‹ Les satires de Boileau, commentées par luimême et publiées avec des notesChapitre 20 sur 96 · V. 10. A-t-on par quelque Eclit réformé la cuisine · texte numérisé non relu

V. 10. A-t-on par quelque Eclit réformé la cuisine

Dans la mesme année, le Roy fit beaucoup de réformes dans l'Estat.

N'y manquez pas au moins. J'ay quatorze bouteilles V. 22. D'un vin vieux... Boucingo n'en a point de pareilles :

Boucingo : fameux marchand de vin [et cabaretier de Paris.]

V. 23. Et je gagerais bien que chez le Commandeur, Villandri priseroit sa sève, et sa verdeur.

C'estoit le Commandeur de Souvré, Homme de très peu d'esprit, mais

avait pour ainsi dire la qui tenoit une table magnifique, dont Le Broussin [estoit le gouverneur et surinlendaiice.

l'ordonnateur. Il y a un mot fameux sur tout cela. Car on sçait que Souvré demandoit souvent au Broussin qui lui vantoit quelque mets nouveau : Auray-je bien du plaisir à manger de ce ragoust-là.] *i*

Le couvert estoit mis dans ce Lieu de plaisance. Où j'ai trouvé d'abord, pour toute connaissance ^ v. 43' Deux nobles Campagnards, grands lecteurs de Romans, 44' Qui m'^ont dit tout Cyrus dans leurs longs complimens.

On ne parloit presqu'alors que Roman. C'est ce qui enfanta les Précieuses de Molière.

J'enrageois. Cependant on appointe un potage. Un coq y paroissoit en pompeux équipage, Qui changeant sur ce plat et d'estat et de nom, V. 48 . Par tous les Conviez s'est appelle chappon.

L'idée de ce vers vient de Dom Quichote qui ayant emploie beaucoup de temps à fabriquer une salade de carton, la mit en pièce d'un seul Il faut retoucher coup, lorsqu'il voulut essaier si elle estoit à l'épreuve de l'estramaçon. Il ^^'"- la racommoda comme il put, et la réputa fin Heaume. C'est cette expres-

sion qui a donné lieu à l'autheur de faire ce vers

Par tous les Conviez s'est appelle chappon (2)

(i) Le Verrier raconte ici une anecdote qui n'est pas dans le commentaire de Urossette. (2) Cette remarque de Le Verrier que Boileau l'invite à retoucher n'est pas dans le commentaire de Brossette.

COHUKCTIONS AU TO(iltAI>iiKS UK DKSIMIKAIJX '.\'.\

l'ourcroy, célèbre avocat, [homme à lions mois et à bons tours, si on en ( roil les j|^eiis de Palais) aiaiil leu la description de ce ridicule repas, s'imajt^iiia d'en faire un encore plus ridi«ule. Car il copia celuv-cy à la lettre, et !«• <loiuia à M. de Lanioigiion, et à plusieurs amis de cet illustre magistrat. L'autbeur estoil un des convives. Fourcroy voianl que personne ne mangeoit, ne manijua pas de s'applaudir et de rire. Mais pour couronner sa plaisanlcrie, il lit apporter un past»*» qu'il croyoil merveilleux, et <pii devoil ellacer le souvenir de son mauvais repas. Le |»aslé se trouva gast<'' entièrement. Tout le monde fronça le sourcil et se leva (le table avec chagrin. "'

Mot/ qui ne conte ri an m le vin, ni lu chère; Si V(tn n'est plus au large assis en un festin, V. (')(). Qu'aux sermons de Cassa igné, onde l'Abbé Colin.

Ce fut Furetière qui nomma Cotin à Fautheur.

Sur ce (pie l'aulheur dit ici de Cassaigne, on sçeut qu'il preschoil. Tanl de gens se mirent en teste d'aller voir si son auditoire estoit bien rempli, que ce jour là il eut beaucoup de monde. Il estoit de Nismes. <-'

Sentez-vous le citron dont on u mis le Jus, v. ()/{ . Avec des jaunes d'anif s meslez dans du verjus?

Ces potages se faisoient A l'Fcu d'argent '■" et l'autheur dit (pieTliierry. son libraiie, les met encore en usage avec un soin merveilleux.

v. G5. Ma foy, vive Mignot, et tout ce qu'il appreste!

