‹ Les Satires de Boileau, commentées par lui-même et publiées avec des notesChapitre 25 sur 43 · V. 6a, If al 1er eomme un l famée à f immortalité · texte numérisé non relu

V. 6a, If al 1er eomme un l famée à f immortalité

Qitod si nie Ivrîcis vatibus inscris

ttublimi feriam sidéra verticc (H.

(Ode i )

Et déjà ootw croyez dans vos rimes ohsmresy v. G^ . Aur Sauaatizes futur* préparât des tortures.

En lisant cette Satire axée, l'a ut heur, il me dit, ma prophétie n'cst-elU pas vraie. C'est à vous h qui je parlais des re temps-la. Si je me suis donné la torture pour atraper ces remarques maigre ta ràttiftgfi&cica flull avoît à me les donner, j'espère que ceux qui les verront me srauront quelque gré de la patience que j av em- pour les lui arracher

Mais combien d'iïcrivains> d'abord si bien reremt

So/tt t/e re fol espoir /umtettseuteuf flet rus t Combien, /mur tptetfpuss m(mt Ont veu fleurir leur liv, V. 68 Dont les vers en patptet se remit* ut à la livre* et siliv. VûUâ poarez toff mt frtnps vos rt rits estimez, Courir de main en main par la vit h* semez :

Imitation d'Horace dans l epitre a son livre, v» 1 1, ép, ao. CartlS cris Romie, donec te dosera t. :Haw Contreetatus ubi nianibus sordescere Yulgî (loeperis : aut lineas pasees taciturnus merleîs : Àut fugies Uticani, au! unelus mitlcris llcrdam <3>.

Puii de là tout poudreux, ignorez sur fa terre,

v. ;a. Suivre ehez t Epicier Neuf-Gtir&Mtifi vt ta Sert* ;

La Serre a composé plusieurs livres, dont il se moquoit le premier comme il se moquoit de ceux qui les ucheptoient. G'esLoiL un 1res grand

(i) Ce rop[»rochem<tftf avft- llArnrp n*Wt pas lignolé [*Jir Iph Irois cïwiiii<pntAiPiir& de DoOmM^ t'i\ Cette Unie *>M u rati'itîr, fille lUDQtrti I. «ni. r* bofino fr'i d*' Lo Vrnî- i , <i UrOUfttB « dit,

aprr* lui. un isnji'1 Uv Of flIÂnifi vit*, 'jn d l"i I I ins|iir»; |g |Hvini> n- pi us.-.< de I.miv im BOMMB*

i;iiir mu le* rriivr^N de M EkcprètfUX 1

(;i) Celle hiiîUiltmi d'Iloruce n esi pfl ,...» *■ IRH« * WMI mMUÉum de PllilMHti

COiUUCCTin.NS AUTOfiltAI'lIKS 1)K I>KSI>IIKAI?X <) 1

s<ittn- IX. diseur de galimatias mais c'estoit un bon homme qui se connoissoit, et qui se rendoit justice h luv-meme. L'n jour il esloit chez Ilichesource ou des gens qui valaient mieux que lui ne laissoient pas d'aller, et entendant ce fou qui déclamoit son galimatias avec la même confiance et la même fureur que s'il sestoit senti un vray Démosthene, St-Cîermain *lt se leva de dessus son siège, courru l'embrasser, et luy dit, Monsieur, il faut l'avouer, vous entendez encore mieux le galimatias que je ne fais '-'. Molière disoit que St-Germain {l] qui porloit une grande barbe dans le temps que tout le monde estoit rasé n'estoit recommandable que par l'antiquité de sa barbe et par la nouveauté de sa poésie.

Voiture a imite cette poésie extravagante et y a jette de cet esprit de naïveté et ce tour fin qui ne l'ahandonnoient jamais, (le sont ces vers à la mode de Neuf-Germain qu'il adresse à M. DWvaux, le plénipotentiaire, où entr'autres choses il dit de luy :

Le délivreur dWndroméda

Vit moins de mers, de monts, de vaux,

Monté sur son aislé dada,

Ouc n'en courut ce grand DWvaux.

La Fontaine a aussy imité celle poésie dans une pièce qu'il a composée à la louange de Monseigneur sur la prise de l'hilishourg, et que j'av trouvée parmy les papiers qu'il m'a laissez en mourant, car que n'imitoit-il point, et quel genre de poésie n'a-t-il point imité. Voicv un morceau de cette imitation :

Le Dieu du Rhin en a dit, Fi,

Je sens les corps ensevelis,

Et non le bois de Calamhourg

Le long des murs de l'hilishourg.

Après avoir rapporté ces imitations, il est bien juste de faire voir icv un eschantillon (h* l'original, qui surpasse de beaucoup les excellentes copies que je viens de raporter. C'est une épigramme pour M. le Duc de Richelieu :

Fendez en deux une souris

Prenez la moitié d'une mouche,

Coupez million par le millieu,

Vous avez trouvé Richelieu.

(i) Le Verrier a êeril Saint-tierutaiit pour NeiiMîennain.

