvriial est un [bel esprit, mais qui crie toujours]. furre ouverte et qui crie sans cesse après lui.
l'erse est un Philosophe chagrin mais plein de sens qui chastie le vice avec la férule. [Perse est un fort honneste homme, mais chagrin et qui blasme toujours.]
dans pris
J'ay souvent oiïy dire à Tautheur que [de] tout ce qu'il avoit [imité] de ces trois Poètes, rien ne luy avoit plus réussi que ce qu'il avoit
imité [«•mprunté] de Perse. (1)
v. M). Qu'est-ce que la Sagesse? Une égalité d'âme,
Que rien ne peut troubler, qu'aucun désir n'enflâme;
[Excellente définition de la Sagesse et entièrement fondée sur l'opinion des stuieiens qui enseignoient que tout homme qui espère, est esclave.]
Qui marche en ses conseils à pas plus mesurez, v. AA. Qtiun Doyen au Palais ne monte les degrez.
De ses fenestres Tautheur voioit tous les jours le Doyen monter les degrez du Palais. (-'
v. :>.r>. La fourmi tous les ans traversant les guérets, -.>('). (irossit ses magasins des trésors de Cérès;
Imitation
[Parodie] d'Horace. Sat. ire, v. 33.
Parvula, nam exemplo est, magni formica laboris, etc.
v. •>.-. El dès que i Aquilon ramenant la froidure, ><S. Vient de ses noirs f ri mats attrister la nature,
( Hue, siinul inversum contristat Aquarius annum.
\. »<). Cft animal tapi dans son obscurité
.h mit r In/ ver des biens conquis durant l'esté:
(,) i;,,i|.;ni condense ici en quelques lignes son opinion sur ses imitations des poètes latins en pri-ri^;ini «|u-- ..11. > tir Perse lui ont le mieux réussi.
( .) ( , m,- j..ii lit-iiLiritt*. insignifiante d'ailleurs, n'est pas dans le commentaire do Brossette.
Satire \ III. mats l'énergie ici le rend noble, car les mots bas peuvent
Ce mot est bas [dans son origine mais comme icy il est énergique,
quelquefois devenir sublimes par cette charge comme Long in le faict voir dans
il devient fort beau et fort noble. Longin a fait un chapitre où il traite de
le 25e Chapitre de son Traité du Sublime. <U
l'usage des mots communs pour les rendre nobles.] [C'est le chapitre
t cela ne s en- a56 de l'excellente traduction que l'autheur nous a donnée du Traité du
mm h\en et t sUD|ime# £>ans ce chapitre en traduisant un endroit d'Hérodote qui s'est r refaire. . \ ^ ■
servi d un mot très bas xm/ososuoi pour xito^iyw rescindo lautheur
emploie le terme de déchiqueté pour marquer la fureur de Cléomène qui
se tua en se coupant luy-même par petits morceaux.]
v. 35. Mais V Homme sans arrest, dans sa course insensée, Voltige incessamment de pensée en pensée, Son cœur toujours flottant entre mille embarras, Se sçait ni ce qu'il veut, ni ce qu'il ne veut pas. Ce quun jour il abhorre, en Vautre il le souhaite.
Lautheur a icy en veuë un passage d'Horace. Ep. i°, Liv. i, v. \)~.
Quid mea cum pugnat sententia secum ?
Uuod petiit, spernit : repetit, quod nuper omisit? yËstuat, et vitas disconvenit ordine toto ? Diruit, œdificat, mutât quadrata rotundis?
Moi f f irais épouser une Femme coquette? J'irois par ma constance aux affronts endurci, v. f\i. Me mettre au rang des saints qu a célébrez Itussi?
[Le Comte de Bussv-Rabutin a composé un livre qui est traduit ne roy pas l , *.' . ,11 î-,, ™
towMwttxtfi- Pres(lu en toutes sortes de langues, el répandu dans toute l hurope. (i est
rr cette amer- l'Histoire amoureuse des Gaules. Ce livre est rempli de faussetez, imité
du Comte de presqu'entièrement de Pétrone, et regardé de tous les honnestes gens 't surtout de . , , r , ... ,
h\*t ' f » comme un ouvrage ne dans la lureur de médire a quelque prix que ce
1 qui à ta soit. Il presta son manuscrit à Mad. De la Baume qui le lit copier. Le
" prêt r$t un Hov, et, bientost après toute la cour en eurent connoissanre. Ouelques-
/v* *au et ung (je ccux qUi jouent quelque rolle dans ce homau cherchèrent Tocca-
1 ne Met de s*on d'^quer Bussy. Il témoigna de l'audace et de la fermeté. Mais
ma Satire *. la prudence du Roy le porta à faire mettre ce Comte à la Bastille. Ainsy
(1) Cette remarque n'est ni dans Brossette, ni dans Saint-Marc, ni dans Berriat-Saint-l'rix.
