‹ Les satires de Boileau, commentées par luimême et publiées avec des notesChapitre 70 sur 96 · V. 598. Vous estes, poursuit-on, avide, ambitieuse · texte numérisé non relu

V. 598. Vous estes, poursuit-on, avide, ambitieuse

Sans cesse vous brûlez devoir tous vos parens, Engloutir à la Cour charges, dignitez, rangs. Vostre bon naturel en cela pour Eux brille.

(i) L'anecdote relative au Père Bourdaloue et au Président de Lamoignon n'est pas dans le commentaire de Brossettc.

(2) Cette petite remarque sur le mot Ratafia, sur la composition de cette liqueur et sur la façon dont elle était appréciée en i^oi n'est pas dans le commentaire de Brossette.

(3) Ces détails sur les exigences des confesseurs vis-à-vis de leurs pénitentes, ne sont pas relevés par Brossette.

COHUECTIONS AUTOCRAIMIKS I)K DKSI'HKAIJN I , ,

s,iiirt' .V. Il enl<'n<l piulci- dr MjkI. de Moiichovi-riiil '<>.

Alf/is t/fins ce doux étnt inoUt\ (télicieuse, V. Cy.>À\. La Ixtis-tn plus, (li/-ni(nj, iiui' rottv. liilifiist'. Qui follonicnt tmtiu'u; en sa sévérild, ïiaplizaat son rliatjrin du nom de pitHë, Dans sa charité fausse, où l'amour propre abonde. Croit que c'est ainter Dieu ipie haïr tout le monde?

Il parle de Mad. de Moussy, dont les manières l'ont choque, quoique dans le (orid \\ n'ait aucun sujet de s'en plaindre <-».

Voilà le Sexe peint d'une noljh- manière! V. G/jO. Et Théophraste mesme aidé de la Bruyère,

Se m'en pourrait pas faire un plus riche tableau.

La Bruyère a traduit les Caractères de Théophraste, et a fait luy-même les Caractères de ce siècle.

Et que serai f-ce donc, si Censeur plus trat/ique J'allais t'ij faire voir l'Athéisme établi, hjl non moins que l'honneur, le Ciel mis en oubli? V. (iô^ . Si J'allais t'q montrer plus d'une Capanée, Pour souveraine loij mettant la Destinée, Du tonnerre dans l'air Itniviint les rtiins carreau.r. Et nous parlant de Dieu du tan de Des-Barreaux ? '•''

(i) L'allusion à Madame do Moiichcvreuil n'est pas dans le commentaire de Brossette.

(•i) Brossette avait vu dans ces vors iino allusion à In helle-stvur du pocle. la Tcmnie de Jérôme lioileaii. Madame de Moussy, S(uur de Diigiio IJagnoles, femme d'un maître des (ximptes, avait clé lamie do Henry llurault de Lliospital, sieur de Beleshat, conseiller au Parlement, maître de» requêtes, mort en iGS.'f. Il en est (luestion dans les Historiettes de Tallemanl. T. V. p. IW- cl .'Wij. (3) Nous avons découvert les poésies libertines de Des Barreaux que l'on croyait perdues. (Àinsullcr : Une petite découverte bibliographique. Bulletin du Bibliophile (njol). Voici un sonnet de cet épicurien qui donne une idée de ses opinions philosophiques :

Mortels, qui vous croyez, quand vous venez à naistre,

Obligez à nature, ô quelle trahison !

Se montrer un momeitt, pour jamais disparoistre.

Et pendant que l'on est, voir des maux à foison.

Tenant plus du néant que l'on no fait de l'eslrc, .le lay dit autrefois et bien moins en saison. Estudious-nous plus à jouir qu'à connoistre. El nous servons des sens plus que de la raison.

D'un sommeil éternel ma mort sera suivie. J'entre dans le néant quand je sors de la vie. O déplorable estai de ma condition!

Je renonce au bon sens, je hay l'intelligence. D'autant plus «jue l'esprit s'élève en connoissancc. Mieux voit-il le sujet de son affliction.

124 COMMENTAIUE DE LK VERUIEH AVEC

Satire X. Mais, sans aller chercher cette Femme infernale,

T'ay-Je encor peint, dy-7noy, la Fantasque inégale, Qui m' aimant le matin, souvent me hait le soir?

Il tk; faut point douter que l'Athéisme n'estende son empire jusques sur les Femmes. Il y en a qui sont fameuses de ce costé-là, témoin la Clioiiart, la Sanguin, et [La Louchaut], une femme de Senlis fort amie de Linière (^'. C'est celle-cy qui a fait cette épigramme impie :

(Juand on parle aux sots de Lucifer,

Au diable, celuy qui raille.

Ils craignent tous sa fourche de fer

Avec sa grosse tenaille.

On a bien fait d'inventer l'Enfer

Pour étonner la canaille*-'.

Capanée un des sept chefs de l'armée qui mit le siège devant Thèbes. 11 fut le premier qui planta l'échelle sur les murailles pour monter à l'assault. Mais il fqt accablé d'une si grande multitude de pierres que l'on jetta sur luy, qu'il en mourut. Comme il estoit hautain, superbe et impie, les Poètes ont feint que .Jupiter l'avoit puni de son impiété en le détruisant d'un coup de foudre (Ovid, liv. !\, Tristium).

