MOTES
morion oo de salade que portent les gens de pied, qui ne cooTre que le haut de la tète {Dictionnaire dt Trévoux,) Cette orthographe de la 3" personne de l'indicatif présent du verbe bouillir est dans Montaigne : « Si elles prennent un mari à qui U vigueur de Page bou// encore... » (Livre III, ch. ▼.)
P. 48, V. 4. « Thaïs, Athénienne, suivit Alexandre, dont elle fit les délices; elle rengagea, à la suite d'une débauche, à mettre le feu au palais de Persépolis.» (Chauffard, Fi^f es et Courtisanes de la Grèce, t. IV, p. 384.)
49, 26. Des recherches minutieuses feraient peut-être découvrir les noms de ces « rejetons de Juifs », aïeux immédiats de Samuel Bernard et des frères Hogguéres ; La Bruyère avait pu voir passer devant la chambre de justice de 1661 nombre de ceux qu'il appelle les manieurs d'ar^ gent, (Caractères, des Biens de fortune,)
50, s 5. Depuis huit ans, Racine, attristé par la bataille de Phèdre, n'écrivait plus pour le théâtre; sa réputation était grande, mais son génie contesté; Petit devançait le jugement de la postérité en lui rendant le même intelligent hommage qu'à Molière et à Boileau,
5 1 , a 3 et suiv. « Il y a des femmes déjà flétries qui sont naturellement la ressource des jeunes gens qui n'ont pas assez de bien. Je ne sais qui est plus à plaindre, ou d'une femme avancée en ftge qui a besoin d*un cavalier, on d'un cavalier qui a besoin d'une vieille. » (La Bruyère , Caracr tères, des Femmes,)
5a, 27. « Jamais se prend aussi substantivement... Exemple : Quand j'ai promis amitié à quelqu'un, c'est pour un jamais, c'est-à-dire pour toujours. • (Dictionnaire de Trévoux.)
53, 1. Malgré l'édit de 1625 qui punissait les malversations des officiers comptables et des gens d'affaires , malgré le formidable discoun de Denis Talon près la Chambre de justice de 1 66 1 , malgré le gibet dressé pour quelques-uns des plus odieux partisaiu, la corruption finan-
cière ne connut pas de bornes pendant les dernières guerres de Louis XIV.
P. 53, V. 1 7 et suiv. Ce jugement littéraire fait grand honneur à Petit ; il a le bon goût de ne pas s*acharner contre Ronsard, lui assimile Desportes (qui n'était que son plus ingénieux disciple et dont on voulait faire son riyal heureux] ; enfin, en dépit de la pompeuse tirade de VArt poétique, alors dans toutes les mémoires , il constate le déclin de la gloire de Malherbe.
56, II. La forme ordinaire de ce très ancien proverbe est : A chaque fou sa marotte,
58, 6. Est-ce le même dont parle Gacon» dans sa Satire contre les Femmes, adressée à Boileau :
Qu*auroient dit tes censeurs si, jusque sous le dais y Aux dames de la Cour décochant mille traits, On eût vu dans tes vers l'une levant le masque. S'abandonner sans honte aux caresses du Basque ?
D*aîlleurs, basque peut être pris ici dans un sens général et mis pour laquais , car on sait le proverbe : Courir comme un Basque, et les fonctions du laquais consistaient surtout autrefois à courir pour le compte de son maître. Dans Rabelais (livre I, ch. xxviii} , Grand-Gousier dépêche « le Basque, son laquais, pour quérir Gargantua en toute bite. » — « Du pays de Béarn viennent des laquais , les plus propres à courir qu'on sauroit demander, » dit un auteur, cité par M. G. Depping, Merveilles de la force et de l'adresse, p. laî.
60, 5. Coquin a ici son sens primitif (du latin coquinus, de cuisine); il veut dire pauvre diable, belitre, qui fréquente les cuisines.
— 18. « Sosie de la livrée a passé à une sous-ferme », dit La Bruyère, qui parle aussi d'un Champagne, {Carac" tèrcs, des Biens de fortune.) — Genêt, espèce de cheval venant d'Espagoe ou de Portugal, agile et bien propor-
tionné; d*après Ménage, ce mot* qai signifiait originairement un cavalUr, a été transporté au cheval même.