(a) L'appréciation du vertueux Boileau sur l'Histoire amoureuse des (îaules est a retenir; il est avec le Ciel des accommodements. Le Verrier faisait fausse route en attaquant la mémoire de ce grand Seigneur dont le poète d'ailleurs n'avait jamais eu a se plaindre, bien au contraire.
Satire MIL il évita la fureur des Personnes iju'il avoit si cruellement offensé*-*. Mf île Vardes m'adît <|ii*il l'uvoii. fort connu, qafl c'eslnil un homme rai avoit beaucoup d'esprit, qui parlcit peu, <|ui ne sravoit rien, m ettOkf ne malin, méchant officier quoi qui! se enist capable de commander une Armée, mais fort brave maigre huit it que ses Ennemis eu ont publié.]
Assez de Suis e&îm mm feront parler la ville, Disait le ut ois pttsst\ w MqpquU indarih\ Qttt député guinze JOUTS dans le piège tir reste, Entre les bons Maris pour exemph eih\ v. 4>- Croit une. hirnjtatl t\r//res, dune ett\/e noneeltr, A tiré pour lu y seul une Fetntne fnlelfe.
Tirer (Vune eoste nouvelle est une erj>rexxit,n foi ttouveile et fort heure [D'une costc nouvelle, celte expression n'a jamais esté rerite que par
aussi bien que plus riehe cTurt* fSQilê fHû l'Auteur a mû ttnnx td AMJfflt Satire*
Tautheur. Il Fa répétée dans la Salira des femmes,]
v. 4 9- Voilà Hl ont me en effet , // va tin Ida ne au noir. Il tondant ne an matin ses sentttneus tin star.
Il va du blanc au noir, Cette expression esl h»ut<* IWuiçoise, et marque parfaitement Illumine qui change i tout vent. Horace. Ep. i, v, 8a.
lidem eadern posstmt hnnim durare probantes? W
// tourne an moi tut re vent, il tombe au moindre r/toe, v. 5'|. Aujourd'hui dans un eustfur,, et drmoin dans Un frttr.
Ce vers pmuve combien lautheur en cette occasion a enchéri sur la pensée d'Horace, el il montre par re Irait de < j i n • 1 1 f * manière mu doit se rendre propres les pensées des anciens lorsqu'on veut les imiter.
Là sommeil sur ses yen \r romawure ô stymnelter. Debout^ dit r Araritt\ il rst te/u/ts de mart Iter. v. 71 lié laissez-moi. Helmut. Vn moment, Tti répliques? jusqu'au vers ~\ inclus,
tloot en Qîfonl tes rlit-il et le*
Ouelle vivacité il v a dans ce dialogue, [En « estant 1rs dit-il et les dit-elle, i Auteur font mitait* une espère dt Cofltrttfff dit-elle si communs panny nos nirilletus Escrîvnius], quel feu [ aullieur
(1) Ce* rnpproc-liciiM m ;**<< HotVU ti r>t pm i-Uv^ |-.»r les Irxns uanimenlMleurs de BoîIcali.
iatire MIL ne jctte-t-il pas dans ce combat qui se passe entre l'avare et l'avarice.
C'est une de ces imitations de Perse qu'il dit qui luv ont si bien réussi.
Sat. 5, v. i3a.
Mane Piger stertis? Surççe, inquit, avarilia, eia Surge, Negas, instat : Surge, inquit. Non queo. Surge Kn, quid agam? Rogitas? En, saperdam advehe Ponto, Castoreum, Stupiis, ebenum, thus, lubrica Coa; Toile recens primus piper e sitientc camelo.
v. j5. Chercher jusqu'au Japon la porcelaine et l'ambre, Rapporter de Goa le poivre et le gingembre.
nest point La Porcelaine est devenue si fort à la mode, que la belle couste des
o$ et je l<»- sommes immenses. Quand on songe qu'une seule pièce, un seul morceau de terre, se vend trois et quatre cens pistoles, que penser de la folie des hommes '*>.
v. jj. Mais j'ai des biens en foule, et je m'en puis passer. On n'en peut trop avoir, et pour en amasser,
Horace. Sat. 3, Liv. a.