Mignot estoit Pâtissier et Traiteur <*> [et fort amy de Quinault]. ^*'

J'approuvais tout pourtant de la mine et du geste. Pensant qu'au moins le vin dust réparer le reste. Pour m'en éclaircir donc, j'en demande. Et d'abord. Un laquais effronté m'apporte un rouge bord V . ;.'^ . D'un Auvernat fumeux, qui meslé de Lignage, ;/|. -Se vendoit chez Crenet, pour vin de l'Hermitage:

(i)Lc récit de Le Verrier se retrouve dans Brosseltc, mais sans les ilctails de la Un qui cxplii|uent la mauvaise liumeur des convives !

(a) Cette anecdote sur l'affluence du public à un des sermons de l'abbë Cassagnc n'est pas dans le commentaire de Brossette.

(3) Dans une note en marge, Le Verrier a écrit : A l'Escu dargent. place Maubert. Il

lait ainsi connaître l'adresse et l'enseigne de ce traiteur. Brosseltc avait parlé seulement du quai^ lier de l'Université.

(4) Dans une note en marge : Traiteur dans l'Université.

(5) Le Verrier a eu soin de barrer que Mignot était fort ami de Quinault. Brossette n'en parle pas.

Tout cela n'est point vrai.

Salive 111. V. ;^3. D'Herbault, l'abbé de Bernay et Le Broussin ayant mené à Herbault l'autheur que les ridicules ont toujours saisi, on leur présenta d'un vin qu'on leur donna pour exquis, et pour estre fort seurement de L'hermitage, mais on découvrit que c'estoit du vin d'Orléans qui estoit meslé du vin de deux crus très fameux en ce pais là, sçavoir l'Auvernat et le Lignage. C est par cette aventure que l'autheur aprlt à les connoistre, et qu'il connut aussy combien cette liqueur a de pouvoir sur certaines personnes car au lieu de passer quelques jours à Herbault, comme on l'avoit projette, tout le monde s'en revint à Paris.

V. ^4- Crenet estoit un fameux cabaretier et marchand de vin à Paris, ("est luy qui avoit fourni ce vin.

Mais qui l'auroit pensé? pour cotnhle de disgrâce, V . 82 . Par le chaud qu'il faisait nous n'avions point de glace.

11 n'y avoit pas alors plus d'un an que l'on avoit commencé à Paris d'establir des glacières. *''

Autour de cet amas de viandes entassées, V. 94. Régnait un long cordon d'alofietes pressées,

On a Irouvé mauvais que Vauleur ayt fait servir des aloueles [On a prétendu que l'autheur s'estoit mépris quand il a parlé d'aloûetes] dans un repas qui se faisoit au mois de juin. Boursaut a même fait une comédie toute entière pour blasmer cet endroit. Mais pourquoy tous ces gens là n'ont-ils pas voulu concevoir que l'autheur raille icy comme dans tout le reste de sa pièce.

v. 95. Et sur les boi^ds du plat, six pigeons étalez

Présentaient pour renfort leurs squeletes brûlez.

Horace. Sat. 8, Liv. 2, v. 90.

Tum pectore adusto

Vidimus et Merulas poni, et sine clune palumbes

V, io5. Sur tout certain Hâbleur, à la gueule affamée. Qui vint à ce festin, conduit par la fumée,

V. 107. Et qui s'est dit Prof es dans l'ordre des Costeauœ, A fait en bien mangeant, l'éloge des morceaux.

V. io5. Ce Hâbleur s'appelloit Lionne, Président à la Cour des

(i) Ce di'iail iiVst pas dans le coniinontairo de Hrossftte.

CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPRÉAUX ^T

Satire III. Monnoyes. '•' C'estoit un paront de l'authcur. Car souvent il ne sort point lie sa raniillo pour jiieiulrc les sujets de ses satires. Kntr'autres bonnes ((ualitez dont ee l 'résident paroissoit revestu, c'estoit un des plus grands Ht rtiouchcr parleurs et dvs plus grands parasites de Paris ; Kllronté, sounicur, '"• chicaneur et l'homme du monde le plus prompt à donner conseil. Comme