(i) La parti*1 île la noie de Le Verrier relalive a I,a Serre a été emilirmee par llmssette. ipii La plaeee ;iu vers iHî «le la salire Ml avee celle seule différente : Brossette fait jt»uer a l-a Serre au sujet île l'elmpieiiee île Kiehesouree le rôle <|iie Le Verrier donne a Neuf-tieruiaiii \is-a-\is de La Serre. Si Le Verrier a raison — et e'esl peu probable — le diseours «'tait ee jour-la proiiomc par La Serre et non par l\it- liesouree.

Satire IX. i4v M hnnwttr pÙW ratts. vtt lunjtinl WWf ottrnn/t's

Orrtiprr le loisir des Laquais et des Parjes, Et Sautent dans un coin re/nnt/ez à ïéc&rti v. 78. Servir de second tome mw airs du Savoyard!

Le Savoiard esloit un chantre du Fout- Neuf fort renommé. 11 avoit avec luv une espèce de Troupe, L'autbeur ne baissoit pas dé l'aller entendre et en parte fort, volontiers- Ce Savoiard a fait imprimer un Ji de chansons. En voiey deux vers que j'av entendu citer â l'autheur : L'embarquement est divin Quafld on s'embarque sur Le vin W<

Il avoit imité autant qu'il avoit pu, par raport a son art ce fameux farceur appelle Gilles le niais. Celuy-cy joiioit ses Farces dans un jeu de paulme qui estoil devant tefl fëoestres de l'abbé de Marottes, Dans le temps que ce Farceur faïsoît le [dus de bruit, l'abbé faisait imprimer sa détestable traduction de Térence, et sa folie alla jusqu'à y mettra que M. l>e la Force, qui estoit ce Gilles le niais, cliarmoiL tout Paris, comme Térence avoit charmé l'ancienne Rome dK

vre

v . g 1 . Le Jouas inconnu sèche dans fa poussier*-.

Le Jouas rst un poème composé parCoras, ministre de la R, IV IL de Guienne. C'est le même qui prclendoit avoir fait cette Iphigëuîe dont Le Clerc vouloit eslre le père et qui n'est connue qur parti M épigr&miXtâ île M. Racine :

Entre Le CIcre ei son amy Coras,

Tous deux autheurs rimant de compagnie,

N'a pas longtemps sYrneurent grands défais

Sur le sujet de leur Iphigénîc,

Le Clerc" disait : la pièce est de mon cru.

Coras répond : elle est mienne el non vûslitr.

Mais aussy tost que la pièce a paru»

|*lus n'ont voulu 1 avoir fait Fini ny Ta titre °\

{ i) Voici le h vtr exact des deux vers otbéti âê pbtla dliniSOfi «lu Savoviinl.c'osl Je rcfrinri ï L'embarquement esl divin Ijusiml 011 vi^tie, vut;ui\ Ytigue

QusimJ Mil vqgwc sur le mu.

[Air bachique u ta gbnre ttn bmii biberon*) i<d de i06Cj j

(1) H 11 rfit pas rjuesttoa dlfll lu nota de BrotMMJllO «le Gilles le Ni*u«, » l ili* l'nbbé de Majui (3) Vuîeî Je texte esta Je oott* r-jùirnui nir U- Verrier « oitfa ââ iiétmmire ;

Knlir Lr Ct«rC 'l SOU *unv COTO**

Doqi gfttfidi ittUfim numtkL ilci aimpaiirnJ*,

fta lui* Juugtem|>> BOUftlifVni ^mmb ilelmi*

Sur le prppOi de If'"» Iphigi

Cor»* lui <lti : * L» lufro rst il*1 rtlOH «ni- "

\<r tUerc r« |.Mtul .. l:t|r uni ihk rnif ♦■! ïi*ui ViMn

Mal* lusittool (jui9 ftttivrtj^f a paru,

Wus n'ont voulu jijivi'11 luit I un uv froto*.

COIUIKCTIONS ALTOGHAPIIKS 1)K DKSI'RKAUX ij'.\

ntirelX. v. y2. Le David imprimé n'a point veu la lumière.

Le David est un poème de la façon de Las targues ,h. Ce Las Fargues, Des Escuteaux et quelques autres estoient des disciples du fameux Nervèze. Et si on en croit l'autheur, Balzac, à proprement parler, n'est qu'un Nervèze rectifié.

v. y3. Le Moïse commence à moisir par les bords.

Le Moïse est sorti de la main de Saint-Amant. Ce malheureux poème '-> exprimé par le dernier hémistiche d'un quatrain de Marolles, a gasté trois fort heaux vers et demy qu'il avoit faits par hazard, en parlant à la Heine de Pologne, Marie-Louise de Gonzagues : Telle et plus helle encor la divine Louise, Sur le trosne du Norl, hrillant de ses attraits, Etonna le Sarmate, et vainquit de ses traits Casimir et son Frère, et l'illustre Moïse.

les deux

I^e tombeau contre vous ne peut-il les défendre ? Et quant fait tant d'Auteurs, pour remuer leur cendre ? Que vous ont fait Perrin, liardin, Pradon, Haynaut, 98. Colletety Pelletier, Tit reville ,3', Quinaut.