Ouare,
Si quiduis salis est, perjuras surripis, aufers Undique '-'.
v. 81 . Eust-on plus de trésors que n'en perdit Galet, X'avoir en sa maison ni meubles ni valet :
tialet estoit un fameux joueur qui a esté fort célébré par lle^nier. Sat. 1 4 :
(iallet a sa raison; et qui croira son dire, Le bazard pour le moins luv promet un Km pire, Toutefois au contraire estant léger et net. N'ayant que l'espérance et trois dez au cornet, Comme sur un bon fond de rente et de recopies, Dessus sept ou quatorze, il assigne ses dettes.
v . 8."> . /:/ pourquoi cette épargne enfin ? L' ignores-tu ? Afin qu'an Héritier bien non ri* bien réftt. Profitant d'un trésor en tes mains inutile. De son train quelque jour embarrasse la ville,
(t\ l> passade n'a pas ctr i*oiimu»titi* par Hrossi'ttr.
(2) Cette imitation d'Horace nVst pas ciu'-c par 1rs trois cniniunitatriirs tl«* Roilcau.
liire VIII. C'est du Lieutenant criminel Tardicu que l'on parle W¥..i Horace. Sat. 3, L. a, v. 122.
FiliuB aut etiani hoee libertus ut ebîbat hères, Dis inimice senex custodis, ne tïbi desit?^
To n f - // va u . dira g u e (g u 'u» * va il h z p lus à p rop os ; Ce vire fut toujours tù vertu des Hrros. v. 99. Quoi ffouc? à vûstrë otrir, fut-ce un fou f/uA/exauffrc?
Dans l'Alexandre de Racine, act. a, scène 2, Porus dit a Eplicstion en parlant d'Alexandre :
Quelle étrange valeur qui ne cherchant qu'à nuire Embraze tout, si tost qu'elle commence à luire, Oui na que son orgueil pour règle et pour raison, Qui veut que l'Univers ne soit qu'une Prison, Et que maistre absolu de tous tant que nous sommes Ses esclaves en nombre essaient tous les hommes.
Voilà presque ta mesme pemêe qu'ont énoncée deux Auteurs , 1*1*1 gn stile [Il n'y a qu'à faire la comparaison de ces deux portraits, pour donner comique, et Vautra m stile héroïque. C'est au lecteur â voir à laquelle il donnera le prix à celuy de la Satyre. Un petit gcntîleastrc en fui chaque et Tut sur le prix. M. Iles préaux trouva autrefois un petit Gentilbutre qui lui témoigna esfre le point d'en faire une querelle à lautheur. Mais celuy-rî l'apaisa en lui choqué de cet end mit qui en la personne d'Alexandre attaquait rfwoiMÏ tous fat disant : Si ce portrait qui vous choque est insuportiihle, M* le Prince braves yens. A quuij. M1 De» préau x res pondit il est vrai que J/r le Pr triée devrait s'en accommode.]
estre choqua de cet endroit, mais le mal est que c'est Vendrait de ta Satire qui lui a plu davantage <*>•
[A propos d'Alexandre, je ne puis m'empêcher de raconter une chose qui arriva à lautheur. Lorsque le Boy alla assiéger Gand, Mr le Duc à présent Mr le Prince l'emmena à Chantilly sans l'avertir de son dessein. De là il Temmena au siège de celte place conlre son attente. Chemin faisant, Mr le Duc h snim^na qu'il croyait que rlr tous les hommes qui
Au nest
irritable , )rdrc du
pillai à V tt faut ipie
it*!rfr(iltlt'(<>l<h-
L*,, rar il n'y avoient paru sur la terre, Alexandre estoit celuy qui avoit laissé le plus Irsqtni nen dr gram| nom [/;,ut]ieur n'abandonna pas le parti de Socra le, cl assura qu'il
ultttitttnulrrrlte s
lifttat II faut t-'onnoissoil un bourgeois d Athènes dont le nom estoit aussy ^rand et I tout cela, aussy connu que celuy d'Alexandre,] Tout à coup Mr le Duc qui est tout
(1) Imitation iTHnrAM ttOd MglWÏée par &PQM41S», S«iiiiM«K n (farrial-SainUPrix. (•■) Toute retl? remarqua <*st fBtitonmwnt ïirHiYfîle sttu\ I juin doté *|ui ta complète et que Vem rclnMiv.' d;ui* I- Ms. Bross* if> i5 -:. p .'h • <J<" K*M, Lnv<?rd*t,
Satin- Vf//, brillant d'esprit lâche la bride à son cheval et va joindre un laboureur
qui travailloit son champ avec autant de tranquillité que s'il n'y avoit
point eu de guerre. Mr le Duc luy dit: Mon amy, connois-tu Alexandre,
te fin e*t un (j|,y Monseigneur, c'estoit un irrand capitaine. Kt Socrate, le connois- 'nieux que le . .