il estoità Uihle chez M. Boileau, père de l'autheur, la Comtesse deCrisscy entra comme uncî Bacchante. Sa liireur trouhia tout le r<'pas. On venoit (le prononcer contre elle un arrest par lequel le Parlement, voulant donner un l'rcin à l'inclination qu'elle avoit de plaider, luy avoit interdit la faculté d'exercer ce beau talent, sans le conseil et l'approhation de L'iloste et D'Ausannet, deux célèbres avocats de leur temps, ('e fut là où se passa entre Lionne et la Comtesse cette scène fameuse (scène ^, lire n'est act. i) de la Comédie des Plaideurs de Hacine. Car la Comtesse se plai- ■ominf cela, g^r^j^i aY,.^; fureur, et Lionne voulant luy donner conseil, ils prirent d'abord une espèce d amitie 1 un pour 1 autre, et tout a coup ils se brouulerent au dernier point. Le Poète en a si bien fait le conte qu'il y auroit de l'imprudence d'en parler icy davantage. M' Des Préaux qui avoit donné cette scène à Racine, avoue qu'ils l'avoient exactement mise en prose, avant que l'on songeast à la mettre en vers.

V. loy. Ceux que l'on regardoit comme les chefs de l'Ordre des

dunt M le Costaux, estoient le Commandeur de Souvré, M' Mortemar, [d<'puisl

estait fils Duc de Vivonnc, et Villandri *-> : Ménage en parle autrement.

Je vous trouve aujourd'hui l'âme toute inquiette, Et les morceaux entiers restent sur vostre assiette. v. 119. Aimez-vous la muscade? On en a mis par tout.

Ah! Monsieur, ces poulets sont d'un merveilleux goût.

C'est du Broussin dont on parle icy, parce qu'il mettoit de la muscade en toutes sortes de sausses et de ragoûts à cause du Commandeur de

(i) Le Verrier met ici en toutes lettres le nom désigné seulement par des initiales dans le coiniMcut.airo do Urossolle. Ce M. B. D. L., cousin issu de germain «le IJoileau, n'est nuire que Hnllliazar Lionne, l'rosidonl en la Cour des Monnaies, né en iGo<S. lils «le Claude Lionne II. Secrétaire du l\oi, et d'Isabelle do Longueil qui s'étaient mariés en i>>99- H ligure d'ailleurs dnn» le tableau généalogique de la famille de Boileau dressé par Berrial-Sainl-Prix. Col érudit a eu le tort de mettre en doute le fond même de cette historiette. (Erreurs de Brosselte, T. III des Qùivres de Boileau, p. 4>7-)

(2) Brossette avait nommé le Marquis de Sillery conune l'ini des chefs de l'ordre des Costcaux ; Le Verrier, corrigé par Boileau, désigne à sa place Villandry. (^ Villandry était lils de Ballazar Le Breton, seigneur de Villandry, Conseiller d'Elal et gentilhonune <Ie la Chambre du l\oi. Boileau en avait déjà parlé dans la satire 111, vers a4. Cependant un frjiginont d'une lettre de Des Maizeaux invoquant l'autorité de Saint-Evremond qui faisait partie de 1 Ordre dea Coslcaux cite, avec lui, le Comte d'Olonne et le .Maripiis de Laval-Boisdauphin (Voir la note de l'éd. Saint-Marc).

Satire III. Souvré qui avoit le goust tellement usé qu'il falloit toujours luy donner quelque chose de piquant. *'*

Quand on parle de sauce il faut qu'on y raffine. Pour moi, j'aime surtout que le poivre y domine : V. 12^. J'en suis fourni, Dieu sçait, et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier.

Pelletier faisoit au moins un sonnet par jour,

V. i/(i. Quand un des Conviez, d'iui ton m,élancolique, Lamentant tristement une chanson bachique; Tous mes Sots à la fois ravis de l'écouter. Détonnant de concert, se mettent à chanter.

a eu ici en veiïe M^ celui qui depuis a

V. i/ji. L'autheur [parle icy] de La Chapelle <-> [qui estoit controlleur épousé sa nièce. C'est lui qui a composé les deux relations des campagnes des Bastimens du Roy et qui avoit épousé une nièce de M. Des Préaux, de Rocroy et de Fribourg, ouvrages fort estimés. Il avoit extrêmement d'esprit La Chapelle n'avoit jamais ri qu'avec un froid à glacer. Cependant pour et la voix fort belle, mais il chanloit tristement.

faire le plaisant par art, il ne manquoit pas à la fin du repas de demander un verre, et d'entonner une chanson bacchique. Il avoit une fort belle voix, mais la chanson la plus animée, il la chantoit d'un ton si froid et si lugubre qu'il n'y avoit pas moien d'y tenir,]

V. i5i. Un valet le portait, marchant à pas contez, Comme un Recteur suivi des quatre Facultez.

Horace. S. 8, Liv. 2, v. i3.