(1) Las Fargues pour Les Fargues. Boilcau, nous le remettons, n'a ni infirmé ni confirmé l'opinion que lui prête Le Verrier sur Balzac.

(a) Ce pot- me renferme de très beaux vers parmi une foule d'autres plus que faibles. Boilcau s'est moqué particulièrement d'un passage du Moïse sauvé, dans l'Art Poétique, vers 261 et suivants :

N'imitez pas ee Fou, qui décrivant les mers. Et peignant, au milieu de leurs Flots entrouverts, L'Hébreu sauvé du joug de ses injustes Maîtres, Met, pour le voir passer, les poissons aux fenêtres.

Desforges-Maillard a fait bonne justice de cette critique dans sa lettre sur un vers de Saint- Amant, lue à l'assemblée publique de l'Académie Royale des belles-lettres de La Rochelle, le 19 avril 1753. (Voir Dcsforges-.Maillard : Œuvres nouvelles T. 11, Nantes, 189a, éd. Arthur de La Borderie et René Kerviler.)

(3) Brossette a mis la note suivante sur Titreville au sujet du vers 45 de la Satire VII : • Poète très obscur, dont il y a quelques vers dans les « recueils de poésies ». Nous croyons cette note inexacte; les recueils de poésies du XVII- siècle (voir notre Bibliog. des rec. collectifs de poésies publiés de 1597 à 1700, 4 vol. in-4) ne renferment aucune pièce signée Titreville.

Il v en a une signée Thiesseville, probablement Tierceville (le Quentin de Mahault, chevalier, seigneur de Tierceville, lieutenant-colonel du régiment de Roncherolles, vint a Dieppe en 1O78. en qualité de gouverneur et y mourut le 17 mars 169a. Il avait de l'esprit et de la facilité pour la poésie. Ses vers couraient les salons, nous en avons publié quelques-uns (Bibliog. des rec. collectifs, T. Il, p. 49'»: T. III, p. 554 et T. IV, p. 19a).

II y a, a notre connaissance, deux Titreville : le premier a fait un poème latin : Chessiacum (Chcssy, près Meaux) Ad. D. Ilenricum de Fourcy par Carolus de Titreville. 16J7, in-4*. t<% n'est pas à lui qu'a songé Boileau.

Le second : Claude de Titreville, mort le a(» août 1078, a 70 ans, était conseiller du Roi et substitut du Procureur général : marié a Madeleine Lambert, il eut une tille, Charlotte, baptisée le 18 mars 165?. Il demeurait rue du Grand-Chantier, paroisse de Saint- Jean-en-Creve (Rochebilièrc, ext. des registres de l'eut civil, Ms. 3Gaa, N. A. Fr., Bibl. Nat.). Etait-il poète?

y'i COMMEffTAlRl m: le vkuiukii a m (

Satire IX. Je ne puis in empêcher de raporler îey sur le nom de Ouinaut qui n<

présente au bout uV eè ven, une dispute que l'autheur eut avec luv sur ce que dans tous «es opéra, Ouînaul mrtloil souvent l'haetnn pour Apollon, L'autheur fort instruit de ce qu'Homère, Àpollodore, Hésiode, el les anciens rn violonistes nous ont laissé sur la faille des anciens, soutenoit que celte liberté de donner à Apollon le nom de l*haeton n'avoit trouvé place «pie parmi 1rs Modernes, OniuauLau contraire assuroil qu'il avoît leu une décision en sa laveur dans Noël Le Comte, Ils firent sur cela une gageure, L'aulheur dans le rabinel duquel se passoit la dispute prit le livre, et y trouva une dérision absolument contraire a l'opinion île Ouinaut. Aussylost l'aulheur ne manqua pas de dire vous voiess que Natalis Homes vous condamne : Oh! dit Ouinaut, je ne m'en suis pas raporlé à Natalis Cornes, nuits à Noël Le Comte, L'aulheur par lionnesteté ne voulut rien dire. Le Faiseur d'opéra triompha de son silence* Il en appella à son amy Simounet, gros banquier fjuî se piquait de sçavoir le latin pour son amy Ouinaut et pour luv, surtout ce luv d'Ovide, \ quelque temps de là on engagea l'aulheur de disner avec Simonnet qui ayant renouvelle la querelle, demanda à l'aulheur s'il entendoit le hiltn, Celuy-cy luv aiant réparti qu'il (entendoit comme un bon B inquierdevoit scavoir l'arithmétique. Kt vous, Monsieur Simonnet, savese-vous le grec, le Banquier fut si étonné qu'il conseilla a son amy Ouinaut île * accommoder. Kt jamais îl n'y eut d'accommodement la-dessus, quoique d'ailleurs l'aulheur et Ouinaut lussent réruneilir/ lorsque Ouiuau

mourut <h.