P. 6iy Y. 8. Les esclaves d'Alger étaient des captifs pris par les corsaires, et que les frères de la Merci s'employaient courageusement à racheter. V. la Relation du voyage que les religieux de l'Ordre de la Mercj ont fait en la ville d'Alger : Aix, J. B. et £., Roize, i663.
62, 19. Finance (au singulier), argent monnoyé. (Oictionnaire de Trévoux,)
64, 17. Ai-je eu raison de substituer moralité à mortalité , qui est dans le texte de 1686? Ce dernier mot était peu clair et à peine français.
65, 6. Heyssope, plante qui pousse des tiges courtes et branchues. — Au vers suivant , syndiquer est employé dans le vieux sens de contrôler, censurer, « A la mienne volonté que nous eussions quelques doctes grammairiens pour syndiquer les livres... » (Estienne Pasquisr , liv. X, lettre 7.)
68, I. Fat, au XVIP siècle, signifiait niais; La Bruyère a dit que le fat est composé de V impertinent et du sot. {Caractères, des Jugements.)
69, 16. Dîner par caur , locution analogue à dîner en blanCt que j'ai rencontrée ailleurs.
Je sens gronder la faim qui dit, dedans mon flanc, Estre un maigre plaisir que de dîner en blanc.
(Fkançois Auffrat, la Zoanthropie,)
70, 10. Double, petite monnaie de cuivre valant deux deniers. Il sert à exagérer la pauvreté. [Dictionnaire de Trévoux,)
70, 27. Petit ne pouvait mieux terminer sa peinture satirique de la vie libertine des gens d'église que par ce souvenir de Rabelais. [Gargantua, liv. 1, ch. ui et suiv.)
\ Plus libertin d'ailleurs qu*un moyne de Thélème.
(Du LoRENSy Satire XI.)
P. 7 1 , y. I . Ce n*est pas seulement le premier hémistiche de cette satire qui est identique au début de la Satire VIII de Boileau, dt l'Homme, publiée en 1668; ces deux pièces offrent de nombreuses analogies, l'une roulant sur les vices, l'autre sur la misère de Thomme; mais Petit a imité Despréaux comme Despréaux imitait les anciens.
72, 7. Il semble que Petit, saisi de terreur, se remémore ici ces terribles procès d'empoisonnements , si fréquents dans la seconde partie du XVII" siècle. En 1673, les pénitenciers de Notre-Dame avertirent la police qu'un nombre énorme de femmes s'accusaient d'avoir empoisonné leurs maris; en 1676, il y eut l'effrayante affaire de la Brinvilliers, qui avait appris de son amant, enfermé à la Bastille avec un Italien, à fabriquer les poisons des Médicis et des Borgia; enfin, il est aujourd'hui avéré que M^^ de Montespan attenta deux fois à la vie de Louis XIV. (Voir V Affaire des Poisons et Afnc de Montespan, par Jules Loiseleur. Paris, Pion, 1882.)
73, 6. On pourrait croire moderne ce mot empirique^ substantif et adjectif à la fois, mais le mot est aussi vieux que ridée ; Pline et Celse parlent , sans mépris d'ailleurs, de la médecine empirique, basée sur l'expérience, qui, du temps de Petit, se confondait déjà avec le charlatanisme.
74, 20. Cf. Boileau :
Oh ! que si Vâne, alors à bon droit misanthrope, Pouvoit trouver la voix qu'il eut au temps d Esope ! De tous côtés. Docteur, voyant les hommes fous. Qu'il diroit de bon cœur, sans en être jaloux. Content de ses chardons et secouant la tête : • Ma foi, non plus que nous, l'homme n'est qu'une béte ! »
{Satire, VIII.)
76, 3. Assiette se dit, au figuré, de l'état et de la disposition de l'esprit. — « Vassiette de l'esprit de l'homme est sujette au changement. » (La Rochefoocaold.)
