V. 1 10. Le Duc et le Marquis se reconnut aux Pages
de Dans le temps que celte satire fui composée, tous les gens [un peu qualité
distinguez] avoient des pages. [Le bonhomme du Tillel, greflier du Parlement avoil aussy des pages en qualité de Marquis. Les mêmes personnes qui en avoient autrefois, n'en ont plus à présent, et depuis que
(i) Le Verrier avait d'abord écrit « ...dont l'autlieur a toujours este amy, malgré les fausses préventions de plusieurs personnes, le relevèrent de cette erreur généalogique ». (a) Ces détails no sont pas dans le commentaire do Brosscltc. (3) Charles Sogoind.
Satire V. le Roy a fait quiter les Trousses à ses pages, on ne voit plus ce ridicule habilement (sic).]
V. 1 15. Mais pour comble, à la fin le Marquis en prison Sous le faix des procès vit tomber sa maison.
La contrainte par corps, même pour dettes personnelles, avoit lieu dans ce temps-là. Elle n'a esté abolie qu'en lôG^.*^'
v. Wj. Alors, le Noble altier pressé de l'indigence,
Humblement du Faquin rechercha T alliance; Avec lui trafiquant d'un nom si précieux, Par un lâche contract vendit tous ses Ayeux. Et corrigeant ainsi la fortune ennemie, Rétablit son honneur à force cT infamie.
Ce que l'autheur dit icy est arrivé plusieurs fois.*^)
V amour de vos ayeux passe en vous pour manie, Et chacun pour parent vous fuit et vous renie. Mais quand un Homme est riche, il vaut tovLJ ours son prix : V. 128. Et Veust-on vu porter la mandille à Paris, N'eût-il de son vrai nom ni titre ni mémoire, D'Hozier lui trouvera cent ayeux dans l'histoire.
[C'est de G... (Guénégaud)'^* dont il veut parler. On dit qu'il avoit
porté la mandille.] La mandille estoit une espèce de manteau sans colet
et qui descendoit tout au plus jusqu'à la moitié de la cuisse que les
laquais portoient à Paris. Le vieux d'Hosier a fait la généalogie de
quelques gens qui sont accusez d'avoir porté la mandille. C'est icy ce
que l'autheur attaque. Car d'ailleurs il reconnoist le mérite de la famille
Cela ne me sem- des d'Hosier [dont il est l'ami dez l'enfance. Je ne puis m'empêcher de
ble point digne p^^-Q^^gj. ^^ fj^j^ j^j^j. y^^ ^^^^ témoin.' Mais auparavant il faut sçavoir
d estre escnt et n est ^ •' •' . , • j • l'r' • • \
pas trop vr ni. ^"^ l'autheur avoit un frère aisné***, celuy qui a traduit l Epiectete {sic)
et le 4' de l'Enéide, poëte si jaloux de son cadet qu'il disoit ordinairement « ce petit fripon se mesle de faire des vers ». D'Hosier aujourd'huy général des armes avoit aùssy un frère aisné qui en matière de jalousie valoit bien un Boileau, et il disoit de son cadet « ce petit
(i) Celte note n'est pas dans le commentaire de Brossette.
(2) - Id. -
(?>) Le nom do Ciiiénégaud a ct(i écrit par Le Verrier dans la marge et au crayon.
Cl) Gilles Boileau.
CORRECTIONS AUTOUI\AI>liES DE DESFRKAIJX
Satire V. (-oqiiin se iiirslc dôjà de faire des fJéndalogies ». L'aulli.iir et D'IIosier, qui avoient esté (|uo1(Ju«îs années sans se voir'**, je donnay lieu h renouveler leurconnoissance. En l'embrassant M' Des Prëaux ne manqua pas de dire « ce petit coquin qui fait dëjà des Généalogies », l'autre répliqua anssy tost « ce petit fripon qni veut déjà se mesler de faire des vers ». Et il ne fut point (piestion d'autre coniplitnent.]'*'
Toi donc, qui de mérite et d'honneurs revêtu, Des écueils de la Cour as sauvé ta ve?'t?t, V. i.'i'i. I)an(/eau, qui dans le rang où nôtre Roi t\ippelle, Le vois toujours orné dune gloire nouvelle,
[Ce fut M. Dangeau qui persuada à l'autheur de mettre quelque chose à la loiiange du Roy dans cette satire.]
A ses sages conseils asservir la Fortune; Et de tout son bonheur ne devant rien quà soi, V. i/|0. Montrer à VUnivers ce que c'est questre Roi.
L'autheur a icy en veuë le temps où le Roy gouverna luy-même ses affaires après la disgrâce de M' Fouquet <3).
Si tu veux te couvrir dun éclat légitime, V. i/f2. Va par mille beaux faits mériter son estime.
Sers un si noble Maistre; et fais voir qu'aujourd'hui Ton Prince a des Sujets qui sont dignes de lui.
M. Dangeau estoit jeune, et n'avoit point encore servi.
Quelques jours avant le départ du Roy pour la campagne de 16^2, J/"« de l'autheur soupa chez Lenclos avec M' De Longueville, M' le Duc de // n\j estoit point. et comme on parloit fort de
La Rochefoucault, [M' De Marsillac] et M' Dangeau. [On ne manqua V ardeur avec laquelle la jeunesse franco ise allait se sit/naler dans celle t/uerre où pas de parler'de l'ardeur que témoignoiont déjà quelques jeunes gens. Von verrait qui estoit brave Lenclos moralisa beaucoup là dessus] M' Dangeau prit la parole et dit
(i) I.o Verrier a supprimé co membre de plirnso : « Quoiqu'amis et camarades de collège » pour éviter probiiblciiieiit une répéliliou.
(a) Celte longue note qui mo en cause M. do G... est complétée par le nom que I>o Verrier a écrit au crayon dans la marge M. de Guénégaud (Est-ce Henri de Guénég.iud, sieur du Plessis- Belleville, secrétaire d'Etat?) ; elle apporte do curieux détails sur les frères dcBoileau et les d'Hozier.
(3) Cette note ne se lit pas dans le commentaire de Urossette.
Sainte V. pour moi je prélens y faire mon devoir et rien davantage à qiioy iW^' de Lenclos [que pour luy il ne fcroit point de sotise. Je le croy répartit Lenclos en respondit : Je ne doute point que vous ne vous gouverniés fort sagement, mais montrant M. de Longueville et, elle dit, mais c'est celuy-là que je crains cest ce jeune Seigneur-ci, ajousta-t-elle en montrant M'>' de Longueville, guej'ay qu'il n'en fasse. Il y périt, en effet, l'autre s'en revint sain et sauf.] bien peur gu il ne fasse quelque sottise et en effect il fut tué dans cette campagne-là mesme au passage du Rhin. (*)
(i) Toute cette longue note de Le Verrier, enticrcmenl refaite par Boileau, n'est pas dans Brossette.