Ct* qu'Us fttttt vaux ennuie. 0 le nlaUcnt détour l Ils ouf bien emtutë h ffrôj toute Ut Couri Sti/ts que h moindre édâ «yi pour punir leur crinte* v. io'| . tlelrèncAé h$ AuttUH} OU ttipprimé h rime

Cette satire fut faite dans le temps que Mr Colbert retranchoit tout, et supprimoit tout* La famille de lauthriir s'en est ressentie, el la douleur n'en est pas encore passé*

Escrive qui tondra : ChncttA à ce métier

Peut prrrfr*' mpunémeni de /V«c/r c/ du papier^

(i)Tiftilf l'ottc loflglM BCMfl «le Le Verrier ivJbttiYQ M l» tfffpUU fa Brulcnu et de Quînault atw

À|*dloii t"l Ph;n- rsl en \u\i\u< iu»kd*ln {HUM \f% ÇOtrWrHSliotW il" BTOMWtti m?** (Inîlrou

(M*. i7m-]?) d*' lii Hibî. \n( ). il »%l rgiM sli<Mi inoil<mmrjH de N«l*IUj GftflMt (mn\rr*nlimi du ilimaiirlii1 aa wlabrc I^M)*

[tj Uro**»tl<? un \m dm ■ ■■ m . mu un, dUttlOOir Lq Vfitîff ttfl lormrl, U parle tli» la <)nnU*ur a U hum lit* A? \5o\tea\i p*r km reftrtfli branantl **tir h*n pnmioiïn détidétt |»«r CdtktHi éaû ijui u.t.ui [Ma ' u» '«M- itll^iblii' ,1 krmfeO «hihih dr di^lwiu'r,

CORHKC.TIONS AUTOCIIIAIMIKS l)K DKSIMIKAIX y.r>

>atire IX. l'/t Roman, sans blesser les foi.r ni la coutume,

v. 108. Peut conduire un Héros un dixième volume.

Ces Irois romans, La Glélir, I/Artamène et l'haramond sont composez chacun de dix volumes.

De là vient que Paris voit chez lui/ de tout temps, Les Auteurs à yrands flots déborder tous les ans : v. iii. /:/ //>/ point de portail, oit jusf/ues auj- corniches, Tous les piliers ne soient enveloppez d'affiches.

Jusques aux corniches — parce que les corniches estant composées de parties inégales et tranchantes, on ne peut y mettre des affiches {U.

v. i iy. Gardez-vous, dira /'/'//, de cet Esprit critique :

On ne sçait bien souvent quelle mouche le pique : Mais c'est un jeune Fou qui se croit tout permis, Et qui pour un bon mot va perdre vinyt Amis.

Horace. Sat. 4, Liv. i.

Fcrnum hahet in cornu, longe fuge : dummodo risuni Excutiat sibi, non hic cuiquam panel amico. Pour juger comhien nostre autheur ajoute à ce qu'il imite, et comhien son imitation est au-dessus de celle de Régnier, il n'y a qu'à comparer le passage d'Horace avecceluy de cette satire et avec un endroit de llegnier, sat. 12, v. 5i :

Leurs femmes vous diront, fuiez ce médisant. Fâcheuse est son humeur, son parler est cuisant. Quoy; Monsieur? N'est-ce pas cet homme à la satire Qui perdroit son amy plustost qu'un mot pour rire! Au reste, il est hon de dire icy en faveur des Etrangers que ce vers: On ne sçait bien souvent que/le mouche le pique est un proverbe François. On dit, en effet, en parlant d'un homme plus chagrin et plus capricieux qu'à son ordinaire, je ne scav quelle mouche l'a piqué. Et par là l'aulhcur imitant le fœnum hahet in cornu d'Horace, a rendu proverhe pour proverhe.

// ne pardonne pas aux vers de la Puce/le, Et croit rétj/er le monde au y ré de sa cervelle. v. ï-jTk Jamais dans le Barreau trouva-t-il rien debout

(i) Cette explication sur les c«»rnirhes n'est pas dun» le eoiiiiueiituire de Brosaelte.

Il n'est pas surprenant que le père de l'autheur ait voulu le faire avocat. 11 a donc pendant quatre ans porté la robe au Palais. Et c'est là où trouvant des ridicules qui ne se trouvent point ailleurs dans un si haut degré de perfection, il ramassa ces caractères et ces personnages qui jouent leur rolle avec tant de grâces dans les Plaideurs de Racine.

L'autheur n'a jamais fait de fonction d'avocat. 11 a seulement une fois en sa vie esté chargé d'une cause qu'il ne plaida point, parce que l'affaire s'aceomoda. Et cette cause ne luy a donné d'autre pêne que celle de songer qu'il falloit l'étudier avec soin pour la plaider, et de donner sa décision sur un fait de procédure dont les Procureurs qui ne pouvoient convenir entre eux le rendirent le juge et l'arbitre. Le Procureur de la partie de l'autheur soutenoit qu'il falloit faire interroger l'autre partie sur faits et articles. L'autre Procureur soutenoit au contraire qu'il n'y avoit pas lieu à interrogatoires. Ils vont trouver l'autheur qui, dans ce moment-là, faisoit quelques vers dont il estoit plus occupé que de la cause. Les vers l'occupèrent toujours. Les deux Procureurs crièrent, se débatirent, chacun de son costé n'oublia rien pour persuader ce nouveau Jurisconsulte en sa faveur. Alors l'autheur qui n'avoit pas entendu un mot de tout ce qu'ils avoient dit leur demanda en riant de quoy il s'agissoit. Son Procureur répondit qu'il n'estoit question que de faire interroger la partie adverse sur faicts et articles. Et cela devroit déjà estre fait, répartit l'autheur. Les deux Procureurs reçeurent son arrest avec soumission. Et comme ils descendoient l'escalier, il entendit que le Procureur qui avoit esté condamné disoit à son confrère, ce jeune homme-là ira loin. II n'y a qu'à considérer sur quoy estoit fondé la bonne opinion de ce Procureur ll.