P. 78, V. I et suiv. 11 y a dans cette satire, une des trois ou quatre meilleures de Petit, des traits dignes de la Mactttt de Régnier; dans le même ordre d'idées, on lira la Satin X de Boileau , celles de Gacon sur le même sujet, et dans La Bruyère, le portrait d'une coquette surannée.
80, i3. Je ne sais pas d'autre exemple de Tadjectif l'o/atUt, terme de chimie, employé dans un sens moral.
81, 16. ProfèSf qui a fait des vœux dans un ordre religieux , se dit, par extension, d'un homme expert, passé maître en quelque chose ; Boileau s'en est ser?i plaisamment dans sa satire du Repas ridicule.
Surtout certain hâbleur à la gueule ■affamée. . . Et qui s*est dit profès dans l'ordre des Coteaux.
83, 5. Nous voyons ici que la réputation de Voiture avait pu être discutée, mais qu'elle était restée très brillante, à la fin du XVII< siècle ; V agréable écrivain (comme le voilà bien qualifié!) avait profité de la querelle de Girac et de Gostar, et, respecté de Boileau, avait reçu de M™* de Sévigné cet éloge paradoxal : « Tant pis pour ceux qui ne l'entendent pas! »
85, 14. C'est le titre d'une comédie, en un acte et en vers, de Raymond Poisson, représentée en i66s; le principal personnage de cette petite pièce fort gaie est un hobereau ridicule et pédant.
> 86, 6 et suiv. Petit ne perd jamais l'occasion de louer Boileau {Boisleau, comme il écrit) avec autant d'à-propos que de délicatesse; un autre auxiliaire du grand satirique, Gacon, disait à la même époque :
Toy seul sçais. Despréaux, à l'aide d'un bon vers. Rendre un fat ridicule aux yeux de l'univers; Jamais mieux de son tems Horace après Lucile, Sur les fades auteurs ne déchargea sa bile.,,
— 17. La mésaventure de Chérilus, poète grec du
IV® siècle avant Jésus-Christ, est racontée par M. L. Lalaone. (Curio$ités bibliographiques, p. 348. Prix payée aux auteurs.)
P. 87, V. 2. Petit semble de la lignée de ces esprits indépendants, qat, tout en sMnclinant devant l'autorité de Vaugelas (mort en i65o], raillaient doucement le dogmatisme de l'éminent grammairien, encore exagéré par ses disciples.
88, I et suiv. Précisons Tépoque à laquelle cette satire, si courageuse et vraiment belle, a été publiée. En 168 5, Louis XIV était à Tapogée de sa gloire militaire : le traité de Nimègue (1679) avait consacré ses dernières conquêtes, il avait reçu le titre de Grand ( 1 680) ; mais les dépenses énormes de la guerre précédente, le maintien en pleine paix d*une armée de cent cinquante mille hommes , détruisaient réquilibre des finances et inquiétaient les esprits à l'intérieur, pendant que se formait sourdement une ligue nouvelle contre la France et que les Etats étrangers attendaient l'occasion qu'allait faire naître la révocation de Tédit de Nantes (22 oct. i685). Mais jusqu'alors les armées françaises avaient eu partout l'avantage ; en plein despotisme militaire, avant les protestations généreuses d'un Fénélon et d'un Vauban, il fallait avoir l'âme haut placée et l'esprit point courtisanesque pour appeler la guerre
Vart de tuer Ui gens toujours brutalement,
pour s'écrier, avec une ironie vengeresse :
La belle fiction qu'ils y croît des lauriers !
91, 5. Ce mot de pion, qui a passé dans le langage des jeux d'échecs et de dames et dans l'argot des collèges, signifiait primitivement et signifie ici un soldat , un valet de l'armée (de pedito, fantassin).
— 22. Des biens sont en régie lorsqu'on a confié à un régisseur^ moyennant salaire, la perception des revenus qu'ils peuvent produire.