mai* il In tu» ^on» Monseigneur, Hé bien, dit Mr le Duc, ay-je raison. Monsei-
t»turt<mt nu- gneur, repartit brusquement l'autheur à qui les réparties n'ont jamais
tMieret il faut manqué, j'en appelle à un autre laboureur. cela du tni-
v. 100. Qui't cet écervelë qui mit l'Asie en cendre?
Lucain en parlant du tombeau d'Alexandre, Liv. 10, v. 20, dit : Illic Pellaei proies vesana Philippi Félix prœdo jacet (1).
Heureux! si de son temps pour vent bonnes raisons Im Macédoine cust eu des Petites-Maisons, Et qu'un sage Tuteur Veust en cette demeure, Par avis de Parens enferme de bonne heure. Mais sans nous égarer dans ces digressions ; v. 1 1/| . Traiter, comme Senaut, toutes les passions; Et les distribuant par classes et par titres, Dogmatizer en vers, et rimer par chapitres.
Le P. Senault, général de l'Oratoire, fameux Prédicateur de la reine Anne d'Autriche; La Chambre et CoëfFeteau ont fait tous trois chacun un
v. 1 iy. Lui seul vivant, dit -on, dans l'enceinte des vil/es Fait voir d'honnestes ma*urs, des coutumes civiles, Se fait des Gouverneurs, des Magistrats, des Rois, Observe une police, obéit à des lois.
J'av oiiv dire à l'autheur que ces quatre vers, tout simples qu'ils sont, luv ont cependant beaucoup cousté. [Il n'est pas question en ces sortes d'occasions, de donner l'essor à son #énie nv daller au #ré de la fureur poétique. 11 faut simplement narrer et raisonner. C'est ce qui couste.]
v. 125. Voit-on les Loups brigans, comme nous inhumains.
Pour détrousser les Loups, courir les grands chemins? Jamais pour s'agrandir, vit-on, dans sa manie Un Tigre en factions partager rilyrcanie?
Il; Cette citation de Lucnin no (tarait pus dans le coinmmtaire dt* BrosM»tte.
COMMENTAIRE DE LE VFJtMKft AVEC
Satire VUL Imitation de Juvénal. Sal. tBt v, iThj.
Sed jam serpenlum major roncordia pareil (lognalis maculîs similis fera. Huamlo Leoni Fortior crîpuit vïtain l©o? Quo nemore unquarn Fxpiravil aper inajoris deniilms ftpri?
Indira lîgris agit rabida cum tigrid? paeem Perpétua m. Nuevis inler se convenît lirais.
v. 129. L'Ours u-t-ii ttan& les bois fa Guerre avec 1rs Ours? Le Vautour dans les u i / 3 (nu* f- il s ur l* & Y un fou rs ?
L'ours fait-il dans les boïsli guerre avec les ours, Au lieu del'ail-il «pu estoit dans les premières éditions, Tautlieur a mi;*, Tours a-t-il, etc. I) n\ a que cette dernière expression pour osier l'équivoque qui estoit renfermée dans le mot fait-iL Caf îl semldoit que l'iuilheiii" vouloit dire que Tours avec les ours faisoit la guerre contre d'autres animaux. Kl par le mot a-l-il, on entend clairement que Tours rfa point la guerre aver d autres ours ?
M. de Brieime, dans son recueil de poésie qu'il a donne sous le nom de La Fontaine a changé ce vers de celle sorl<
L'ours enfin dans les bois fait-il la guerre aux ours. Que ce tour et que Cette expression sont differens de l'original dont ils ostent le Feu et le brillant. Ft même cet 1 erilin 0 qui est une cheville ne jette-t-il pas dans ce vers une langueur insuporialde à tout honnmqui a quelque goust pour la poésie.
v. \!\o. Xc fait point appclter Un Aigh à tu huitaine.