Cum cecidit Capaneus subito temerarius ictu Et de là vient qu'on appelle Capanée ceux qui n'ont point de religion.

Tay-je fait voir de joye une Belle animée, Qui souvent d'un repas sortant toute enfumée. Fait mesme à ses Amans trop foibles d'estomach V. ()^2. Redouter ses baisers jjleins d'ail et de tabac?

Lu corruption a tellement gagné le dessus que les Femmes prennent autant de tabac que les Hommes, sans avoir égard ny à la délicatesse de (eur sexe, ny à la propreté, ny à la mauvaise odeur que le tabac échaullé donne à toutes les personnes qui en prennent *^'. D'ailleurs les ragoûts

(i) (loiisiillcr une liste des poésies de Linières dans noire lîibliograpliie des rec. collectifs de poésies publiés de i5()7 à 1700, T. II, III et, IV. Ses pièces libertines ont été brûlées [)arle lils unii(tic du Grand Condé, Henry Jules de Bourbon, d'après une notcde Bruzen de La Marlinièrc (T. I, p. 3^-2, du Nouveau recueil des Epigramnialisles frani;ais anciens et modernes {Aiustcrdaui, i^a'j). La voici : « Ses vers libertins ont été conservés |)arnii les personnes du nicnie goût qui se les coninuiuiquent en manuscrit. J'en ai vu un gros recueil qui était tombé entre les mains d'un Prince qui le païa Tort cber, apparemment pour le brûler. » Le grand Gondc tout comme son ami Des Barreaux s'était converti dans sa vieillesse.

{i) Celte note de Le Verrier sur les femmes alliées ou plutôt sur les libertines qui faisaient profession d'athéisme cite des noms et même des vers de l'une dentr'ellcs : La Louchaut, amie de Linière. Tout ceci est nouveau.

ÇS) Le N'errier généralise plus que Brossetle eu ce qui concerne l'usage du tabac chez les fennnes.

coHHECTioNs altoghaphks I)k dkspiik vi\ I ,;,

V. (l'ail, cl loiil ,v (ju'il y a Ar plus [uoiMe [KMir inil.r rapprlit îles plus raincux (l(''l)aiiclioz, sont rr (|ui l.iir plaisr .lavaiilajr,. aii)Miinniiiv.

V. ();;i. T'ii/-jc l'iicniT driril lu Ihuiiv hrrhiinlièrr. Qui (/('S ./tiiirt/rs rhvz stnj sv fait Cnharrl ii-rr .

Il y a (l«'s leiMiiK s et mcm<' des Innines de condition chez qui on trouve un bon repas tous les soirs. ( )m nr payr riru pour la tahir, mais on n'y est pointadmis que l'on ne joue, et l'on ne pmt jouer, sans pai.r.

V. (■);;. Aif-j,- n/P'rl à Irs i/riix rrs Irisfrs Tysiphunes <• .

1 isiphone, une des Furies, filles de l'Achéron et de la Nuit. C'est elle qui est chargée de punir les crimes. L'ëtimolog^e de son nom le porte. Il en est parlé dans Horace, Sat. 8, Liv. i, v. .'i/, :

Vocat altéra saevam

Tisiphonera...

et dans Virgile, Kneid lo, v. ^(ii :

Pallida Tisiphone média inter millia sacvil

etencore dans les Georgiques, Liv. 3, v. 551 :

Saevit, et in lucem Stygiis emissa tenehris Pallida Tisiphone; Morhos agit ante Metumque Inque dies avidum surgcns caput altius cfFert Au reste, il y a trois furies Alcclo, d'alpha privatif et de ày,y"» J^-sino :

Tisiphone, de tio ulriscor et de oovy, caedes : Megara de fieYatîw invideo.

V. G8.'i . El font (le leur nutisoii (Itijiic de Pluthiris, i'ii séjour de doufeurs, de larmes et de rris^

l*halaris, Tiran en Sicile. C'est cet homme détestable dont la cruauté est connue de tout le monde. 11 avoit fait fondre un taureau d'airain dans lequel il enfcrmoit ceux à qui il vouloit donner la mort, et en mettant rv taureau tout en feu par le moyen d'une fournaise ; il les y hruloit. Il y fut hrulé luy-même dans une révolte qui s'éleva contre luv.

Enfin Vay-je dépeitd la stiperstilieusr, La Prdanio au fon firr, la liotinjettisr cn/iaiease, V. (hS;. Ce Ile i/ai de son rliaf fait son seul entrelien.

Que je connois de femmes, et des femmes qui ont heuueoup d'esprit,

(i) Brossellc a vu là une allusion à In |>reniicrc femme de M. Boileau. père du (mclc : CharluKr Uiovhnrd ou de Brocliard, me vers 108^, niorlc le lô se|tlcnibre lOay. Le Verrier n'en dit rien.

Sath-e X. dont pourtant on ne tireroit presque rien dans la conversation, si elles ne parloientà leur chat et à leur chien *'^

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