Ut Attica virgo

Cum sacris Cereris, procedit fuscus Hydaspes Ciiecuba vina ferons

(i) Le Verrier explique ici répigrammc contenue dans le vers 119, Brossellc a ignoré celte allusion malicieuse.

(2) Brossctte ayant mis M. de la G..., neveu de Boileau, les commentateurs qui sont venus après lui avaient appliqué, avec juste raison, ces initiales à Henri de Bessé de La Chapellc- Milori, marié à Charlotte Dongois, veuve Gaultelier. Berriat-Saint-Prix (Erreurs de Brossctte, T. III, p. 4^3, des Q']uv. de Boileau) s'appuyant sur ce que Henri de Bessé n'avait épousé la nièce du poète que le 4 novembre 1G68, c'est-à-dire trois ans après la publication de lasatire III, en a conclu qu'il ne pouvait être question de celui-ci dans cette satire. !Mais Boileau lui-même vient confirmer ici de la faç^on la plus catégorique l'assertion do Brossctte, non seulement en ce qui concerne le personnage mais encore en ce qui a trait à la manière de chanter d'Henri de Bessé.

M. le N'icomte de Grouchy a publié le contrat de mari.ige de Charlotte Dougois, nièce de Boileau, avec Heiu'i de Bessé. (Bulletin du Bibliophile, 1898, p. 198.)

Le Becueil de Conrart, T. IX, p. 353 (Bibl. de l'Arsenal N° 54i8) renferme une églogue en vers par La Chapelle- Bessé : Berger (pie je me plais en ces aymables lieux

CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPREAUX

Le vin nu plus muet fournissant des paroles, Chacun a débité ses maximes frivoles, Ih't/lé It's iidéiTsts dv. ihatpie Potentat, Corriyé la Police et réformé V Estât; Puis de là s'emhanpiant dans la nouvelle guerre, V. I (')('). A vaincu la Hollande, ou battu VAmjleterrr.

[l'armi les pots et les verres, on rèj^le volontiers l'Kstat.] Dans ce

la protection de» llollandois contre les Itiiijts-là l(; \\o\ avoil pris [le parti de la Ilollaml»* contre l'An^l'îlerre.]

A-ni/ltiis cl droit hkiit/ii' (inr s<:s Iriiiipt-x <iu si-cniirs ilrs jnrniirrs. (Tesloit en \(\i\'\ et lOfif).

Là, tous mes Sots en/lez d'iinc nouvelle audace, V. i^o. Ont jugé des Auteurs en inalstres du Parnasse.

l*tMse. Sat. I, V. .'^o, a dit

Ecce inter pocula quaerunt

Homnlidao satiiii (|iiid dia poëmata Marient.

V. l 'j?». Quand un des Campagnards relevant sa moustache, El son feutre à grands poils ombragé d'un pennache. Impose à tous silence, et d'un ton de Docteur, Morbleu! dit-il, La Serre est un charmant Auteur! Ses vers sont d'un beau stile, et sa prose est coulante.

AP de liaugue Ce campagnard si i)ien dépeint s'appelloit de [Bauve] g-entilhommo champenois, parent ("

[de Champagne qui avoit épousé une] parente de l'autheur.

La Pucelle est encore une œuvre bien galante, V. 179. Et je ne sçai pourquoi je baaille en la lisant.

Ce qui a donné occasi^on à V Auteur de mettre ici cette plaisanterie, c'est une

[Ce que l'on met icy dans la bouche de ce campagnard sur le poème

naïveté que dit une Demoiselle de VHosIel de Rambouillet ^-' 7»/! ncoil

de La Pucelle est un mot fameux d'une Demoiselle de l'Hostel de

(i) Boiloau n'a pas écrit « parent » do sa main, n»ais il a siippriniô l'o du texte do Le Verrier.