(le vers toul entier est dans les termes du Palais, lin dit appellerai la huitaine, pour dire, donner ou faire «I ht assignation à la huitaine fil,
Juittuis lu Biche nt rttf, u*u pttur fuit tf/tupnissfi/trr. Tr tnnè du fùndttûë vois Uti (rrf ù iAudÎQHcê< v. i'i"). bj /a tuais Juget miteux erdûnnant h congrè^^
, , , fk' rrfutr/f'Sf/u mat /t'a suli ses umsts,
faut 1 eiii/iicnr *
Unifiai* ri*' rr * „ , . -
■ . " .. ,. Le vers a lait aholir ce honlcuv usage uni «voit este introduit au
de Hr hm- Palais sur cette matière. M' de La moignon, «vomi général au Parlement,
\quiitonn't <>'- portant la parole dans Tall'aire île M. De Langeais [dont la femme citer-
* ! "" /' """.'/' c|u>il l'occasion de rompre son mariage], mil si bien dans son jour le 1 idi- Y ne î,<i \l<>i- l
r.at sa prr- '« mpénéti
1 > fmnnt* rstnît cule de* cet iisii^-, que I* Parlement [Taliolil] par un arresl fini célèbre . i tt ti stKjis- (tf il est prêsentemBiï comme «Airff.
ws$enftyit&prit- . „
itf Mttl St'rnltfl
(i) Criio |m filr uni* tiVsï pis itïins If toriiiHi-iitsiM- dt BïTWfMU?.
r») La not< »!•■ Iti "• •-■ -il- m- jiurlc [m* do M. év |.»tigr»i« ou l.anj^<'v. V«»ir TsillcnnuM .
Satire VIII. (),t ne connoist chez eux ni placets, ni liequestes.
v. i'|8. Si haut, ni bas Conseil, ni Chambre des Enquestes.
On dit le Conseil d'en haut, pour dire le Conseil où le Hoy est présent. Les Chambres des Knqiiesles sont les Chambres qui composent une partie du Parlement ,1'.
v. 1 T> i . L'Homme seul, V Homme seul, en sa fureur extrême, Met un brutal honneur à s'égorger soi-même. C'estoit peu que sa main conduite par Venfer% Eust paistri le salpestre, eust aiguisé le fer,
Autre imitation de Juvénal. Sat. ii>, v. i (>.">.
Ast liomiiii ferrum lethale incude nefanda Produxisse parum est, cuin rastra, et sarrula tantum Assueti coquere, et marris ar vomere lassi Nescierint primi gladios excudere fabri.
Adspicimus populos, quorum non suflicit irae Orcidisse aliqucm : sed pectora, braehia, vultum Crediderint genus esse cibi
Ij*s Animaux ont-ils des Cnivcrsitez?
v. i jo. Voit-on fleurir chez eux des quatre Facilitez ?
Il y a en France plusieurs Universitez dont chacune est composée des
quatre Facultez, celle de Théologie, celle de Droit, celle «le Philosophie,
celle de Médecine. Les Docteurs en droit et en médecine portent dans les
écoles et dans les assemblées de cérémonie une robe d'escarlate fiuiréc
d'hermine '-1.
« Veux- tu voir tons les Grands à ta porte courir?
Dit un Père à son Fils dont le poil va fleurir.
v. l83. Pren-moi le bon parti. Laisse- là tous les livres.
Cent francs au denier cinq combien font-ils? Vingt livres.
Horace a dit à peu près la même chose. Art P., v. .'t>.r>. Homani pueri longis rationibusassem Discunt in partes eentum diducere : Dirai Filius Albini, si de quincunee remota est Tncia,quid superat? poteras dixisse, Triens, Meus!
(i) Brossotte n'a pas jn^r a propos «U» dcscrndn» a o*s petits drtails.
(a) Brussette • néglige avec raison d'expliquiT ce que tout le monde savait.
Rem poteris servare tuam. Redit uncia : Quid fit? Semis
E.rercc-toi, mon Fils, dans ces hautes sciences, v. iNN. I*rens au lieu d'un Platon le Guidon des Finances,
Le (iuidon des Finances est un livre qui traite du domaine du Roy et
des finances.