v . i :>A\ . Peut-on si bien prêcher qu il ne dorme au sermon ?

Il est "vrav qu'il n'y a guères de sermon où l'autheur ne s'endorme. Mais quand il trouve un excellent Prédicateur, l'envie de dormir luy prend moins qu'à personne. Pour juger de son goust pour les sermons, il n'y a qu'a scavoir ce qu'il dist un jour au Roy. Le Père Gaillard, jésuite, avoit prêché à Versailles. Le I\oy l'avoit entendu et approuvé. 11 n'en fallut pas davantage. Les courtisans le louèrent à I'excez; surtout Mr le Cardinal de Bouillon en parla comme d'un sermon merveilleux. L'autheur estoit présent et gardoit le silence. Le I\oy luy demanda ce qu'il pensoit du Prédicateur. L'autheur répondit qu'il avoit assez bien prêrhé. Le l\ov témoigna que cette réponse ne luy déplaisoit pas, et

(i) Hr.»SMti.- m* nous dit rien de l'anecdote racontée par Le Verrier sur la façon dont Boileau

ruinj.ris 1 «\ri( i( c de sa profession d'avocat.

CORRECTIONS AUTOGRAPHES DK DKSPRKAUX y-

Mire !X. Mr le Cardinal de Bouillon voyant que les Hieurs n'estoieut pas de son costé, changea de discours, et dist que la plus belle action qu'on oust faitte en chaire, c'estoit l'oraison funèbre de Mr de Turcnne que Mr Mascaron, éveque d'Agen, avoit composée. Le Roy voulut encore sçavoir ce qu'en pensoit l'autheur. 11 répondit qu'après le récit de cette pièce, tout le monde l'admiroit, mais que l'admiration cessa dez qu'on vit cet ouvrage sur le papier, et que la première période ne s'entendoit pas. A propos de tout cela le Roy demanda encore ce que c'estoit que Mr Joly, ancien évoque d'Agen. L'autheur répondit que c'estoit un Homme de qui on ne disoit point quand son sermon estait Fini, qu'il avoit bien presché, mais que tout le monde crioit tout haut, alons à confesse. Et Mr Le Tourneur dont j'entends si fort parler, reprit le Roy, quel homme est-ce? Sire, c'est un grand prestre mal basti de qui on dit lorsqu'il monte en chaire, pourquoy y monte-t-il. Et quand il en descend tout le monde se demande l'un à l'autre, pourquoy en descend-il. Mais encore, ajousta le Roy, d'où vient que tout ce peuple court en foule après Iuy. Sire, répondit l'autheur, c'est qu'il presche l'Evangile ,,,.

Mais lui qui fait ici le Urgent du Parnasse, v. 128. X'est qu'un gueiw rêve* tu des déport if les d'Horace.

Si-Ravin '-' reprochoit à l'aulbeur qu'il pilloit Horace, Ju vénal et Régnier. v

v. i.'ti . L'Un et l'Autre avant lui s'estaient plaints de la rime. Et c'est aussi sur eu.r qu'il rejette son crime :

Les Grecs ny les Latins ne connoissoient point la Rime. C'est une grande question que de sçavoir en quel pais elle a pris naissance. Les Provençaux soutiennent qu'ils en sont les Inventeurs. Reut-estre ne sont-ils pas mal fondez. Mais toujours y a-l-il beaucoup d'aparence qu'elle a pris son origine parmi les Gaulois.

J'ai peu lu ces Auteurs : mais tout n'irait que mieu.i\ v. i3r>. Quand de ces Médisans l'engeance toute entière Irait la teste en bas rimer dans la rivière.

M. le Duc de Montauzicr disoit qu'il faudroit envoier l'autheur aux

(i) I-e Verrier se fait ici le chroniqueur des faits et dits de son auteur favori, c'est une contribution utile et inédite — jk)ut l'étude du caractère de Boileau.

(a) Le Verrier fuit allusion au fameux sonnet de Saint-Pin in reproduit par Brossette, p. 44a, T I. Despreaux trrinipé* sur Parnasse

le

<jt COMMCXTAlitf: Ufc l.K VKKIUKH W

ilfUirt' ix. galères avec une ronronne de laurier M*. Voilà comment Platon clias&oit Homère de sa République (Platon, lib. \ p- #^jH, édit. Serran), et par ta fragmens île Cîc&M l'on trouve que dans son {* livre de la Republique SI avoît copie cet endroit de Haton car il dît : ego vero eodetn quo iJle Homemm redtmitum coronis et delibulum unçeniis nntit exea urbe amnn ipse sibi fingit.