93, 8. Belgique, qui appartient aux Belges. « Aujourd'hui
ce mot est fort bien reçu dans notre poésie, et pourroit même trouver place dans la prose, pourvu qu'on en usât sobrement , pour signifier ce qui concerne les peuples des Pays-Bas. Exemple : Nos armées ont inondé les plaines Mgiquet. » {Dictionnaire de Trévoux,) — 11 est très certainement question, à la fin de cette satire, de la campagne des années précédentes, qui eut les Pays-Bas pour théâtre, et dont la conquête d& la Franche -Comté, les victoires de Senef et de Cassel fureat les plus glorieux épisodes.
P. 94, V. 4. Quinola fut d'abord un terme du jeu de reverù; puis on en fit un sobriquet pour désigner un valet de chambre, un écu^er ; Balzac l'a transformé en serviteur intrigant et dévoué d'un inventeur méconnu, dans la comédie les Ressources de Quinola, représentée en 1842.
— 19. Il y a controverse entre les étymologistes pour savoir si le mot jaquemart, employé dans cette locution « armé comme un jaquemart » , vient de jaquemart^ figure d'homme armé qui frappe avec un marteau les heures sur la cloche d'une horloge , ou de Jaquemar de Bourbon , fils d*un connétable de Bourbon et renommé pour l'excellence de ses armes.
95, 2 3 et suiv. Ces vers semblent écrits tout exprès pour les prédicateurs de la Ligue, vraie meute acharnée contre Henri III et le Béarnais : Aubry, Boucher, Leincestre, à Paris, frère Le Bossu , en Bretagne , sont au premier rang de cette église militante.
96, 5. Badin, pris substantivement pour dameret, damoiseau.
•—2 3. Agnès, terme ironique dont on se sert pour désigner une jeune fille très innocente, exemple aussi de la popularité des personnages de Molière, ^VEcole des Femmes fut jouée en 1662.)
Un jeune homme de robe, épris de ses attraits, La choisit dans l'espoir d'épouser une Agnès.
(Gacon, 1696.)
Deitouches a intitolë une de tes comédies la Fauut Agnèi»
P. 97, ▼. 16. Sot, s'est dit, dans le vieux langage, d*un mari trompé ; la Philologie française de Noël et Carpentier cite à Tappui une épigramme de Furetière.
98, 10. Cancre n*a plus aujourd'hui qu*un seul sens, figuré, celui de paresseux, qui le rapproche de son étymologie : cancer; mais il en avait d^autres au XVIP siècle, celui notamment indiqué par le Dictionnaire de Trévoux, d'homme méprisable par son avarice ; c'est assurément ainsi que Petit Ta entendu.
99, 14. Le fameux passage du Rhin eut lieu le 13 juin 167a ; l'Épitre de Boileau (la IV, dans les éditions de ses œuvres) fut écrite au mois de juillet et imprimée au mois d'août de la même année ; tout le monde connaît les vers dont Petit peut s'être souvenu.
. . . Crammont le premier dan$ le$ flots S'avance soutenu des regards du héros; Son coursier, écumant sous son maître intrépide, Nage tout orgueilleux de la main qui le guide,..
Pendant la guerre de Trente ans, en i6S5, il y avait eu un premier passage du Rhin, non moins glorieux pour nos soldats; un poète de l'époque. Le Breton Du Bois-Hus, s'était écrié :
Longueville a franchi ses redoutables bords.
Et déjà nos tonnerres Font rouler dans son sein moins de flots que de morts.
(Voir Un Poète breton ignoré. Du Bois-Hus, par Olivier de Gourcuff. Nantes, i883.)
loi, 10. Ce fut en 16S6 qu'on emprunta la cravate aux Croates qui servaient dans nos armées. (Voir Histoire philosophique, anecdotique et critique de la cravate et du col, Paris, Lévy, 1854.)
102, 14, et plut bas, vers a S. Ronsard et ses adeptes
écrÎTent g^néralemeat cwal pour corail, mais dès le XVII* siècle, eoral a na tout antre sens, désignant, d'après le Dktionnaire de Trévoux, « un parc où les Espagnols nourrissent quantité de porcs ».