Scache quelle province enrichit les Traitans : v. i <jo. Combien le sel au Hoi peut fournir tous les ans.
Fn France le Roy est seul maistre des Salines, et fait distribuer le sel à tous ses sujets, en quelques Provinces par vente volontaire, en d'autres
par impost.
\e en point sottement faire le généreux. Engraisse-toi, mon Fils, du suc des malheureux, v. !<).">. Et trompant de Colbert la prudence importune, Va par tes cruautez mériter la fortune.
O vers plut beaucoup à ce Ministre quand Fautheur luy récita cette
satire ' .
v. :>j}'.\. Quiconque est riche est tout. Sans sagesse il est sage. Il a sans rien sçavoir la science en partage. Il a l'esprit, le canir, le mérite, le rang, La vertu, la valeur, la dignité, le sang. Il est aimé des Grands, il est chéri des Belles.
Horace. Fpist . \\ Liv. i, v. M\.
Sciliret uxorem eu m dote, lidemque et amicos,
Fl «<viius,et forma m regina Pecunia donat;
\r bene nummatum décorât Suadela, Yenusque.
et Sat. :t, Liv.
munis enim res,
\ irtus, lama, deeus, divina humanaque pulcris Divitiis parent; (|uas qui construxeril, ille (llarus erit, fortis, justus, sapiens etiam et Rcx Ft quidquid volet... -
i |. ..|.|.i.-. i.iti.m .1. C.llMTt sur vv \i'is rst iImiuhc it*i {unir la pn'iuim* f«»i*- .](,!'. . iijtion «!•••* Satires d'Ilonm' \\vsl inriitionmV i|iic par IWriat- Sainl-lVix.
CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREACX ~g
Satire VIII. \. 208. Jamais Sur- intendant ne trouva de Cruelles.
que l'auteur veut désigner quen saisissant
C'est [de] Mr Fouquet [dont on parle] icv parce [qu'on a dit que ses papiers on trouva dans sa cassette plusieurs lettres de Dames de conséquence plusieurs Dames ne luv avoient pas esté cruelles.] 71// paraissaient ne lui acoir pas esté cruelles ,h.
v. 209. L'or mesme à la laideur donne un teint de beauté :
IVIisson estoit commis de Mr Fouquet et d'une si prodigieuse laideur, que nommer la laideur ou nommer Pélisson, c'estoit la même chose.
v. 210. Mais tout devient affreux avec la pauvreté.
Horace. Od. a.f, Liv. 3, v. 4*2.
Magnum pauperies opprohrium...
et Ju vénal.' Sat. S, v. i52.
Nil habet infelix paupertas durius in se, Ouam quod ridiculos homines facit... '*•
Et souvent tel y vient qui sçait pour tout secret, v. 214. Cinq et quatre font neuf, ostez deux, reste sept.
L'auteur entend par là
[Tout le monde sçait que] l'addition et la soustraction [sont] deux qui estant si heureusement mises en vers font un fort règles d'arithmétique. [Mais de mettre en vers des choses si communes, yrand ay rément <:il.
et de les mettre avec grâces, c'est ce que bien des Poètes ont ignoré de tout temps.]
v. 229. iMisse-là saint Thomas s'accorder avec Scot :
Et conclus avec moi, qu'un Docteur n'est qu'un sot.
St Thomas et Scot sont les deux maistres de la Théologie scolastique, et presque toujours oposez dans tous leurs sentimens. S. Thomas estoit un Jacobin et Scot un Cordelier.
(1) O détail est connu mais Brossctte no Ta pas rappelé ù ce vers.
(y) Os imitations d'Horace et de Juvénal ne sont pas citées par les trois commentateurs de Roileau.
