‹ Les Satires de Boileau, commentées par lui-même et publiées avec des notesChapitre 37 sur 43 · EPITRE VIII. AU ROY · texte numérisé non relu

EPITRE VIII. AU ROY

Im licence partout règne dans les écrits, Déjà le mauvais sens reprenant ses esprits, Songe à nous redonner des Poèmes épiques v. 58. S empare des Discours mêmes Académiques

Mêmes Académiques. Ce mot l'empêcha long tems d'être de l'Académie.

Et moi, sur ce sujet, loin d'exercer ma plume, v. 62. fumasse de ces Faits le pénible volume

(1) Ce sonnet serait de Mlle de Sçudéry d'après le Ms. :a.7$4 (fonds fr.) de la Bibl. Nat. Voici un autre sonnet et un quatrain sur le même sujet :

Dans un coin de Pnris, Boileau tremblant et blcsme

Fut hier bien frotté quoiqu'il n'en dise rien

Voilà ce que produit son style peu chrestien

Disant du mal d'un autre il s'en fait à luy inesme

Tout lo monde le craint et personne ne l'ayme

Aussy d'un mysantrope a-t-il tout le maintien

Son Racine est le seul dont il dise du bien

11 croit voir en tout autre une ignorance extrême

11 n'est pas de ces foux qui coiffés de crins blonds

Vont de mille Cloris assiéger les letons

Car il est de luy seul l'amant et 1' idolâtre

Les vers qu'il fait sont beaux mais ces enfans ingrats

Le feront régaler d'un plat de mort aux rats

Ou le rendront encor le jouet du théâtre.

Quatrain. Sur Phèdre.

Boileau ce rimeur satirique.

Ayant senti la vertu du bâton Demeura sans réplique.

Ce remède quand on l'applique Range la rime à la raison.

DES SATIRES XI ET XII ET DES EPITHES DE IIOILEAU l'|J

Gomment auroil-il dit cela, s'il n'avoit pas été historien du Roy : a-til été prophète ? il ne faut pas douter qu'il n'ait ajouté ces vers depuis ; et s'il a fait paroître cette pièce en 1G7G, je gage que ces vers n'y étoient pas, ou qu'il a été historien avant iGyS. Sinon on en fait un sorcier. Il faut consulter les éditions. Despréaux n'a placé ainsi celte pièce dans ses ouvrages que pour conserver Tordre du teins.

Horace tant de fois dans mes vers imité, v. 88. De vapeurs, en son temps, comme moi tourmenté.

I)e vapeurs, etc. Ce mot n'a jamais été dit seul, au figuré, pour une humeur chagrine et satirique : on n'en trouvera d'exemples nulle part. Voiture parle de ses vapeurs : ce n'étoit point un satirique. Il faut donc dire que dez ce tems là on parloit des vapeurs des hommes, et rapporter l'endroit d'Horace. La preuve que ce n'est pas une ligure, c'est le vers suivant :

Pour amortir le feu de sa rate indocille,

La rate est le siège des vapeurs. Voilà le propre qui exclut le figuré. Dans le vers 70 de la satire a : noires vapeurs est avec fantaisie, il n'y a pas vapeurs seul.

v. 108. Je m'arrête à /'instant, j'admire et je me tais

J'admire et je me tais : Voilà toujours les mêmes lins. C'est grand dommage, car cette E pitre est merveilleuse et n'est imitée de personne.

EPITRK IX. A M. DE SE1GNELAY

C'est par là quelquefois que ma rime surprend, C'est là ce que n'ont point Jouas ni Childebrund, Si tous ces vains amas de frivoles sornettes, v . G f\ . Mon tre , Miro ir d' . \ m o ur, . 1 /// itiez , A m 0 nretU's ,

A propos de la note de Brossette eur 1m Montre de Ronnecorse, Marais écrit : Si on laisse dans les notes toutes les histoires des familles, et autres, où la Satire a été faite par vangeance, Despréaux n'aura pas suivi l'avis qu'il donne à Ronnecorse, qui est d'attendre pour écrire que la colère soit passée. Cet avis est fort hon, et doit rendre les notes plus circonspectes, tant pour l'honneur de l'Auteur, que pour ne le pas voir jugé par lui-même.

l/»8 NOTES DE MATIIlEi: MARAIS SUR LE COMMENTAIRE DE LE VERRIER

v. Gj. Mais peut-être ru ivre des vapeurs de ma Muse

Vapeurs est là au figuré, il y a une muse, et il n'y a point de rate.

v. yi . Ce Marquis et oit né doux, cota mode, agréable, On vantait en tous lieux son ignorance aimable. Mais depuis quelques mois devenu grand Docteur, Il a pris un faux air, une sotte hauteur.

Brossette avait mis comme note du vers y i : « Ce Marquis... M. L. C. D. F. 11 avoit autrefois une ignorance aimable et disoit agréablement des incongruités, mais il perdit la moitié de son mérite, dès qu'il voulut être savant, et se piquer d'avoir de l'esprit. » Voici la réponse de Marais :

M. L. C. D. F., il semble que ce soit M. le Comte de Fiesque, mais ce n'est point du tout là son caractère. Il n'avoit point de sotte hauteur, c'étoit un des hommes de France le plus polis, je l'ai fort connu, il avoit un goût simple et naturel, il étoit très bon, et on l'appelloit même dans le monde le bon. 11 aimoit fort La Fontaine qui a fait pour lui le Comte de Fiesque au Boy, il aimoit Marot et Chapelle. Ce ne sont pas là des Auteurs décriez, il sçavoit fort bien les beaux Endroits des Poètes anciens, et ce qui y étoit de galant. O Dca cette, disoit-il quelque fois à une Dame qu'il aimoit. S'il a travaillé en 1677 au sonnet contre Damon (ou le Duc de Nevers), comment auroit-il été ami de Despréaux s'il avoit fait son portrait satirique en i6j5; je demande une explication de ces lettres initiales M. L. C. I). F., qui peuvent induire en erreur.

v. 117. Jadis lf homme vivait au travail occupé

Voilà toujours de ses épisodes favorites et stériles.

v. i.")5. Mais sans C aller chercher des vertus dans les nues. Il fa adroit prendre en toi des véritez connues

M. de Seignelay ne fut point du tout content de cet Eloge, qu'il trouva trop court. Effectivement il rétoit trop pour un Ministre de la Marine, qui avoit de grandes voues, ci qui même avoit l'esprit martial. Mr Despréaux m'a dit que M. de Seignelay lui voulut du mal de celte Epitre, tout le monde en eust fait autant à la place de Mr de Seignelay.

DES SATINES XI KT XII KT DES KP1THES DE II01LKAU I fa)

Ses vers jetiez d'abord, sans tourner le feuillet, v. i j4 - leoient dans l'antichambre amuser Paco/et.

Paco/et. M. le Prince de Conty en lit presque autant des éloges de Perrault : il lit ôter les portraits et donna les éloges à un valet de pied.

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