P. io3, ▼. 1 3 et sttiv. Voici quelques eiplications sur ces différents termes de la mode. Il parait singulier de voir écrit « Vhabit de FcMtalon », quand on Qe se rappelle pas que Fantahn fut d*abord le nom d*un personnage bouffon du Théâtre-Italien, vêtu de cette sorte ; il portait une culotte ne faisant qu'une pièce avec les bas, à laquelle il a donné son nom , il parut en France dès le XVP siècle. La fraise était une partie de Thabillement, une espèce de collet de toile, coupé en rond, qui avait trois ou quatre rangs , plissé et godronné (empesé). — La rotonde était un collet que les hommes portaient au commencement du XVI I^ siècle, monté sur du carton qui le soutenait ; la barrette, qu'il ne faut pas confondre avec le bonnet carré des ecclésiastiques, était aussi un petit bonnet {pileolum) que les nobles portaient encore à Venise, à la fin du siècle dernier. — - Sous Louis XIV, on appelait aiguilleti un homme qui a l'air contraint et guindé : « i*éguUleter avec une ceinture » me parait avoir un synonyme exact dans « se sangler •. — La trousse était une espèce de haut-de-chausses , relevé et très collant « tel qu'on les portait au XVP siècle ; les bas d'attache étaient les grands bas qui allaient jusqu'au haut des cuisses , et qu'on nommait aussi bcu à bottes, — La moustache . qui avait obtenu le plus haut degré défaveur sous Louis XIII, tomba dès que Louis XIV eut vu pointer quelques poils blancs dans la sienne (1680); on sait que le règne de Henri IV fut l'époque des longues barbes, des barbes pointues, carrées, en éventail, en queue d'hirondelle, etc., etc. Voir Ulmus, Physiologia barbx humante, Bonon., 160 3.
104, 4. Canon, ornement qu'on attachait au-dessous du genou ; il était fort long et large, et souvent garni de dentelles ; Molière a parlé
î>e ces larges canons oà, comme en des entraxes. On m^t tous les matins ses deux jambes esclaves.
P. 104, V. iS,JuUi Vhomme d'esprit,,*, ce ministre,*.» ce fin Sicilien... n'est autre queGiulîo Mazarioi, le célèbre cardiiMl, mort depuis une yinglaine d'années.
— 19. Targe, vieux mot qui signifie une sorte de bouclier dont usaient les Romains, les Espagnols et les Africains. {Dictionnaire de Trévoux.)
I o 5 , 1 5 et suiv. Le plus ancien de ces romans. Polexandre, de Gomberville. parut en i632 ; puis vinrent Cassandre, de La Calprenède (1642), Cyrui et Clélie, de M"« de Scudéry (1649-S3 et 1 656), Pharamond, de La Calprenède ( 1 66 1 ) ; je crains bien, pour le goût littéraire de Petit , qu'il n'entende par « ces livrets où l*on ne trouve rien »^les sobres et délicats chefs-d'oeuvre de M"* de La Fayette, Zayde ( 1 670), la Princesse de Clèves (1678), ou encore qu'il n'ait en vue ce modèle de fine observation, le Roman bourgeois, de Furetière(i666).
106, i3. II est ici question des marionnettes que les deux Brioché, Jean et François, installèrent au bout de la rue Guénégaud, et qui eurent une grande vogue pendant la fin du XVIP siècle; Boileau en parle au vers io5 de TEpitre VII. Elles étaient, en effet, une concurrence terrible pour l'Opéra, que des lettres patentes, enregistrées le 28 juin 1667, venaient seulement d'établir à Paris.
— 19 et suiv. Il faut croire que la mode des boutsrimés , dont le Menagiana attribue l'invention à Dulot, était un peu tombée ; cependant le sonnet du duc de Nevers sur Phèdre et ses répliques, et celui qui figure à la suite de la Comtesse d'Escarbagnas, prouvent qu'elle persistait encore.
107, I et suiv. Curieux phénomène littéraire que l'éclosion du genre burlesque! Le mot est venu de Sarrazin, le genre a été inventé par Scarron, porté à l'excès et dénaturé par d^Assouci, Brébeuf, Picou et vingt autres. Petit se fait honneur en louant le plaisant et courageux cul-de-jatte, mort depuis 1660 : Sapit et ridet, avait dit de lui le grave philosophe Sorbière.