Toute la Cour sçait que le Due de Montauzier qui souvent se condtù soit plutost par les loix de l'amitié que par les loix de la raison, n'es toit pas content de la manière dont i'autheur traîtoit Chapelain dans ses satires. Cependant il pressa plusieurs fois Puv-inorin de mener lautheur disu chez luy. Mais lautheur qui naturellement est distrait, qui est extrèmeme vif et qui accompagne ses discours d'une action véhémente, < raigltoil de se trouver à la table de ce duc, car avec* un très grand lond de boute, î ne pardonnait point la moindre faute. Un jour il trouva dans la Chai ni du Roy raulbeur à qui il dit : voulez-vous que toute la Cour croye qu nous sommes mal ensemble* Si vous ne le voulez pas, venez donc disner avec moy. II y alla. Le Duc luv enseigna comment il fa! [oit se tenir sur son siège, de quelle manière il falloit d'abord mettre la nape sur ses genoux, puis la serviette par dessus, enfin tout ce qui! falloit pour observer les règles d'une politesse et d'une adresse fort outrées. L autlieur sortit de ce repas sans avoir fait de faute, et il s'admire encore aujourd'hui la-dessus

Rien n'&ppûùe un Lecteur toujours tremblant </'7/*">\ v. rfla. Qui voii peindre en autrui ee tfuit remarqué en ritf.

Ce vers contient une grande vérité.

Cum sibî quisque timet, qu;u.nquam est intactus, et odit

lllorat, Sal, i, lib, 2)

Est-rt* un crime après tftnt, et & nuiret si grand f Et tpti roifuuf un Fat s'applaudir fun ùHtor0ge%

( h la dmitr Ituisvu trébuche à chtlÇUé paye.

Ne s*écrie austi-twt : Uimpertifient Auteur î v. \T)t[. L'ennuyeux Ecrivain ! fo maudit Traducteur}.

U)\a-' mot do Due du Mrwmimirr <"*i rtppofld diffélttflanaàt pur Le Verrier m Bn>aseue. D'apce* iv. premier, Vlr de MmilMiinirr turèJt du « f|u'il faldnil eflwyw Bi»ik'«u aux ^alH^s nvec une eourtïfirn^ Av Laurier »t d'upre* le ftcCQJid « qu'il Uni! rail etif&yor Boîleou ri tous les «atlrlqucii rimer dans la rivière *> !«** Put' de ManUiasut ;t tt^und.wa traduit en vers Les saiirca de Perse et la dîïième aalirr de JuvénoL (IW. Cemrurl, j.j^Ji, Bild. de l'Arsenal.)

(j) Tuus les ddtâill iWhcs par Le Verrier **ur loi reUikm» du !>»«' de MflntMBMiif rt du poète ne Mcint pus dan* Le OOidlDCIitali» ÛM Brûm ttlfli

CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREAUX yy

relX. C'est de l'abbé de Marolles dont Fautheur parle icv ,!>

.1 quoi bon mettre au jour tous ces discours frivoles, v. i5G. Et ces riens enfermez dans de grandes paroles ?

Voilà, à mon sens, un des plus beaux vers qu'il ait faits. Oue ne fait-il point entendre! Il me semble qu'Horace n'alloit point si loin quand il disoit

Versus inopes rerum nuga»que canora?

Si Von vient à chercher, pour quel secret mystère, v. iGo. Alidor à ses frais bâtit un monastère :

1G1 . Alidor, dit un Fourbe, il est de mes Amis.

Je l'ai connu Laquais avant qu'il fust Commis. v. 16S. C'est un Homme d'honneur, de piété profonde,

Et qui veut rendre à Dieu, ce qu'il a pris au monde.

v. iGo. Horace. Liv. i, v. yG, Sat. l\.

Me Capitolinus convictore usus amicoque A puero est : causaque mea permulta rogatus Fecit, et inrolumis helor quod vivit in urbe, Sed tamen admiror quo paclo judicium illud Fugerit. Hic nigne succus loliginis, ha*c est .'Erugo mera

v. 1G1. Cet Alidor est Daliberl dont on a déjà parlé. Furetière avoit fait contre luy cette épigramme {i).

v. iG3. C'est du bonhomme Pinet que cela avoit esté dit d'abord, mais très mal à propos, de l'aveu même de l'autheur {[h.

A Malherbe, à Racan, préférer Théophile, v. i jG. Et le clinquant du Tasse, à tout l'or de Virgile

(i) Cette allusion à Michel de Marolles, n'est pas signalée dans le commentaire de Brossctte. (?) Brossettc parle seulement d'un riche partisan, il le nomme dans le Ms. i.Vt-.V ta» Verrier nous confirme que c'était Dalibcrt qui a été surintendant de la maison du Duc d'Orléans. Voici répigramnie de Furctière (Tallemant. T. V., p. 86) :

Taudis qu'Alidor fut laquais,

Il fut soumis, humble et docile.