(3) Boileau se rend ici justice, tout comme il l'avait déjà fait au vers !\~ de cette même satire.
i i uns Dt ij: vKRniKfi avec
Satire VIII.
v. si 3g. £7 ywr fcrt a Cûtht la raison qui lui cfù|
ftonmeçui avait quelque mérite. H mkû de F Aatde- L'abbé C'otîn esloit un [ruêchaul Indicateur, et quoique je ne l ave ny mie ef a faief quelques wrmom fui ont este imprimai^ maU U Noroît nul talent veu a) par conséquent entendu, je me raporle là dessus à la renommée pour tu chaire aussi ne $eptquùiî4l pas d'entre t/rand Indicateur, mais ce qu 'il publique. Mais comme il a fait imprimer beftUCOUp de livres de pnrsi--. fil eroioit postéder pur exmUençtéutml fa qalmtçrte et in Satir*. If a furet pfatitw I que Ton en trouve encore quelques-uns par ha/anl, il n<* faut que lire u ouvrage» en proie et en ver* oit on ne peut poj dfa gtfïJ //y 0yj ftoJinJ fétprii livre ouvert pour convenu que c est un Poète dé testai de. C'est de luy mais qui ne sortent point du medioere ef ou il pnrokt heaueoup de mnittK Uaitqu'est ce fameux sonnet dont Molière s est si heureusement nervi. Et leur excité pur Furetièrê amit nm dam lu Sttftredu [enfin son nom urer relui de c'est l'aulheur qui le lui avoil indiqué.]
Castagne et roioit pas Purotr par lé fçri thoqué jwv* çu*U né n piquait jm
fort, comme nom nmm dit. d'être ton Predieutrnr Cependant U prié lu cftou en emi Poêle et fit une mfire eu eerx et un DÙCOUTt en prose euntre routeur *>ô U lui dit tous les dernière outratjrs t *«tl Ce qui u fnirt t/ue Foutent tt si fart t$U
sur toi, Au reste if ne h eûntenia ptu duos cêê dt&x tmvffÊffSÊ Ëùtêô&m* VAut* w
de In Satire u Molière ntut\ tt atttojint Moto te fui-tuexwe t/nif truitn tirée le dernier mépris et t'oblige* par là à faire lu Fmmm 9ÇOœnt&. te Sonnet et le Madrigal qu'an y tourne en ridienie nnnt toux deiLr de fuhfté Cofin et ximf pris de ses Œuvres galantes oit fauteur les indiqua à Méfier ;
v. a44 - ' tl t'*'1* tfftw lui Voisin*) Parens, Antis ett fuite»
Horace. Art pootîq., v, jyfl.
IndocLum, doctumque fugat rceitator acerbus, Oueni veroarripuil., lenet, oreidilque legendo.
Car lorsque sort héimm eomorenre à l'agiter, V. ïï/j6. Tout, justfuâ M Srrnrnit\ est" prrst 0 tfeserfer.
Pour loul Domestique, Colin n'avait qu'une servante.
v, a5l Sans avoir lu raison il ma relie sur §Q route.
et suiv. L'homme seul quelle éclaire* en plein jour ne voit goûte.
(1) C.r jugement tl« LÏMilfuu sur C6tMJ Ni éqU4UbW( ît QOatrtPfei ivrt* le* Bit«ffu^ aui*n»r11cs le ito^lr n i >i livre" iijins si-h n«)ïirp9 couirr e*> mxliwumix w\M t BrdltlMi »'" s*'t*si i<ns fjiit 11 ce tpt*
[#t i h ni
OvA^
re^TM
y.vjfî'ï0
Stitiir YIIL
CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREAUX 8l
'iltre VIII. Jléy lé par ses avis, fait tout à contre-temps,
Et dans tout ce qu'il fait, na ni raison ni sens. Tout lui p/aist et déplaist, tout le choque et F oblige. Sans raison il est {/a;/, sans- raison il s'afflige. Son esprit au hazard aime, évite, poursuit, Défait, refait, augmente, oste, élève, détruit.
Horace a dit : Ep. i, v. 97 :
Mea cum pugnat sententia secum ?
Quod petiil, spernit : repetit quod nupcr oinisit : /Estuat, et vil;r disconvenit ordine loto: Diruit, œdiiicat, mutât ([uadrata rotundis.
Et voit -on comme lu y, les Ours ni les Panthères, S'effrayer sottement de leurs propres Chimères, v. 261 . Plus de douze attroupés craindre le nombre impair, 'a(\-2 . Ou croire quun corbeau les menace dans l'air ?
Il y avoit dans les premières éditions :
De phantosmes en l'air coin bat re leurs désirs, Ou de vains argumens chicaner leurs plaisirs. He piété Des personnes [éclairées] ayant témoigné à l'autheur que ces deux quoy que très beaux pou voient tendre à nuelnue lihertinaye vers [pouvoient estre mal pris du costéde la Keligiou contre son dessein], il les changea'1).