— ai. La première édition du conte de Peau d'Ane*
mis en vers par Ch. Pemalt, paiat en 1694 ; il est donc impossible que les vers de Petit s'y rapportent; mais il faut se rappeler que Peau d'Ane était un Gonte de noarrioes, trfes populaire dès le XVI^ siècle, ainsi que le témoignent Scarron, Boileau (Dissertation sur Joconde, 1669), Molière (dans ie Malade imaginaire, 1673), La Fontaine (fable iv du li^re VIII, publié en 1678), et que Perrault a seulement donné i ce conte sa forme définitive. (Voir Walckenaër, Dis$ertaiion sur les contes de fées.) — Je veux croire que Petit, critiquant précédemment les vers libres, n'a pas pensé aux Fables de La Fontaine, ce modèle inimitable du mélange des Ters de tonte grandeur.
P. 107» ▼. s6 et suiv. « Le discours chrétien est devenu un spectacle... c*est une sorte d'amusement entre mille autres, c'est un jeu où il j a de l'émulation et des parieurs. » (La BauTiai, Caractères, de la Chaire.) — « La mode est venue d'écouter un jeune orateur bien fait, dont les gestes sont aisés, la voix touchante et délicate, qui crie et crie avec art, qui parle et parle avec esprit... {Réflexions satiriques et comiques, 171 1.)
108, 10 et suiv. Comparez Boileau, satire X.
Mais de tous les mortels, grâce aux dépotes âmes. Nul n*est si bien soigné qu'un directeur de femmes,
109, so et suiv. L'illustre philosophe, ph^cien et physiologiste, le créateur de la Méthode, était mort en i65o; on voit que son système, qui n'était rien moins qu'une révolution dans le domaine des sciences, était aussi intrépidemment battu en brèche que vaillamment défendu ; Petit se fait l'écho de deux des principales critiques qu'on lui adressait, en se moquant de Vaftomate ou automate (mot que les cartésiens employaient pour désigner les bêtes, de pures machines, selon eux) et de la glande pinéale (glande placée au-devant du cervelet, où Descartes voyait le siège de la substance pensante). — Aristote était la terreur des novateurs en philosophie^ aussi bien que des poètes dramatiques qui tentaient de s'affranchir du joug des trois unités. Rappe-
tons que les univenaux sont les idées ou les termes généraux, les catégories, les espèces les plus générales de ce qui est signifié par un mot simple. (Aristote, CatégorieSf II.)
P. 1 1 o, Y. 20 et suiv. Après Descartes, voici Copernic transformé en coryphée de la mode. Ce n'était pas la première fois que le grand astronome était bafoué ; un de ses contemporains avait déjîi essayé de le tourner en ridicule dans une comédie. Mais la gloire de Copernic s'imposait aux plus incrédules; on réimprimait son Âstronomia instaurata; peu d'années avant les Satires de Petit, Gassendi avait écrit sa vie. Les railleries de Petit sont assez plates, mais elles sont instructives en ce qu'elles nous montrent qu'à la fin du XV 11° siècle des esprits éclairés doutaient encore que la terre fût une planète et qu'elle tournât autour du soleil. Un poète Christofle de Gamon, qui fit imprimer en 1609 une Semaine, réfutation de celle de Du Bartas, s'éttfit fait rudement malmener pour avoir eu l'intuition du Soleil fixe au milieu des planètes.
III, iS. Tiretaine, sorte de droguet, étoffe tissue grossièrement, moitié de fil et moitié de laine [Dictionnaire de Trévoux); tel n'est pas ici le sens de tiretaine, qui se dit certainement d'une étoffe précieuse , comme dans ce vers du Codicile de Jehan de Meung :
Robes faites par grant mestrise,,.
D'escarlaite et de tiretaine,
— 27. Comparez Armstrong (The Œconomy of love), ce sont presque les mêmes expressions :
... Like us they sinn'd, Like us they sougkt the pqths ofmonstrous joy, Till, urg*d to wrath at last, ail-patient Heaven Descending wrapt them in sulphureous storm.