Mais quand il eut fait force acquêts,

H fut rogue, altier, difficile.

On l'eut pris pour un Hoitelct,

Tant d'orgueil le lit méconuoitre.

Je vois bien que d'un bon valet

Ou ne sauroit faire un bon Maître.

(3) Le Verrier nous apprend une application inexacte qui avait été faite de ~ ce vers à Pinet, cependant Brossettc ^Ms. i.V.t^Ô) cite également, à ce propos, Nicolas l'inctte, trésorier de Oaston d'Orléans.

On parle icy d'une dispute que l'autheur eut chez Mad. de Mazarin avec le Duc de Nevers qui préféroit Le Tasse à Virgile (1>. Quelle différence, bon Dieu! Virgile ne s'escarte pas un moment du vray-semblable même dans la fable. L'autre ne s'en aproche presque jamais dans une histoire vrave. Dez l'invocation qui est au commencement de son poème, il dit à la Vierge qu'il introduit :

Tu rischiava il mio canto, e Tu pardona S'infesso fregi al ver

Voilà une belle manière de disposer son lecteur à croire que tout ce (pion va luy dire est plein de vérité. L'Arioste en use avec plus de sagesse. Car en racontant les plus grandes absurditez, il leur donne un air de vérité qui, quoique connues pour fausses, paroissent du moins snporlables et comme vray-semblables au lecteur.

Un Clerc, pour quinze sous, sans craindre le hola, v . i ;S . Peut aller au Parterre attaquer Attila;

i ;<) . Et si le Roi des Huns ne lui charme Voreille, Traiter de Visigots tous les vers de Corneille.

(l'est à F Attila que Corneille commença a ne se plus faire connoistre pour le Poète de qui sont sortis les Horaces, les Cinnas, les Polyeuctes.

Et quant produit mes vers de si pernicieux, Pour armer contre moi tant d'Auteurs furieux ? Loin de les décrier, je les ay fait paroistre; Et souvent, sans ces vers qui les ont fait connoistre, Leur talent dans l'oubli demeurerait caché. v. i<)X. Et qui sçauroit sans moi que Cotin a prêché?

Bien des gens nioient que Cotin eust presché, et ne doutoient que tout ce (pic l'autheur raconte de ses sermons ne fust une fiction toute pure

// a tort, dira l'un, Pourquoi faut-il qu'il nomme ? Attaquer Chapelain! ah! c'est un si bon Homme. v. ><>.V Balzac en fait V éloge en cent endroits divers.

Il est vrai, s'il m'eût crû, qu'il n'eût point fait de vers. Il se tue à rimer. Que n'écrit-il en prose ?

(i) Il im-nI j.;is question dans Hrossctto de la dispute de Doileau avec le Duc de Nevers clie2

M.irl.iim' il»' Mit/aiiii au sujet du Tasse et de Virgile.

, m r»i.il< ;ui. d'.qnvs Hrossettc. appliqua a Cotin ce qu'il avait dit de Cassagnc.

CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREAUX IOI

tire IX. Tout cela est raporlé mot à mot pour l'avoir entendu dire à Larré, abbé de la Victoire.

Voilà ce que F on dit. Et que dis- je autre chose ? v. 209. En blâmant ses écrits, ai- je d'un stile affreux, 210. Distilé sur sa vie un venin dangereux?

Ma Muse en l'attaquant, charitable et discrette, Sçait de l'Homme d'honneur distinguer le Poète.

Par là M. Arnauld justifîoit les escrits de l'autheur {U.

v. 218 Qu'il soit le mieux rente de tous les beaux Esprits :

Chapelain avoit 8.000 I. de pension du Hoy. C'est ce qui irritoit l'autheur '-'. II n'a jamais parlé de Chapelain qu'il n'ait cité quelque chose de son poërae de la Pucelle. Voicv ce que j'upris de luy en me faisant cette remarque. C'est la description d'un combat enlre un oiseau

de proye et

Kt bien que d'un long bec il ait le (lanc percé,

Il luy tient le long col de la serre pressé,

Les Dents, tout luy manquant, dans les pierres il plante

Mais ton illustre aspect me redouble le cœur,

Kt me le redoublant me redouble la peur ,3).

v. 225. Quel tort lui fais-je enfin ? ai- je par un écrit, Pétrifié sa veine, et glacé son esprit ? Quand un Livre au Palais se vend et se débite, Que chacun par ses yeux juge de son mérite :

Ce trait est pris dans la ir# satyre de Perse, v. 1 kj.

Men' mutire nefas, nec clam, nec cum scrobe? Nusquam Hic tamen infodiam, vidi, vidi ipse, libelle : Âuriculas asini quis non habet.

Le sens de Perse est de dire : II est vray que je fais mal une satyre, mais je fais la guerre aux vices qui régnent dans Home, et je ne donnerois pas mon petit livre pour toute l'Iliade de Labeon [ny pour la Troade de Néron]. Je feray comme Midas j'auray des oreilles d'asne, et je les cacheray, c'est-à-dire mon livre à la vérité ne vaut pas beaucoup mais je

(1) Rrossetto ne donne pas à ce vers ce petit détail.

