‹ Les satires de Boileau, commentées par luimême et publiées avec des notesChapitre 85 sur 96 · EPITRE VIII. AU ROY · texte numérisé non relu

EPITRE VIII. AU ROY

La licence partout règne dans les licrits, Déjà le mauvais sens reprenant ses esprits, Songe à nous redonner des Poèmes épiques V. 58. S'empare des Discours mêmes Académiques

Mêmes Académiques. Ce mot l'empêcha long tems d'être de l'Académie.

Et moi, sur ce sujet, loin d'exercer ma plunte, V. 62. f amasse de ces Faits le pénible volume

(i) Co sonnet serait do M"'= de Scudory d'après le Ms. :2.544 (fonds fr.) de la Bibl. Nat. Voici un autre sonnet et un quatrain sur le même sujet :

Dans un coin de Piris, Boileau tremblant et blesme

Fut hier bien frotté quoiqu'il n'en dise rien

Voilà ce que produit son style peu chresticn

Disant du mal d'un autre il s'en fait à luy mesnie

Tout le monde le craint et personne ne l'aynie

Aussy d'un mysantropc fi-t-il tout le maint ion

Son Racine est le seul dont il dise du bien

11 croit voir en tout autre une ignorance cxlrènio

Il n'est pas de ces foux qui coiffés de crins blonds

Vont de mille Gloris assiéger les ictons

Car il est de luy seul l'amant et 1' idolàlro

Les vers qu'il fait sont beaux mais ces enfans ingrats

Le feront régaler d'un plat de mort aux rais

Ou le rendront encor le jouet du tiiéàlre.

Quatrain. Sur Phèdre.

Boileau ce rimeur satirique, Ayant senti la vertu du bâton Demeura sans réplique, Ce remède quand on l'applique Range la rime à la raison.

l)i:S SVTIIUS \l I 1 Ml II 1)1 V iJMTnFS YiK BOII.F.M! I |7

Conimnil aiiioil-il dit r<la, >< il n .iMiil jta.s rir In^lui un du lii»^ . .i-lil rlr |M<»|>lièto ;' il fw faut pas doiiUT t|u il n'ait ajouU* c«"h wis ileptiis ; t't s'il a fait paroîtrc cette pièco en lO^G, je gage que ces vers n'y ëtoicnt pas, ou qu'il a été historien avant ^G•^'^. Sinon on vi\ fait un sorriiT. li faut consullor les éditions. Despn'anx n'a placé ainsi celte pièce dans ses (»ii\ia;^es rpic pour conserver l'ordre <lii Irins.

Uardce tant de fois dans mes vers iiiiitô. V. S8. I)<; vd peurs, ru so/i tnnjis, rnui/ur intii tum nu iii<-.

I)i' r(t/)('tfrs,etc. Ce mot n'a jamais été dit seul, au figuré, pour une humour chagrine et satirique : on n'en trouvera d'exemples nulle part. Voiture |)arle de ses vapeurs : ce n'étoit point un satirique. Il faut donc dire que dez ce tems là on parloit des vapeurs des hommes, et rapporter l'endroit d'Horace. La preuve que ce n'est pas une figure, c'est le vers suivant :

J*of(r «inwrlir If feu de sa raie indoville,

La rate est le siège des vapeurs. Voilà le propre qui exclut le fîguré. Dans le vers jo de la satire a : noires vapeurs est avec fantaisie, il n'y a pas vapeurs seul.

Page 1