Le mot déiste, employé plus bas, t'appliquait déjà k rhomme qui n'a point de religion particulière, et rejette
toute réYéUlîon : « Le dihmt est presque aussi éloigné de la religion chrëdenne que Pathéisnie. » (Pascal.)
P. 1 1 s, T. I I . Capot était primitivement , et est resté, un ferme du jeu de piquet; par extension, on dit fairt capot quelqu'un, le rendre confus, le déconcerter; dans notre texte, capot est un synonyme de simple, de niais.
— 21. La Carte dî Tendre, qui avait d'abord été un jeu d'esprit chez Madeleine de Scudéry , fut transportée dans le roman de Clélie (t. I, p. 399-401) et engendra une foule d'imitations.
I 1 3, ao. Petit nous donne ici une nouvelle preuve de la renommée populaire des personnages de Molière, bien avant que du Marsais ait constaté que Tartuffe, nom propre, est devenu, par figure, un nom commun; en 1696, Gacon disait aussi ^
Tels dans Vancienne loi des Tartuffes sévères Damnoient le peuple juif pour des fautes légères.,.
II 5, 17, et plus bas, p. iiS, v. 2 5. Commandt ou plutôt commende est un vrai titre de bénéfice, que le pape donne & un ecclésiastique nommé par le roi pour un bénéfice régulier, avec permission de disposer des fruits pendant sa vie. — Prébende est un droit qu'a un ecclésiastique, dans une église cathédrale ou collégiale où il dessert, de percevoir certains revenus et de jouir de certains droits. On appelle chapelle, en droit canonique, le bénéfice attaché à une chapelle. (Dictionnaire de Trévoux.)
116, i3. L'Académie a admis de très bonne heure le pluriel opéras; Boileau, dans la huitième de ses Réflexions critiques, dit qu'il ne l'approuve pas, mais que l'usage l'a consacré. Petit n'était pas toutefois le seul auteur de son temps i écrire : des opéra ; Gacon composa une satire : Contre les faiseurs de fades opéra.
— 20. Je n'ai vu nulle part ce mot expressif, récriement, dérivé si logique du verbe se récrier.
P. 116, V. s 3 . La renommée de Bourdaloue , qui parut neuf fois à la cour pour y prêcher l^Avent ou le Carême, surpassait celle de tous les autres sermonnaires; quoiqu'il frappât comme un sourd sur les yices ou les ridicules , il était plus admiré que Bossuet même ; qu'on lise, pour s'en conTaincre, M™* de Sévigné, Boileau, tous les contemporains.
ISO, 4. Ce tour « il en attire plus que ne fait pas... * «st proscrit par T Académie et les grammairiens (V. Girauit- Du vivier. Grammaire des grammaires) ; il ne manque pourtant ni d*élégance ni de force pour accentuer Taffirmation.
— 26. La fusée a d*abord été la quantité de filasse ou de fil qui est autour du fuseau, puis on a dit d'une affaire embrouillée, que c'était une fusée difficile i démêler (voir Montaigne, liv. II, cb. xxtii); enfin, par une analogie assez difficile à saisir, le mot a passé dans la langue des artificiers avec le sens que Ton sait , et qu'il a ici.
ia3, 7. Cette orthographe, Eco, est spéciale i Petit; les traducteurs et imitateurs d'Ovide au XVIP siècle, Benserade, Th. Corneille, l'abbé de Bellegarde, racontant la métamorphose de la nymphe, écrivent Echo,
124, I. Fanatique n'a pas ici le sens de visionnaire qui s'imagine avoir des révélations, mais simplement celui de fou, d'extravagant,
12 5, 5. Perrette, nom de femme qui ne se donne guère qu'aux femmes du petit peuple {Dictionnaire de Trévoux) ; il eu très bien choisi, comme dans la fable de La Fontaine, pour accuser le contraste avec les Amarantes et les CMoris.
Imprimé par D. JO UA US T