(a) Brossette ne dit pas que la pension accordée par le Roi à Chapelain ait suscite la jalousie de Boileau.

(3) Ces vers tendant a ridiculiser le poème de La Pucelle sont pris dans plusieurs chants de eet ouvrage.

T. me salisferay en Inscrivant, et personne ne le verra. Je le cacheray comme Midas cachoit ses oreilles d'asne. La fable est que Midas avoit préféré la fluste de Pan à la Ivre d'Apollon. De là est venu le proverbe qu'un homme a des oreilles d'asne quand il manque de goust. On prétend que Perse avoit mis :

Auriculas asini Mida Rex habet Et que Ton a changé cet hémistiche de peur que Néron qui avoit composé un poème intitulé La Troade ne prist cet endroit pour luy ,l'.

v. 22y. Que B Haine r étale au deuxième Pilier :

Bilaine estoit un fameux et sçavant libraire qui avoit sa boutique au second pillicr de la grand'sale du Palais. C'est là où s'assemblent les plus anciens et les plus célèbres avocats '-•.

v. 2^3. La Satire, dit-on, est un métier funeste,

Qui plaist à quelques gens, et choque tout le reste.

Perrault disoit alors que le genre le plus bas de la poésie, c'estoit la Satyre, et dans le même temps Perrault mettoit sa principale application à composer de sens froid beaucoup d'Elégies amoureuses ,3*.

Quittez ces vains plaisirs, dont F appas vous abuse : A de plus doux emplois occupez vostre Muse : v. 2^9. Et laissez à Feuillet réformer r Univers.

À la mort de Madame Stuart, on appella Feuillet. Il dit à Monsieur qu'il s'engageoit à prouver qu'un Prince commettoit deux millions de péchez dont il ne s'estoit jamais confessé ,41.

Faudra-t-il de sens froid, et sans estre amoureux, v . 2G2 . Pour quelque Iris en Tair, faire le langoureux; Lui prodiguer les noms de Soleil et d'Aurore, Et toujours bien mangeant mourir par métaphore ?

Dans le temps que Perrault tâchoit de rabaisser la satire, il avoit lait une Elégie à Iris. Elle commence par ces deux vers :

(1) La citation de Perse est relevée par B rosse t te, mais la note explicative est tout autre. (•») Ko Verrier nous apprend que les plus anciens et célèbres avocats se réunissaient chez le libraire Bilaine.

(3) Cette allusion à l'opinion de Ch. Perrault n'est pas relevée dans le commentaire d Brossettc.

(4) Brossette ne parle pas dç ce mot de Feuillet.

CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREAUX I o3

Satire IX. Je viens, cruelle Iris, les yeux baignez de larmes

Me jetter à vos pieds, et vous rendre les armes (n.

v. 270. C'est ainsi que Lueile appuyé de Lélie,

Fit justice en son temps des Cotins d'Italie,

Perse. Sat. 1, v. 114.

Secuit Lucilius Urbem,

TeLupe, te Muti, et genuinum fregit in illis Omne vafer vitium ridenti Flaccus amico Tangit, et admissus circum pnrcordia ludit, (lallidus excusso populum suspendere naso.

Cotin à ses Sermons traînant toute la terre, v . 2(j2 . Fend les flots d'Auditeurs pour aller à sa r ha ire.

l'n jour on disputait dans une compagnie pour sçavoir si en effet l'abbé (lotin avoit presché quelquefois ou s'il n'avoil jamais presché. l*ne personne qui estoit de la conversation assura que cet abbé preschoit souvent, et qu'il y alloit beaucoup de monde, à telle enseigne qu'il son dernier sermon il y avoit trois grands cbiens qui se battoicnt au pied de sa chaire ii].

v. 3o5. Qui méprise Cotin, n'estime point son Itoi, Et n'a, selon Cotin, ni Dieu, ni foi, ni loi.

Cotin avoit fait contre lautheur quelques ouvrages où il Paccusoit de lèze majesté divine et humaine.

Mais quoi ? répondrez-vous : Cotin nous peut-il nuire ? Et par ses cris enfin que sçauroit-il produire f Interdire à mes vers, dont peut-estrc il fait ras, v . 3 1 o . L'entrée aux pensions, où je ne prétens pas ?

Il n'v a guère d'autheur qui ait parlé sur ce ton. Je ne sçay même s'il y en a jamais eu.

v. 3i2. Son, pour louer un Itoi, que tout l'I'nivers loue, \\ 1 \\ . Ma langue n'attend point que l'argent la dénoue :

On ne peut lin1 deux vers nv plus beaux ny plus llateurs que ceux-cy.

(1) Cette élégie « paru pour la première fois dans les Délices «le la poésie galante, Ih partir. if>64, et dans le Nouveau recueil de pièces choisies, (îabriel Quinet. îfifif. Hrossette ne dit pan que Hoileau la visait particulièrement.

(j) Cette anecdote racontée certainement par lloilcau a I*»» Verrier prouve avec quelle ténacité le poète ne cessait sous toutes les formes de manifester ses rancunes.

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