‹ Les Satires de Boileau, commentées par lui-même et publiées avec des notesChapitre 31 sur 43 · SATIRE XII · texte numérisé non relu

SATIRE XII

v. .'k>. Je ferais mieux, j'entends, d imiter Benserade.

Benserade. Il y en a un article dans le Dict. de Bayle. H avoit Fart de faire des vers de ballet pour la personne et pour le personnage. On a imprimé ses ouvrages en 2 vol. en l'année 1697 à Paris, chez Sercy. M. Pavillon luy a succédé à l'Académie. Il y a un discours sommaire touchant sa vie qui est de l'abbé Tallemant à la tête de l'édition. Une chose très singulière est le privilège accordé pour cette édition où il y a un long Eloge de Benserade et son caractère très bien dépeint. C'est le Roy que Ton fait parler et qui rend compte du plaisir qu'il luy a fait. Le remerciement à l'Académie quand il y fut receu est dans ce recueil. Le Ménagiana le fait fils d'un procureur de Gisors. Il s'avisa, à la réception de M. de Fontenelleà l'Académie de lire un portrait des 4o académiciens qui étoit railleur (,) : on fit une chanson sur cette réception, et il y avoit un couplet sur lui :

Touchant les vers de Benserade

On a fort souvent balancé

Si c'est louange ou pasquinade.

Mais le bon homme est fort baissé,

Il est passé. . . bis

Qu'on lui chante un sérénade

De Requiescat in pace.

v. !\ i . Le lecteur ne sait plus admirer dans Voiture.

Bussy prend aussi le parti de Voiture et dans le privilège qu'on vient de citer, Voiture y est fort loué. Voiez la préface de M. Pelisson sur

(1) Ce portrait des quarante académiciens a été publié dans « l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux », T. I, p. 108.

DES SATIRES XI ET XII ET DES EP1TRES DE BOILEAU l^I

Sarrazin où est l'éloge de Voiture. Cette Satire est l'histoire et l'économie de toute la religion chrétienne que Ton peut apprendre là, si on Tignoroit.

Car qu'est-ce loin de Dieu que l'humaine sagesse; v. i/|(i. Et Socrate, /honneur de la profane Grèce, Quétoit-il en effet, de près examiné, Quun mortel par lui-même au seul mal entraîné : Et malgré la vertu dont il faisoit parade Très équivoque ami du jeune Alcibiade?

II parle de Socrate comme d'un homme équivoque, el dans la précédente Satire (Sat. XI, versyo) sous le nom d'un bourgeois d'Athènes, il en fait un long panégyrique :

Tous ces fiers Conquérants, Hois, Princes, Capitaines, Sont moins grands à mes yeux que ce Bourgeois d'Athènes Qui sçeut pour tous exploits, doux, modéré, frugal, Toujours vers la Justice aller d'un pas égal.

v. '!'a!\. Tout protestant fut pape, une Bible à la main,

Tout huguenot fut pape, etc., par ce vers et les précédens il semble que Despréaux convienne de l'infaillibilité du pape.

J'entens déjà dici tes Docteurs frénétiques Hautement me compter au rang des hérétiques, M* appeler scélérat ', traître, fourbe, imposteur, Froid plaisant, faux bouffon, vrai calomniateur, v. 3a5. De Pascal, de Wendrock, copiste misérable; Et pour tout dire enfin, Janséniste exécrable.

Pascal, auteur des Provinciales. Wendrok qui a traduit en latin les Lettres provinciales avec des notes. C'est une fille nommée Mn° de Jon. coux qui, sous le nom de Wendrok, a fait cette traduction, et c'est Mr Nicole qui a fail les notes.

v. \\X\m Prévenons tout ce bruit : trop tard, dans le naufrage, Confus, on se repent d'avoir bravé l'orage.

Le naufrage et l'orage reviennent souvent quand Despréaux ne sait plus que dire (stérilité).

l42 NOTES DE MATHIEU MARAIS SUR LE COMMENTAIRE DE LE VERRIER

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