V. 491 • Mais cassa i-je comme eux des Meuniers pour parens
Il en veut toujours au fameux Lully '•>.
'Ni sur tout de souffrir, par un profane usage, Qu'à l'Eglise jamais devant le Dieu jaloux, V. 5o4. Un fastueux carreau soit veu sous ses genoux.
Je ne sçay si ce vers n'a point fait rappetisser les carreaux qui subsistent encore, ou s'il n'en a point aboli en partie la coutume '-'.
A Paris, à la Cour on trouve, je l'avoue. Des Femmes dont le zèle est digne qu'on le loue, V. 5i5. Qui s'occupent du bien en tout temps, en tout lieu. J'en sçais Une chérie et du Monde et de Dieu, Humble dans les grandeurs, sage dans la fortune: Qui gémit, cojnme Esther, de sa gloire importune :
Tout le monde entend bien que l'autheur veut parler de M""® de Maintenon.
Mais pour quelques Vertus si pures, si sincères. Combien y trouve-t-on d'impudentes Faussaires, v GaS. Qui sous un vain dehors d' austère piété
De leurs crimes secrets cJierchent l'impunité,
Et couvrent de Die^i même empraint sur leur visage
De leurs honteux plaisirs l'a /freux libertinage ?
(i) Celle allusion à Lully donl le père passait à tort pour avoir été meunier, n'est pas dans le coinmcntaire de IJrossclle, mais elle se trouve dans le Ms. i5.2^5. Lully était un libertin dont les vers matérialistes sont peu connus, sa renommée comme nmsicicn a laissé dans l'ombre ce côté de sa personnalité.
(2) Le Verrier exagère un peu l'influence de son auteur favori.
Satire X.
COHUECriONS AUïOOn.VFHKS l)K DKBPHKAUX I A I
Y a-t-il rien de plus horrihh' (jiio l'hypocrisie ?
S'tillrti pas (pi' à ti's i/cH.r j'ftilli' iri/ Vi''la1or. Il vniil mit'H.r le sonIJ'rir tpii; de l<; ilccoi/er. V. r)2(). lie leurs (ffilniis e.rplnits les linssiit, les Hranfô/nes l*uKj'olenl iieee phiisir te compiler des tihnes :
Les (Euvres de Brantôme et de Bussy ont passé par les mains de tous ceux qui ont du goust pour la lecture. Mais qu'il est dangereux d'escrlre sur les matières qu'ils ont traitées. Si les horreurs dont Brantôme nous a laissé les histoires, tout éloignez qu'elles sont de nostre trmps, font encore tant d'impression, et causent encore; aujourd'hiiy tant de scandales, que doit-on penser de l'Histoire amoureuse des Gaules composée par Bussy, luy qui n'a souvent fait que prester des noms aux caractères et aux actions <[u'il a trouvées dans Pétrone "'.
Sftr cent pieux devoirs mix Sfii/tfs elle est égale. Elle lit Jtodriguez, fait l'oraison mentale,
La perfection chrétienne de Bodriguez, jésuite, traduite en premier lieu par le P. H. et ensuite par l'ahbé Begnier.
Et peut-il, dira-l-elle, en effet l'exiger? V, 55G. Elle a son Directeur, c'est à lui d'en juger.
On jugera aisément du pouvoir d'un Directeur si on fait réllexion au bizarre vœu que le Père..., autre jésuite, vient de recevoir de la iU'ine d'Angleterre dont il est confesseur (en septembre 1701). Parce vœu, elle s'oblige de ne rien apprendre ny de rien sçavoir sur quelque allaire que ce soit, (ju'elle ne luy en fasse confidence <-'.
v. .jC),"). Mais de tons les Mortels, grâce /fax dévotes Ames, Nul n'est si bien soigné qu'un Directeur de Femmes.
Le Père Bourdalouc estant à Basville, il toussa un peu le soir. M'i" de Lamoignon luy fit porter malgré luy le lendemain malin un succulent boiiillon, et il fut contraint de le prendre. I^e premier Président (le Lamoignon ayant aussy toussé à son tour, nostre aulheur luy conseilla de suivre l'exemple du P. Bourdalouë, mais ce sage Magistrat
(1) Noici une note que Uoilcaii aurait certainement corrige, s'il n'était pas passe rapidement sur les satires IX, X et XI. On a vu la lc<,on que I^e Verrier s'était attirt'c en parlant dune façon peu avantageuse do l'Hisloirc amoureuse des (ïaulcs, voir note du vers ija de la Satire VIII.
(a) Cette note était d'actualité en 1701.
Satire X. luy fit cette réponse : Je ne suis pas encore assez dans le bon chemin pour mériter un bouillon tous les matins <*).
Quelque léger dégoust vient-il le travailler ?
Une foihle vapeur le fait-elle bâailler ?
Un escadron co'èffé d'abord court à son aide :
U une chauffe un bouillon, l'autre appreste un remède,
Chez luij syrops exquis, ratafias vantés,
Confitures sur tout volent de tous costés :
Voilà peut estre la première fois que l'on a mis en vers le mot de Ratafia. C'est une liqueur composée d'eau de vie, de jus de serize, de canelle, de cloud et de sucre. On en usoit extrêmement lorsque cette satire fut faite. On s'en est fort désabusé (2).
Nostre Docteur bien-tost va lever tous ses doutes, Du Paradis pour elle il applanit les routes; Et loin sur ses défauts de la mortifier, Lui-mesme prend le soin de la justifier. Pourquoy vous alarmer d'une vaine censure^ V . 082 . Du rouge qu'on vous voit on s'étonne, on murmure. Mais a-t-on, dira-t-il, sujet de s'étonner? Est-ce qu'à faire p)eur on veut vous condamner'?
On assure qu'il y a des Directeurs qui veulent que leurs Pénitentes soient parées quand elles s'approchent du confessionnal. Il y a même des gens qui prétendent que quelques-uns de ces Directeurs veulent que cela aille jusqu'aux Perles et autres Pierreries. S'il y en a de ce caractère, c'est de ceux-là dont l'autheur fait icy la satire (•*>.
Le plus grand jeu joué dans cette intention. Peut mesme devenir une bonne action.
Tout est sanctifié par une âme pieuse.