V. 38. La vertu, d'un cœur noble est la marque certaine
Juvénal. Sat. 8, Liv. 3, v. 20.
Nobilitas, sola est atque unica virtus.
Respectez-vous les loix? Fuiez-vous Tinjustice? v. 43. Sçavez-vous pour la r/loire oublier le repos?
Et dormir en plein champ le ha mois sur le dos?
iij point songé [C'est M. de Turenne dont l'aulheur parle icy. M' le Man'-rlial
deTiirenneel de Duras luy dist un jour en parlant do la vigilance de ce grand capitaine
(iunousyies -ji ,. g^^QJ^ j^g momens où le plus vigilant de tous les hommes estoit
la de .]/'• de ^ "^ ' . ,,
ne 11 est point arresté par la faiblesse de la nature. Et voicy I exemple que M. de Duras
os ni vrai. Il en rapporta.
°^'^'- Après la bataille de Rethel, M' de Turenne fut contraint de prendre la
5o COMMENTAIRE DE LE VERRIER AVEC
Satire V. fuite avec quelques-uns de ses amis. Il n'y avoit pas un moment à négliger. Il estoit perdu, s'il estoit pris. Sans suite, sans valets, il fut obligé de repaistre dans un méchant cabaret de village. Un de ceux de la Troupe se détacha pour avoir soin des chevaux et pour les faire brider le plus tost qu'il seroit possible. M' de Turenne et les autres qui estoient demeurez dans la chambre s'ennuièrent de n'avoir point de nouvelles ny des chevaux ny de celui qui s'estoit chargé de les faire amener. Ils allèrent dans l'écurie ; ils le trouvèrent endormi dans la mangeoire, mais d'un sommeil si profond qu'il leur fut impossible de le réveiller. Ils tinrent conseil. D'abord on opina à le tuer, de peur que s'il estoit pris, il ne découvrist leur dessein, qui estoit de se retirer en Allemagne. La compassion, ou le moien qu'ils trouvèrent de le lier sur son cheval, et de l'emmener de cette sorte tout endormi, les détournèrent détremper les mains dans le sang de leur compagnon. Au second lieu où ils s'arrestèrent encore pour donner halène à leurs chevaux, M. de Turenne luy-môme fut accablé d'un sommeil si violenl, que rien ne put l'éveiller, et que l'on fut obligé de le lier aussy sur son cheval pour l'emmener. Adieu sa vigilance.]
V, 46. Alors soyez issu des plus fameux Monarques; Venez de mille ayeux; et si ce nest assez, Feuilletez à loisir tous les siècles passez, Voyez de quel Guerrier il vous plaist de descendre;
Imit. de Juvénal. Sat. 8, v. i3i.
Tune licet a Pico numeres genus, altaque si te Nomina délectant, omnen Titanida pugnam Inter majores, ipsumque Promethea ponas.
De quocumque voles proavumtibi sumito libro.
V. 55. Ce long amas d ayeux que vous diffamez tous, Sont autant de témoins qui parlent contre vous;
Juvénal. Sat. 8, Liv. 3, v. i38.
Incipit ipsorum contra te stare parentum Nobilitas, claramque facem prœferre pudendis
V. C'y. Je m emporte peut-estre , et ma Muse en fureur Verse dans ses discours trop de fiel et d aigreur.
Le Poète commence à prendre icy le caractère d'Horace. <''
(i) Cette remanjuo n'est pas dans le commentaire de Brossette.
CORRECTIONS AUTOGRAPHES DE DESPRÉAUX 5i
Satire V. Hé bien, Je m'adoucis. Vostre race est connue.
De/mis (funnd? lit'potidv.z. Depuis mille ans entiers; V. 72. /iV mus innin-z fitiirnir deux fois seize quartiers.
Ce n'est point [H y avoit d'ahonl .{o quartiers, mais les D'Hosier que l'aulheur
iVilozierquime coiuioist dès lo c()llo;y;-e"> le relev«;rent de celte erreur généalogique.
■ M' V //•' ^^^^''" vouloit qu'il laissast les 3o quartiers ne croyant pas que le Poëte
lu fit mon ou- ^^^t paroistre si exact dans la science des Généalog-ies. Mais le Poète
uje u'estoit point préféra l'exactitude à la licence.]
Iiniiié ^*\
V. ^C). Mais qui ?n assurera quen ce long cercle d'ans, A leurs fameux Epoux vos Ayeules fidèles, Aux douceurs des G alands furent toujours rebelles?
Sous des termes honnestes que ne dit point l'autlieur; et par cet artifice, quel sublime, quel merveilleux ne l'ait-il point sentir icy.
Et comment sçavez-vous, si quelque Audacieux N'a point interrompu le cours de vos aycux ; Et si leur sang tout pur avecque leur noblesse, V. 82. Est passé jusqu à vous de Lucrèce en Lucrèce?
Voies Un l'at entendanl un jour lire cette satire s'escria sur cet endroit. [Que comme il a placé là le Poète Lucrèce.
cela est Lien tourné. Personne, en effet, ne ressemble tant que vous au Poète Lucrèce.]