Borriat-Saint-lVix (Erreurs de Urossettc, T. III., p. 4^3) n"est pas licureux en contredisant Brossellc (|ui, ccHc fois encore, avait mis seulement des initiales. Il est vrai i|u"nucu» de» commentateurs n'était arrivé à les identilier. Il s'agit de M. de IJaugucs (H«gues, d'après Bernai - Saint-Prix), parent de Boileau. Charles de Bogues, seigneur de Villccresne. Maréelial général des logis de la cavalerie légère, né en i6i5, marié en iG."».'» à Marie Langault, veuve Lagneau. Boileau a petit-ètro été mal servi par sa mémoire en le ({ualiliant de gcutilhouime champenoi», mais sa femme était née à Chàlons-sur-Marne et c'est bien de lui dont il s'agit.

(a) D'après Brossctto, cette demoiselle serait. Madame do Longucville.

Satire III. entendu la lecture de la Pucelle et à qui on la vantoil fort. Il est vrai, dit-elle Rambouillet qui en portoit ce beau témoig-nage. Des Réaux en avoit fait que cela est fort beau, mais cela est bien ennuieux. le conte à Patru, et Patru à l'autheur.]

V. i8o. Le Pais sans 7nentir, est un bouffon plaisant : Mais je ne trouve rien de beau dans ce Voiture. Ma foi., le jugement sert bien dans la lecture. A mon gré, le Corneille est joli quelquefois. En vérité pour moi, j'aime le beau François.

Tout ce qu'on lit icy depuis le vers i8o jusqu'au vers 200® est copié d'après nature. L'autlieur avoit composé cette Satyre, lorsqu'il fut prié par La Fontaine d'aller passer quelque temps à Château-Thierry avec

général Racine. La partie se fit et s'exécuta. Le Lieutenant [criminel] du lieu <*' prit l'autheur en amitié, et luy ayant donné à mangera luy seul sans prier

général La Fontaine ni Racine, ce fut à ce repas là que ce Lieutenant [criminel] naïvetés provinciales et il changea

dit toutes les [extravagances] que l'autheur met icy à proffit [d'une manière pour cela tout son Dialogue quil avoit faict d'une autre manière. si agréable. Les coups de maistres qu'il remarqua *-' dans ce magistrat de campagne luy firent changer presque tout ce dialogue. Que l'on est heureux quand on peut trouver de tels originaux et qu'ils sont heureux eux-mêmes quand ils tombent en si bonne main.]

V. i85. Je ne sç ai pas pourquoi l'on vante l'Alexandre : Ce n'est qu'un glorieux qui ne dit rien de tendre : Les Héros chez Quinaut parlent bien autrement, Et jusqu'à je vous hais, tout s'y dit tendrement.

C'est l'Alexandre de Racine que l'on jouait dans ce temps-là.

On dit qu'on l'a drapé dans certaine satire ,

Qu'un jeune Homme. . . Ah Ije sçai ce que vous voulez dire,

A répondu nostre Hoste, Un Auteur sans défaut,

La Raison dit Virgile, et la Rime (Juinaut.

(i) lîrossotte avait dit : un officier do robe. Le Verrier précise en désignant le lieutenantgénérîil de Châleaii-Tliierry. Il nous apprend que les incidents du repas de Boileau avec ce magistrat lui firent recommencer le passage de cette satire III écrit de toute autre manière.

{2) Le Verrier avait d'abord écrit : « Le naturel (lu'il trouva ».

CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPRKAUX Sq

Salin; III. Justement. A mon gré, la pièce est assez plate :

Et puis blâmer Quinaut... Avez-vous viî V Astrale? C'est là ce qu'on appelle un ouvrage achevé. V. m/k Sur tout l' Xm\ciï\3L \\oyii\ me semble bien trouvé. Son sujet est conduit d'une belle manière, Et chaque acte en sa pièce est une pièce entière : Je ne puis plus souffrir ce que les autres font. H est vrai que Quinaut est un Esprit profttnd :

II la II l voir l'Asliale <le (Juiiuiult, act. ii, scèiu* 2. Je le marque préciscmeiil. Car si par lia/ard quelqu'un a la curiosité de eoiisuller l'originul, je suis l)ien aise qu'il ne iuy en couste pas ce qu'il m'en a cousté, et de luy épargner le dég-oust de lire une pièce si peu iWgno. d'estre leuë. Le l*oële feinl dans celte pièce; Kt que n'y feint-il pas à tort et à Inivers. Il feint, dis-je, (|ue la Reine esloit lilli; d'un Hoy usurpateur qui en mourant Iuy avoit recommandé d'épouser Agénor, Prince de son sang. Dans le temps qu'Agénor croit l'épouser, elle déclare à Astrate, fils inconnu du véritable Roy à qui l'Usurpateur avoil osté la vie, qu'elle l'aime et qu'elle veut en l'épousant le mettre sur le trosne. Et tout à coup sans sçavoir trop ny [)our([uoy ny comment, la confidente de la Heine découvre à Astrate que la Heine vient de témoigner à son Hival tout ce