Combien de gens craignent de se trouver treize à table, combien sont saisis de fraieur dez qu'une salière vient à se renverser, à quel les faiblesses, à quelles extravagances, à quelles folies l'homme n'est- il pas sujet.
v. 270. Trembler atw pieds (Tun Singe assis sur leurs autels; Et sur les bords du Xil. les peuples i m bée il les, L'encensoir à la main cherche/les Crocodiles.
Juvénal commence ainsy sa l.V satire :
Quis nescit, Volusi Bithynice, qualia démens /Egyptus portenta colat; Crocodilon adorât Pars hœc; llla pavet saturam Serpentibus Ibim Effigies Sacri nitet aurea Cercopitheci ..
(1) Le changement de ces deux vers est bien indiqué par Brossette, mais Uuileau en explique la raison.
8a COMMENTAIRE DE LE VERRIER AVEC
Satire MIL Quoi ? me pruuverez-vous par ee discouru profane.
w a;6* Que l'Homme, qu'un Docteur est au dessous ûTttfl asnel
( fela esi dit malignement pour le [)* Morei à cause de ta mâchoire imi non [C'est du Docteur Mo ici dont on parle* La raison en a esté touchée
uvotnt parlé. (U
au commencement de celte satire*]
Et aue peut-il penser, lorsque dons une ruti Au milieu de Paris il promène su veuë : v. a8i). Qu'il voit de toutes pu ris les Hommes bigarrezï
A Paris chacun s'habille de la couleur qui luy plaist.
Que dit-il f/uand il voit, urec la mort en trousse, Y, 2tyjL, Courir citez un Malade un Assassin en hausse :
des malles Les médecins n*u liaient autrefois que sur [une mu lie] couvert <-s de
Zela ne s'entend [d'une] housse. Aujourd'hui' ils vont à cheval ou en carrosse* [Mais sans nt- avoir égard k la monture ny à la voiture, l'autheur leur a toujours donné
le même nom. Quand il est malade, il ne demande point de médecin. Il ne veut qu'un guérisseur*] W
v . a g 3 . Qu il tro u v e de Pet la us un es eut h v> n fo u ré% Suivi par un Hecteur de Bedeaux entouré :
On appelle assez ordinairement du nom de Pédans tous les régens l'Université. [Il y en a pourtant qui n'ont aucune marque de pédantisme. Quand l'autheur les nomme îcy Pédans, c'est pour l'accommoder au
i'est servi du mot escadron fouré que
langage commun.] Il [les appelle escadron fouré], à cause [de] leurs
m nt f mirées d'hermine W robes Je Docteur [dont TestofTe est noire et la foureure d'hermine.]
v. 296. Mener tuer nu homme ocre cérémonie?
Le Lieutenant criminel monté sur une mule ou sur un cheval accom-
( i ) Drosse ttc ni? parle pas ici du Docteur Mord auquel Boilcûu a fait allusion et à qui mU# M di*din*.
(a) Ottf jvinnrqtie est nouvelle, mais il i-sL curieux do consulter l'absence de touU- proiesluiion de Boilcmj eontro celle nmmttfm de Lt Verrier cjue* lorsqu'il était malade* û ne demandait point ilc médeiin. mais un tfulrïiaaatlï !
<J| faite explication sur lètf pAU&i vit4l nar le satirique n'e*t pas* dans le commenUiife de UroïsH'ih'
itire Y III. axsisle à l'exécution
pagne le criminel jusques à l'échaflault et [lui voit subir l'arrcst de sa condamnation.] (,)
v. •Ai)';. Que pense-t-il de nous? lors que sur lé Midi 298. Un hazard au Palais le conduit un Jeudi;
C'est le jeudi que se tiennent les grandes audiances de la Grand'- Chambrc du Parlement, et c'est sur le midy qu'elles finissent, et que tout le monde est répandu dans la grand'sale.
De tous costez, Docteur, voiant les Hommes fous, Quil diroit de bon cœur, sans en est re jaloux, v. 3oj. Content de ses chardons, et secouant la teste,
Ma foi, non plus que nous; l'Homme n'est qu'une beste!
Et secouant la teste. Expression charmante. Car par là l'autheur le même geste que font donne à I'asne [le même mouvement ordinaire de] tous les hommes lorsqu'ils condamnent quelque chose li).
(i) (2c détail est nouveau.
(a) Ce petit commentaire du ven» .'{07 est nouveau.