EPITRE VII
Jamais Iphigénie, en Aulide immolée, X a coûté tant de pleurs à la Grèce assemblée, Que dans l'heureux spectacle à nos yeux étalé, v. G. En a fait sous son nom verser fa Chanmeslé.
La Chanmeslé : il faut ajouter que c'est à elle que La Fontaine a adressé la nouvelle de Belphégor. Raporter les premiers vers qui font son Eloge et où il y a :
Qui ne connoit l'inimitable actrice Représentant ou Phèdre ou Bérénice Cet éloge qui vient de si bonne main, ornera le Commentaire et fera plaisir aux lecteurs.
Racine l'aimoit, mais M. le comte de Tonnerre le débusqua. On fit des vers sur toutes les Comédiennes et on disoit sur elle : le Tonnerre est venu qui l'a déracinée. La Fontaine l'aimoit aussy : dans une lettre missive que j'ai, il luy dit, en luy mandant les conquêtes du Roy, et lui parlant des siennes : Tout sera bientôt au Roy et à MIIe de Chanmeslé.
v. 43» Cesse de ( étonner si V envie animée,
Attachant à ton nom sa rouille envenimée La calomnie en main, quelquefois te poursuit
L'Envie animée, la calomnie en main : cela n'est pas juste. Car comment l'Envie personnifiée peut-elle tenir la Calomnie à sa main?
v. 46. En cela, comme en tout, le Ciel qui nous conduit, Racine, fait briller sa profonde sagesse
DES SATIRES XI ET Xll ET DES EP1TRKS DE BOILEAU I fo
Le Ciel qui nous conduit. 11 y a une sorte d'impiété à dire que c'est le Ciel qui a donné des ennemis a Narine pour lui faire foire des Comédies encore meilleures : En cela comme en tout, ne vaut rien du tout.
v. 87. Et qu'importe à nos vers que Perrin les admire ?. Que 1 auteur de Jonas s'empresse pour les lire ?
A propos de la noie de Brossette sur ces deux vers, Marais écrit : Toute l'histoire du Conseiller doit être retranchée, elle fait tort à Despréaux et le représente plein de petitesse, et d'un Esprit bas, qui satirisoit par humeur et par vangeance. A quoi sert de rendre au public, ce qu'il a voulu lui ôter ?
Qu'ils charment de Sentis te poète idiot v. 90. Ou le sec traducteur du François dAmt/ot
Nemarquer que ce vers, quoique non imprimé, a élé cité en bien des endroits avant 1701, et entre autres par M. Baillet, dans le Jugement des Kavans : on le croyoit imprimé, tout le monde le cherchoit, et à hHin Despréaux le donna après la mort de l'abbé Tallemant.
Furetière l'avoit mis dans ses Factums, en i685. Ménagiana.
v. 100. Sans chercher dans tes Vers ni cadence ni son Il s'en aille admirer le savoir de Prado n
II y a un /|e sonnet du même teins et sur les mêmes rimes <*>, le voici :
A l'aspect d'un bâton Boileau tremblant et. . . blême
Cria, tout haut, Messieurs, ne précipitez. . . . rien
Ouoi ! sans confession assommer un chrétien
Hé, donnez lui le tems de rentrer en sov . . . . même
Par ces mots, l'insolent, qu'on hait plus qu'on ne. l'aime
Montra tant de bassesse en son lâche maintien
Pour un homme sans cœur se découvrit si. . . bien (Ju'on eut presque pitié de sa misère extrême
(1) Marais fait allusion aux trois sonnets publies par Brossette et dont voici les premier» vers: « Dans un fauteuil dore. Phèdre tremblante et blême » (de Mad. Des Houlieres).
« Dans un Palais dore, Daiuon tremblant et bleuie »
(du chevalier de Nantouillet. du comte de Ficsquc. du marquis d'Efliat, de M. de Guilleragues, de M. de Manicanp, contre le duc de Nevcr*). « Racine et Desprcaux l'air triste et le teint blême » idu duc de Ne vers)