‹ Les satires de Louis PetitChapitre 9 sur 18 · X NOTICE SUR LOUIS PETIT · texte numérisé non relu

X NOTICE SUR LOUIS PETIT

muse chante assez uniment. Elle n'est point sou«* tenue de ces expressions fortes et recherchées qui font la grande beauté d'un ouvrage, et qui obligent souvent à se récrier. Enfin vous ne la trouverez pas trop riche, n'étant point de ces hardies voleuses qui se parent à tout propos du bien d*autrui. Elle a un peu de facilité, je pense que c'est tout ce qu'elle a de bon. »

Goujet et Viollet-Le-Duc (^Bibliothèque poétique) se sont crus, en citant une partie de ce passage, dispensés d'apprécier eux-mêmes Louis Petit ; le premier a seulement insinué, non sans malice, que « le poète disait peut-être plus vrai qu'il ne pensait; » l'autre a parlé brièvement du côté terre à terre des satires. Cette humilité qu'on lui reproche a-t-elle donc tant nui au talent de Petit? Il a voulu rester modeste ; il n'a pas trop présumé de ses forces ; ne portant pas ses vues au delà d^un certain idéal de poésie bourgeoise, honnête et sensée, il l'a presque atteint, et, à tout le moins, il a su se préserver de ces chutes grotesques qui ont fait trébucher de si haut de bons esprits fourvoyés, le Chapelain de la Pucelle, le Boileau de VOde sur la prise de Namur. On est tenté de pardonner à notre auteur le ton trop souvent vulgaire et rampant de sa poésie en faveur du genre auquel il s'est circonscrit, et de la parfaite convenance avec laquelle il l'a traité; il n'est que juste de le

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