maUresse (ju'une passionnée peut témoigner de soins et d'empressemens à un amant : Que vous diray-jc enfin ;' La première des marques Que l'usage en ces lieux veut qu'on donne aux Monarques L'anneau roial, déjà jusqu'en ses mains remis. Fait trop voir quel espoir Iuy peut estre permis. Un moment après, et dans la scène 3« de l'acte .i Agénoi -.-n ,1e l'aparlement de la freine et rencontre Astrate. Agénor fait briller son anneau royal. II h; montre à son Rival qu'il insulte. Il tombe d'accord (ju'Astrate a le cœur de la Heine, mais que pour Iuy il va la posséder réellement, elle et son trosne :

Et vais enfin au gré de mes transports pressans, M'assurer d'estre heureux sur la foy de mes sens. Quelle expression. Elle me paroist toute nouvelle à raoy qui sçay trop el qui ne sçauvoil lire mesines ses opéra. mal mon (Juinault. [Je sçay que ses opéras sont pitoiabics, mais j'avoue qu'il ne m'estoit pas entré dans l'esprit que ses tragédies fussent de ce caractère. L'Astrate m'a détrompé.] **'

(i) Le Verrier, sans cire contredit par Boileau, traduit ici toute l'animosilé de ce dernier conlre

Quiiiiuill et dont Brossette s'était digà fait l'écho.

SATIIIE IV

lui i,ii)Hi:lu-r Cet abbé Le Vayer estoit (ils du laineux La Mothe Le Vaver. Tout

•ela, Molière abbé qu'il estoit, jamais liomme ne fut plus passionné pour la coméilie.

t point se vire r^^ estoit ami de Molière qui malfrré son humeur sévère à l'éfrard des

itrd des Co- '•^. . ii»iii

mes Je n'es- Comédiennes, souiïiit que cet abbé allast dans leurs loges, et c'estoit luy

Doint assidu qui mettoit la paix entre elles. Car à coup seur elles sont toujours

Uomedies de broiiillées ensemble. L'autheur estoit de son costé fort assidu aux

»,.,,.. Comédies de Molière qu'il estimoit, mais peu familier avec les Coraé-

poini là en diennes. Cependant La Torillière, homme naïf, le voulant remercier de ce

qu'il avoil soutenu le Tartulle chez M. le Premier Pn'sident de Lamoi-

gnon luy dit, Monsieur, contez que nous vous regardons comme un

homme de nostre Trouppe.

Cette Satyre fut faitte immédiatement après celle qui est adressée à

Molière, et avant celle du Festin. L'abbé Le Vayer avoit extrêmement

que l'auteur lui adressa celle-aj.

loué celle à Molière*'*. C'est ce qui fist [mettre à la teste de celle-cy le

nom (le cet abbé.] Il avoit de l'esprit, et on voit de luy une traduction de

Klorus ; quoiqu'il eust découvert plusieurs fautes dans celle de GoelFetcau,

la sienne a disparu, et celle de Coelleteau est demeurée.

mellre en Comédie

Molière avoit eu dessein de [traiter dans une Comédie] le sujet de

el de faire des visionnaires plus naturels que qui sont tous des

cette Satyre. [Mais] les Visionnaires de Des Marets [l'en détournèrent

extravatjans quon na jamais veus. Il en a même donné quelque trait dans son

parce qu'il a mis une partie de ce sujet dans sa comédie. Cependant ce

Trissotin oh les Femmes sçnranles sont de véritahles visionnaires.

même sujet avoit tellement frapé Molière qu'il n'a pu s'empêcher d en

toucher quelque chose dans son Trissotin ou les Femmes s^avantes.]

Un liif/nt oî'ffueilleux, qui. dans sa vanité, Croit duper Jusqu'à Dieu par son zèle affecté,

(i) Le Verrier nous apprend ipic les éloges de l'abbé Le Vayer sur la satire II ont engagé Boilcau à lui dédier celle-ci.

Satire IV. Couvrant tous ses défauts d'une sainte apparence,

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