‹ Les satires de Louis PetitChapitre 12 sur 18 · DE MONTAUSIER · texte numérisé non relu

DE MONTAUSIER

Monseigneur,

^HONNEUR que vous me faites de trouver bon que je vous dédie mes [Satyres leur est sans doute un grand avantage, puisque c*est la seule chose qui les puisse faire valloir. Aussi, Monsei* gneur, je n'aurois jamais eu la hardiesse de leur faire voir le jour, sans que vous m*ave\ assuré avec vôtre sincérité ordinaire que je pouvois les y faire paroitre. Je i'qy donc crû sur vôtre parole, et j'ose vous les pre-^ senter, purgées le mieux qu'il m'a esté possible des défauts que vous y avie\ re-

marque\. Je vous supplie tres-humblement, Monseigneur, de les recevoir comme une marque de reconnoissance de toutes les bonte\ que vous ave^ toujours eues pour moy sans les avoir jamais méritées. Si ma Muse est asse^ heureuse pour plaire au public, à la bonne heure. S'il lui refuse son approba^ tiony dont il est rarement libéral, la vôtre. Monseigneur, m'empesckera d'en avoir du chagrin, et il me suffit qu'elle vous plaise :

Principibus placuisse viris non ultima laus est.

Si vous n'estes pas du nombre par vôtre naissance, quqy qu'illustre, vôtre mérite vous en rend tout-à^/ait digne. Le plus grand de tous lès rqys l'a rendu incontes»

table par les titres avantageux dont Sa Majesté a bien voulu vous honorer, et particulierement, confiant à vos soins et à vôtre sagesse ce qu'il avoit de plus précieux et de plus cher. C'est la juste récompense de cette f délité inviolable que vous ave:{ toujours eue pour Sa Majesté. Toute la France sqait, Monseigneur, et V Histoire ne s'en taira pas, avec quelle générosité vous remplîtes vos de* voirs durant les dernières guerres civiles, et

en quels périls vous exposastes vôtre vie pour le service de notre auguste Monarque, Ce seroit là un beau champ pour m* étendre, si les louanges ne vous déplaisoient pas autant que vous vous plaise:^ dans les actions gène-yeuses. Cette raison m'empesche de pousser plus loin celles dont vous estes si digne, et par vôtre fermeté d'ame, et par vôtre esprit pénétrant, que le bon sens accompagne toû* jours, et par vôtre probité inviolable, soû* tenue d'une pieté exemplaire. Enfin, Monsei" gneur, vous estes aupremier rang des hommes illustres, et jamais personne n'en mérita mieux le titre.

Verbum non amplius addam,

si ce n'est ce souhait :

Serus in cœlum redeas, dîuque Leetus intersis populo Quirini !

Je le fais avec le mesme ^ele dont je suis.

Monseigneur,

Vôtre tres'humble^ tres-obéïssant et tres^obligé serviteur,

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